A la rencontre de Romain Dumas, négociant en records

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A 41 ans, le français Romain Dumas a goûté à bon nombre de compétitions dans le monde. Stoppé aux portes de la F1 en 2002, après de solides résultats dans les catégories inférieures, il mise rapidement sur l’endurance qu’il a découverte l’année précédente en terminant 7e et 2e en GT aux 24 heures du Mans. Il pilote alors une Porsche 911 GT3 RS du Freisinger Motorsport. Une voiture allemande dans une équipe allemande, son destin est scellé même s’il ne le sait pas encore. Car c’est avec Porsche, dont il deviendra pilote officiel en 2003, qu’il va signer ses plus grandes victoires. Il s’impose aux 24 heures de Francorchamps en 2003 toujours sur cette 911 du Freisinger dans des conditions dantesques. En 2009 et 2010, il est prêté à Audi et il en profite pour remporter Le Mans avant de signer une deuxième victoire à Spa, toujours sur une 911. En 2016, à la surprise générale, il remporte à nouveau les 24 heures du Mans sur la Porsche 919 Hybrid alors que Toyota avait dominé l’épreuve…

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Après son chrono record à Pikes Peak en 2018, Romain Dumas va s’attaquer à la Nordschleife cet été pour y battre le record d’un véhicule électrique.

Depuis lors, Romain est devenu le pilote attitré de la Volkswagen ID.R avec laquelle il est chargé de battre des records. On l’a ainsi vu s’attaquer victorieusement au chrono de Pikes Peak avant de signer le record d’un véhicule électrique à Goodwood. Cette année, c’est à la célèbre boucle nord du Nürburgring qu’il va être confronté avant d’aller poser les roues de l’ID.R en Chine sur la « Route vers le ciel », ou Tianmen Shan Big Gate Road.

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La Route vers le ciel va constituer un sacré défi en fin d’année.

Un tracé sinueux permettant de gravir le Mont Tianmen, dont le sommet culmine à 1519 mètres au-dessus du niveau de la mer. Longue de 11 km, cette route démarre dans la vallée, à 200 mètres d’altitude, et se termine sur les hauteurs du relief, à environ 1300 mètres d’altitude. C’est un pilote italien, Fabio Barone, et sa Ferrari qui détiennent actuellement le record avec un chrono de 10’31’’.

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C’est en 2007 que Romain a découvert la boucle Nord du Nürburgring. Il y signait sa première victoire aux 24 heures sur une Porsche du Manthey Racing.

« Je ne connais absolument pas cette route et j’espère avoir droit à quelques passages de reconnaissance avant », s’amuse Romain avec qui nous avons la chance de partager un dîner à quelques jours de sa tentative sur la Nordschleife. « Mais avant, il faudra venir à bout de cet Enfer Vert comme l’avait surnommé Jackie Stewart. Bon, j’avoue que j’ai un peu d’expérience de la piste puisque je m’y suis souvent aligné en VLN et aux 24 heures du Nürburgring. »

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Devenu pilote officiel Porsche en 2003, Romain sera toujours fidèle à cette marque… 

Une épreuve où Romain a régulièrement brillé puisqu’il y compte quatre succès en… Porsche 911 bien sûr, toujours en compagnie du Manthey Racing. Mais quel est le secret de cette équipe pour enfiler ainsi les victoires lors du double tour d’horloge de l’Eifel?

« La météo est très souvent capricieuse sur cette piste de plus d’un peu moins de 25 km dans sa définition des 24 heures. Il pleut souvent sur une partie du circuit, il fait sec ailleurs, l’adhérence peut varier d’un virage à l’autre, bref, il faut connaître ce circuit comme sa poche, comme une spéciale de rallye qu’on aurait reconnue des dizaines de fois et là, ce sont les équipes locales qui excellent logiquement. En plus, la Porsche et son moteur en porte-à-faux arrière a toujours été facile à piloter sous la pluie.

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Les conditions météo, souvent délicates dans l’Eifel, permettent aux pilotes de Porsche 911 de profiter au mieux de sa conception unique. 

Vous additionnez tout cela avec un brin de chance et vous obtenez les résultats qui sont les miens. Mais cela m’arrive aussi d’avoir la poisse comme l’année où un concurrent me percute à quelques mètres de la ligne d’arrivée alors que je n’ai plus assez d’essence pour faire un tour. On n’aurait pas gagner mais à cause de lui, j’ai dû abandonner. L’an passé, je suis parti dans les rails en ne pouvant éviter des traces d’huile alors que nous étions en tête… »

Mais justement, quels sont les astuces de cette piste et comment la découvre-t-on quand on est pilote professionnel?

« J’ai fais mes premiers tours de roues sur la Nordschleife en 2007 en compagnie de Richard Lieb, Timo Bernhard et Marcel Tiemann. Ces deux derniers l’avaient emporté l’année précédente donc j’avais juste un peu de pression (rires). Heureusement, avec ces trois pilotes allemands, je suis allé à bonne école même si je n’en menais pas large en prenant le départ depuis la première ligne de la grille aux côtés de Uwe Alzen. Je l’ai suivi une bonne partie de mon premier relais et ce fut très utile puisque j’ai laissé le volant à mes équipiers alors que nous étions en tête.

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Pour sa première victoire au Ring en 2007, Romain a su s’entourer des meilleurs!

Ce sera ma première victoire ici dès ma première participation! En 2008 et 2009, on l’emporte à nouveau avec les mêmes équipages. En 2011, Lucas Luhr remplace Marcel pour ma quatrième victoire. Par après, ce seront les Audi du Team Phoenix et la Mercedes de Black Falcon qui prendront l’avantage mais ce sont toujours des équipes locales. Le team de Vincent Vosse, l’exception qui confirme la règle, peut savourer d’autant sa victoire de 2015 avec Laurens Vanthoor. Bon, je ne suis pas totalement objectif parce que j’ai toujours adoré mes amis belges. Pour en revenir au vieux Ring, je dirais qu’il m’a fallu une quinzaine de tours pour bien connaître la piste mais c’est mon métier et j’avais à mes côtés des spécialistes de cette course. Cela peut paraître court mais si vous, les journalistes, vous souvenez de ce que j’ai dit la veille, moi j’apprends rapidement un circuit. »

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La Nordschleife a conservé tout son caractère à travers les années. ce qui en fait un circuit unique en son genre.

On a parlé des victoires mais il y a aussi bien des défaites car le Nürburgring n’a jamais rien épargné à personne. Et pourtant, Romain le considère comme son circuit-fétiche. Avec un coup de cœur plus spécifique pour toute la portion très rapide de Kesselchen et une petite appréhension chaque fois qu’il aborde Adenauer-Forst. Sans que l’on n’en connaisse la raison.

« Contrairement à bien des circuits modernes, la Nordschleife conserve tout son caractère avec ses rails proches de la piste, l’absence de tout échappatoire et ses courbes insensées. A côté, même Francorchamps est devenu ridicule avec ses à-côtés goudronnés qui n’effrayent plus personne. Tout le monde peut aller vite. Pire, j’ai déjà vu un gars prendre le double gauche hors de la piste et conserver sa position, c’est totalement stupide. En GT3, on passe notre temps à recevoir des pénalités parce qu’on roule en dehors du tracé mais c’est leur faute. Au Ring, tu ne fais pas le malin et tu tentes de ne pas mordre dans l’herbe sous peine de sanction directe.

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Avec l’ID.R et sa garde au sol réduite, il faut éviter les vibreurs et les deux « karrousels »!

Avec la VW ID.R, j’évite le Karrousel parce que je n’ai pas une hauteur de caisse adaptable automatiquement comme les dernières LMP1. Je ne prends pas non plus les vibreurs. Heureusement, elle a reçu un certain nombre de modifications, par rapport à Pikes Peak à l’image du DRS qui me permet de gagner de la vitesse en ligne droite et de l’appui en courbe ou encore d’un aileron réduit pour mieux fendre l’air. On a également monté un système de régénération au freinage… Pour rappel, la VW ID.R pèse un peu plus d’une tonne, pour 600 kg de batterie, et dispose de 680 ch. L’actuel meilleur temps d’une voiture électrique est détenu, depuis 2017, par la supercar chinoise Nio EP9 et son chrono de 6’45″90. »

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En 2003, Romain remporte sa première course de 24 heures à Francorchamps!

L’un des problèmes majeurs auxquels Romain sera confronté, c’est qu’il devra terminer sa tentative par la longue ligne droite de 3 kilomètres dans laquelle il lui sera impossible de récupérer de l’énergie. Il risque bien de passer la ligne d’arrivée avec des batteries totalement déchargées. Et puis on l’a dit, au Ring, la météo est souvent défavorable alors les possibilités sont réduites. L’été devrait logiquement mieux convenir. Toujours est-il que Romain est un pilote VW heureux de son sort…

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L’esprit commando de l’équipe Volkswagen Motorsport plaît beaucoup à l’Alésien.

« L’année passée, j’avais été séduit par l’esprit commando de l’équipe. Ils avaient accueillis quelques un de mes gars assez facilement. Et puis j’aime beaucoup la manière dont ils fonctionnent, à l’ancienne, c’est-à-dire que l’on écoute encore l’avis du pilote. Dans d’autres équipes fréquentées auparavant, les jeunes ingénieurs ne font plus confiance qu’à leur ordinateur et n’écoutent plus le pilote. Chez VW, je peux demander des modifications, proposer des améliorations sans qu’on ne m’envoie balader. Ils me font parfois rigoler ces ingénieurs. Vous savez comment Toyota a perdu les 24 heures du Mans en 2016 dans le dernier tour? Tout simplement parce qu’il n’y avait plus personne devant les ordinateurs à l’intérieur du stand. Tous les ingénieurs étaient sur le muret des stands lorsque le pauvre pilote japonais a tenté de les joindre. S’ils avaient été à leur postes, la Toyota aurait pu boucler son tour dans les délais, même avec un moteur à moitié vaillant. Chez Porsche, nous savions qu’une course n’est jamais terminée avant le passage sous le drapeau d’arrivée! »

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Au Mans, c’est pourtant avec Audi qu’il va signer la première de ses deux victoires.

Durant sa longue carrière, l’Alésien a fréquenté pas mal de pilotes. Quels sont ceux qui l’ont le plus marqué ? A contrario, a-t-il croisé de vrais salauds ?

« J’ai toujours eu un contact professionnel mais surtout très amical avec Mark Lieb. C’est un mec bien, entier, absolument pas politique. Il reste de loin mon meilleur équipier. Je garde d’excellents souvenirs d’autres pilotes comme Timo Bernhard mais aussi Manu Collard ou encore Jean-Christophe Bouillon. Lui c’était vraiment un tout bon qui n’a jamais eu la carrière qu’il méritait parce qu’il est trop réservé. Loïc Duval ou encore Neel Jani ont été d’excellents équipiers. Marc Gene, c’était bizarre parce que c’est au Mans qu’il était véritablement le meilleur. Sur les autres courses, il restait toujours en dedans. Mais je n’ai jamais croisé de « congs » (à prononcer avec l’accent du sud), ils sont très rares à ce niveau-là.

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La victoire avec Porsche sera particulièrement épique puisqu’elle tombait dans le dernier tour suite à l’abandon de Toyota!

Mais je peux vous confirmer qu’Alexandre Prémat était un vrai fêlé en dehors de la bagnole et je suis resté circonspect face au jeune pilote Gustavo Menezes avec qui j’ai partagé le volant d’une Alpine en LMP2. Nous avions très vite abandonné mais, loin de s’en soucier, je l’ai retrouvé la nuit, en slip, au milieu du paddock en train de jouer avec un drone. Il s’est logiquement fait réprimander par l’ACO mais cela n’a pas empêché ce gosse de riche de recommencer plus tard. En revanche, je pense le plus grand bien de mon compatriote Mathieu Jaminet. Lui, il ira loin! »

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C’est un plaisir de passer une soirée en compagnie de Romain Dumas. On écouterait son accent chantant pendant des heures!

Ainsi s’est terminé notre repas en compagnie de Romain Dumas. Une occasion en or qu’il ne fallait pas rater si l’on tient compte de son agenda particulièrement chargé. En plus de son programme avec VW, il roule ainsi en VLN sur une Porsche 911 GT3 RSR du Frikadelli Racing et sera donc au départ des 24 heures du Nürburgring mais il participe également à l’IMSA avec une Nissan DPI pour les courses les plus longues, et on le verra également en Blancpain GT Series Endurance avec les Porsche du Rowe Racing. Le voilà donc assuré d’être au départ des 24 heures de Spa fin juillet. Et pour ses supporters manceaux, il sera également de la partie à la mi-juin sur l’Oreca 07 LMP2 du team français Duqueine.

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S’il sera bel et bien au départ des 24 heures du Mans en juin prochain, il reste plus que dubitatif sur l’avenir de cette épreuve…

« Je suis assez dubitatif face à la nouvelle réglementation que l’ACO veut mettre en place dès 2020. Cette idée de revenir aux GT comme en 1998 me semble totalement loufoque. Les voitures étaient bien plus dangereuses. Il faut des coques en carbone et rien d’autre. Et puis il ne faut pas laisser un constructeur dicter les règles. Cela fait fuir tous les autres et ce n’est guère constructif. L’ACO se laisse trop influencer. Un coup c’est Aston Martin qui émet ses désirs, un autre c’est Mc Laren. Ce n’est pas la bonne méthode. Là, ils sont dans une impasse et je me demande bien comment ils vont en sortir. Même si Le Mans a toujours connu des hautes et des bas… »

Parallèlement à ses programmes aux quatre coins du monde, on retrouve épisodiquement Dumas au volant de véhicules historiques ou de sa Porsche de rallye mais Romain a d’ores et déjà prévenu qu’en 2019, il prendrait une deuxième semaine de vacances…

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E…missions impossibles ? par Dimitri Urbain

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L’Opel Corsa est actuellement en cours de développement mais il n’est pas sûr que les petites polyvalentes aient la cote ces prochaines années.

Les autorités européennes ont fixé des objectifs très ambitieux aux constructeurs automobiles en matière d’émissions et de rejets. En 2021, les rejets de CO2 ne pourront dépasser 95g/ km sous peine d’amendes très lourdes… Ensuite, par rapport aux chiffres de 2021, les émissions de CO2 devront   encore baisser de 15% en 2025 et… à nouveau de 35% à l’horizon 2030. Ce qui revient à un taux d’émission moyen pour l’ensemble d’une gamme de l’ordre de  62g/ km, alors que la valeur de 95 g/ km est déjà très difficile à atteindre. Si, par le passé, les réductions forcées des niveaux d’émissions ont permis d’enregistrer de nombreuses avancées technologiques, cette nouvelle offensive des autorités pourrait, au contraire, se solder par une destruction de l’industrie automobile européenne… avec la bénédiction des milieux écologistes radicaux qui préconisent un retour à l’âge de pierre ! (Par Dimitri Urbain)

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L’ancienne procédure de test des véhicules était trop éloignée de la réalité, ce qui donnait des résultats impossibles à reproduire dans des conditions d’utilisation normale.

La position des constructeurs

Du côté des constructeurs, écartelés entre les effets du Dieselgate, les acheteurs le boudant désormais de plus en plus,  la mode des SUVs (dont la part dans les ventes devrait atteindre  33% en 2020) et la nouvelle procédure de test d’émissions, on tente vainement de modérer les ardeurs politiciennes. Représentés par l’ACEA (Association des Constructeurs Européens d’Automobiles), ils mettent en avant la marche forcée beaucoup trop rapide, la perte d’emplois liés à la fabrication des moteurs thermiques et la destruction d’un modèle économique sur lequel leurs activités sont basées. Les constructeurs plaident plutôt pour une réduction de 20% des émissions de CO2, sur base de la moyenne de 2021 puis… on verra ce qu’il y aura lieu de faire : sur base des évolutions technologiques et aussi en fonction de la part de l’électrique dans les ventes.

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Les talibans de l’écologie estiment, bruyament, que l’automobile n’est plus un objet de rêve mais un produit polluant qu’il faut combattre. 

Ce qui leur est imposé est un niveau de ventes de l’ordre de 35% de véhicules à émissions zéro et basses en 2030. Les constructeurs sont véritablement sur le fil du rasoir, entre la volonté d’éviter les amendes à partir de 2021 mais aussi d’obtenir des taux d’émissions relativement élevés afin que le travail soit moins difficile entre 2025 et 2030 ! Certains y sont parvenus avec, d’une part, des résultats d’émissions assez faibles selon le protocole de l’ancienne procédure de test NEDC, et, d’autre part, en se basant sur la nouvelle procédure WLTP pour établir une base de travail, plus élevée, pour atteindre l’objectif 2030.

TecDay Neue Messverfahren: WLTP und RDE im Fokus: Mehr Transparenz für den Kunden
La nouvelle procédure WLTP, plus proche de la réalité, met les constructeurs dans l’embarras… nombreux sont ceux qui ont carrément supprimé des motorisations afin de mieux répondre aux nouvelles normes qui leurs sont imposées.

La quadrature du cercle…

Cette nouvelle procédure de test WLTP vient encore compliquer les choses. En comparaison avec l’ancienne manière de procéder, les consommations moyennes, plus proches de la réalité, ont augmenté entre 9 et 17%, en fonction des constructeurs. A titre d’exemple, une VW Up GTI, testée à 110 g/km dans la procédure NDEC, passe à 129 g/ km avec la procédure WLTP… inutile d’imaginer ce que ça peut donner avec des voitures de catégories supérieures ! Les petits constructeurs, dont les ventes sont inférieures à 300.000 unités annuelles en Europe (comme Honda, Mazda, Mitsubishi, Suzuki ou encore Jaguar Land Rover) bénéficient d’une dérogation mais la volonté des autorités est de la voir disparaître à l’horizon 2030. L’ensemble de la branche devra atteindre 95 g/ km d’émissions moyennes mais il existe de grandes disparités basées sur la taille, le poids des véhicules ainsi que leurs chiffres de ventes annuelles.

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Les futures normes d’émissions vont poser pas mal de problèmes à l’industrie automobile. 

A titre d’exemple, Jaguar Land Rover s’en sort avec 132 g/ km car les ventes en Europe sont inférieures à 300.000 véhicules/an et qu’ils sont d’une taille supérieure à la moyenne. A contrario, FCA (Fiat Chrysler Automobile) doit atteindre 91,1 g/km, ce qui équivaut à présenter des consommations moyennes de… 3,62l/ 100 km pour l’ensemble de la gamme ! Le très récent « rapprochement » de FCA avec Tesla n’est que la première étape car d’autres constructeurs européens et groupes n’auront pas le choix, ils devront s’associer avec des constructeurs chinois spécialisés dans l’électrique pour atteindre les objectifs fixés par les autorités. Ce qui aura pour effet d’ouvrir les portes du marché européen à certains constructeurs qui n’attendent que ça pour se développer à l’exportation.

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Pour les petits constructeurs comme Porsche, faire partie d’un groupe est un avantage puisque les émissions sont globalisées pour l’ensemble de la gamme…

Du côté des constructeurs, bien évidemment, le discours est positif. Ainsi, chez BMW, on espère que les ventes des véhicules électriques se développeront de manière significative d’ici 2021. L’arrivée de nouveaux véhicules hybrides en 48V pourrait éviter à certains constructeurs de devoir payer ces amendes énormes tout en se révélant finalement moins coûteux (20%) à produire que des diesels équivalents. Néanmoins, des analystes avisés estiment que les ventes de véhicules 100% électriques ne dépasseront pas les 5% du parc en 2021 et ces hybrides 48V pourraient ne représenter que 10% des ventes. Fin 2017, un rapport indiquait que seuls JLR, Volvo, Toyota et Renault Nissan tireraient leur épingle du jeu en 2021. A contrario les groupes Volkswagen, PSA, FCA, Ford, BMW, Daimler et Hyundai- Kia seraient en difficulté. Et avec des amendes s’élevant à 95€/ gr pour les émissions supérieures à la limite prévue par véhicule vendu, on parle ici de sommes astronomiques comme plus d’un milliard d’Euros pour VW, plus de 300 millions d’Euros pour Ford. Des sommes dont ces constructeurs auraient bien besoin pour les investir dans la recherche et le développement ! Les autorités européennes vont- elles consacrer ces sommes au développement d’une infrastructure de rechargement électrique importante ? Nous en doutons…

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La volonté des autorités est-elle de transformer les automobiles en « produit blanc », comparable aux électroménagers que l’on jette après quelques années sans le moindre regret ?

La fin des citadines ?

Les constructeurs sont lucides, si la Commission Européenne continue avec de tels objectifs, il est clair que la production de citadines se révèlera impossible à rentabiliser… sans même parler de tous les dispositifs de sécurité qui vont prochainement également devenir obligatoires. Le bénéfice net sur une citadine est déjà très réduit actuellement : il est estimé à environ 150 € pour le constructeur et autant pour le distributeur. Dans l’équation intervient également un bénéfice d’environ 150 € sur les entretiens mais peu d’acheteurs continuent à fréquenter les réseaux de marques une fois la garantie terminée.

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Chez VW, on va s’appuyer, dès 2021, sur la gamme I.D. totalement électrique.

L’une des façons d’être rentable sur ce segment, c’est en produisant en grande quantité… des voitures les plus proches possibles, comme les VW Up, Skoda Citigo et Seat Mii. Leur meilleure année, 2013, a vu la production s’élever à 202.000 unités. Une autre façon d’être rentable est de positionner la voiture comme un accessoire de mode, d’utiliser les bonnes vieilles ficelles des séries limitées pour augmenter l’intérêt dans la voiture et la vendre en plus grand nombre, plus longtemps et favoriser les achats d’accessoires et d’options… comme Fiat avec la 500. La marque a présenté celle qui devrait remplacer la Panda lors du dernier salon de Genève, un modèle électrique, mais Fiat compte bien encore commercialiser la génération actuelle à ses côtés un certain temps.

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FCA s’est rapproché récemment de Tesla, trouvant ainsi de quoi faire baisser facilement sa moyenne d’émissions. La gamme Maserati est-elle pour autant hors de danger ? Rien n’est moins certain, malheureusement.

Au Japon, les constructeurs doivent se conformer à la réglementation stricte des Kei cars, qui peuvent être achetées sans devoir justifier d’un garage ou d’un emplacement de parking, vu leurs dimensions réduites. Une voie à suivre ? Peut-être pas car leurs résultats aux crash tests version européenne ne sont pas très bons. Alors que de plus en plus de gens habitent en zone urbaine, est-ce censé d’abandonner ce marché ? Le partage des véhicules pourrait-il rendre cette catégorie plus profitable pour les constructeurs ? Quand on voit ce que Smart a coûté à Daimler pour ne jamais engranger de profit, on peut raisonnablement en douter. Chez Seat on pense que des voitures électriques de petite taille, genre au Twizy, louées à la minute d’utilisation, pourraient sauver le segment des citadines. A raison de 20 cents/ km, pour des distances de 250 à 300 km/ jour, cela représente environ 15.000 € de revenus en 3 ans et cela s’avérerait bien plus profitable que de vendre la voiture à un acheteur privé.

Mercedes-AMG GLC 63 S 4MATIC+ Coupé (2019)
Après la disparition des V12 et des rares V10, les V8 turbocompressés sont apparus sous les capots des grosses berlines allemandes mais les futures normes d’émission pourraient les condamner à moyen terme.

Ce n’est pas un hasard si 30% des voitures électriques vendues en Chine sont des citadines. Elles ne sont pas aussi profitables que des SUVS, certes, mais elles permettent de mieux répondre aux problèmes environnementaux auxquels les constructeurs sont confrontés. La demande en Europe est passée de 12% du marché en 2009 à moins de 8 en 2018, soit une réduction de volumes de 1.800.000 à un peu plus de 1.000.000 d’unités. Pour les 7 dernières années, les ventes oscillent entre 1.150.000 et 1.250.000 unités. En 2018, les émissions moyennes des citadines étaient de 105,5 gr/ km ; alors que celles des SUV les plus petits étaient de 122,3 gr/ km.

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Les cousines Up !, Citigo et Mii en danger… comme toute la catégorie des citadines, qui risquent très vite de ne plus être rentables pour les constructeurs.

Ce qui veut dire que pour les constructeurs, la catégorie des citadines est essentielle afin de réduire les émissions moyennes à court et moyen terme, surtout que l’électrification du parc prend beaucoup plus de temps que certains politiciens le voudraient. La moitié des citadines étant immatriculées par des société de location ou comme voitures de société, les marges sont donc encore plus sous pression. C’est pour cette raison qu’il est de plus en plus vrai qu’il faut les produire dans des pays où les coûts de productions sont réduits ou sous forme de coopération (comme celle de PSA et Toyota). Le futur de la Twingo, des C1/108/Aygo et de l’Opel Adam ne sont pas bien rose… chez Volkswagen, le responsable des ventes et du marketing, Jürgen Stackmann, est bien clair : les réglementations sur les émissions vont éliminer les citadines telles que nous les connaissons et apprécions.

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Une des solutions est de les produire en grande quantité, dans des pays où la main d’œuvre est encore relativement bon marché, comme les C1, 108 et Aygo, qui sortent de la même usine Tchèque.

Dans le cas de la Up!, soit elle devient électrique (et beaucoup plus chère !) soit elle disparaît du catalogue. Ces voitures font preuve d’ingéniosité et d’inventivité, permettent à 4 personnes de voyager relativement à l’aise, leur résistance aux accidents est tout à fait convenable et elles se vendent à des prix attractifs. Plutôt plaisantes à conduire, disposant d’assez de puissance pour procurer du plaisir sans toutefois devenir dangereuses et sont  à l’aise tant en ville que sur route. (on ne peut en dire autant de certains SUVs…)

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Certains politiciens ne cachent pas qu’ils rêvent de réduire l’automobile à cela…

Si elles deviennent des accessoires de mode, bardés de technologies bien chères, qui pourra encore les acheter ? Les jeunes pourront-ils encore les assurer ? La Commission européenne affirme que les inévitables augmentations de prix de vente des futurs modèles seront compensés par une diminution de la consommation. L’exemple pour une citadine est un surcoût de 419€/ voiture en 2030, alors que l’économie de carburant est estimée à  1159€/ an… nous demandons bien entendu à voir ! Pour reprendre la formule de Colin Chapman, « light is right » mais à l’heure actuelle les constructeurs, poussés par des législateurs obnubilés par un agenda trop politique, font tout l’inverse !

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Pour la 500, FCA applique une recette bien connue, celle des séries limitées qui en font un accessoire de mode et qui pousse les clients à dépenser plus, à les équiper de différents équipements facturés au prix fort. A titre d’exemple, cette série limitée Gucci.

 

31ème Techno Classica Essen: artillerie allemande par Dimitri Urbain

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A nouveau une belle affluence pour cette édition du 30e anniversaire!

Rendez-vous incontournable du calendrier de l’automobile ancienne, le salon d’Essen fait toujours dans la qualité, la quantité et une certaine démesure, par sa taille. Retour en images sur cet évènement. (Texte et photos: Dimitri Urbain)

Douze halls et de nombreux espaces extérieurs, 120.000 m2 et pas loin de 200.000 visiteurs venus de 46 pays en 4 jours… des chiffres à donner le tournis! Les marques nationales sont évidemment largement représentées, différents constructeurs comme VW, Porsche ou Mercedes ayant une présence officielle, en plus de celle des clubs de marques. Toutes les époques y sont représentées mais les Youngtimers se taillent une large part du plateau et, pour les exemplaires à vendre, avec des prix soutenus.

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La couleur n’est peut- être pas des plus plaisantes mais l’état de cette Audi 80, rare en version 2 portes, était proche du neuf !
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A Essen, les clubs rivalisent d’originalité afin de mettre en valeur au mieux des véhicules dans une ambiance d’époque.
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A l’heure où le vélo a le vent en poupe, voilà de quoi se démarquer pour se rendre en ville…
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Discrète et élégante, cette Mercedes 500 E se remarque à ses ailes élargies. Elle a été assemblée chez Porsche. Celle-ci possède en plus un kit carrosserie Lorinser. Le vendeur en demande 33.000€, un prix encore correct vu la rareté et les performances de l’engin.
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Affiché à 109.000 €, ce rare cabriolet M3 E30 fait partie des 786 exemplaires produits.
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Le club DAF exposait ce rare engin. Assemblé en Suède, le Kalmar utilise une mécanique de 44. La carrosserie est en polyester et 2.170 exemplaires ont été produits, plus de la moitié étant destinés aux services des postes.
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Autre rareté, ce pick-up Mazda à moteur rotatif. La marque japonaise a produit des breaks, pick-ups, utilitaires et même des bus équipés de moteurs Wankel !
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Si vous pensez reconnaître une Triumph Dolomite, c’est bien le cas… mais ici il s’agit d’une Panther Rio. Aux côtés de ses évocations de la Jaguar SS 100, Panther voulait développer une voiture moyenne à la finition digne d’une Rolls Royce. Inutile de dire que, vendue plus cher qu’une Jaguar, les acheteurs ne se sont pas bousculés… la marque a jeté l’éponge après seulement 38 exemplaires en 2 ans, de 1975 à 1977.
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Une banale Mazda 626 des années 80… oui, il y en avait partout ! Mais elles ont toutes mal terminé, usées jusqu’à la corde, rouillées ou exportées en Afrique. Celle-ci est une des rares survivantes.
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Cette jolie découvrable aux formes évocatrices est une Melkus originaire de l’ex République Démocratique Allemande. Sous ses formes réussies se cache une mécanique 2 temps de… Wartburg ! Basée à Dresde, la marque utilisait même des pièces de tracteur pour produire ses véhicules. Il y a quelques années un projet sur base de Lotus Elise est ressorti mais n’a jamais atteint le stade de la série.
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De nombreux artisans comme ce sellier proposent également leurs services aux visiteurs et propriétaires d’anciennes.
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Ce coupé Abarth de 1959 aux lignes très élégantes est signé Allemano. Il est équipé d’un six cylindres en ligne Fiat de 2.200 cm3.
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Cette MG L1 possède une carrosserie de coupé 2 portes au style art déco inimitable. Produite uniquement en 1933 et 34 à raison de 576 exemplaires, elle possède un six cylindres en ligne de 1.087cm3 seulement.
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Curieux engin que cette Mini à 3 roues, œuvre de Dierk Mengers… Elle possède même un aileron rétractable en fonction de la vitesse, comme sur de nombreuses Porsche.
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En quête d’un engin italien original et portant un nom prestigieux ? Ne cherchez plus, ce tracteur Lamborghini est fait pour vous ! De quoi faire tourner toutes les têtes lors d’un prochain Spa Italia !
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Essen c’est aussi le paradis pour les chasseurs de documents rares, comme le montre cette vitrine consacrée aux Alfa Romeo.
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Affichée 230.000 €, cette Tatra T87 de 1946 a fait l’objet d’une restauration de qualité et reste une voiture très moderne, avec son V8 refroidi par air monté en porte à faux arrière, ses suspensions indépendantes par barres de torsion ou encore son châssis à poutre tubulaire centrale.
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Skoda exposait différents véhicules historiques, dont ce cabriolet Felicia dans son jus et fêtait les 60 ans de l’Octavia.
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Aperçue sur un stand de club, cette magnifique Alfa 6 phase 2 est très rare de nos jours.
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Dérivés de la Renault 12, les 15 et 17 sont bien rares de nos jours. Leur esthétique particulière est plutôt réussie et le toit ouvrant est un plus indéniable.
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Débauche de prototypes C111 sortis tout droit du musée sur le stand Mercedes, une occasion unique de les voir rassemblés.
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L’un des nombreux espaces extérieurs où les vendeurs pouvaient proposer leur véhicule.

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BRC: Rallye de Wallonie: des R5 comme s’il en pleuvait

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Cédric Cherain sera l’un des candidats logiques à la victoire, dimanche à Namur.

La quatrième manche du Championnat de Belgique des Rallyes se disputera ce week-end dans les environs de Namur. Pour sa 36e édition, cette classique wallonne fera le plein de concurrents avec un plateau constitué d’un quart de bolides répondant à la catégorie R5. Un bien bel exploit pour les organisateurs. Ainsi, à l’exception de Kris Princen, actuel leader du championnat, tous les cadors seront présents à Namur. A commencer par Cédric Cherain, vraisemblablement le plus sérieux rival de Princen dans la course au titre. Rapidement éliminé au TAC Rally, le citoyen de Fléron aura à cœur de se venger sur une épreuve qu’il a déjà remportée en 2015. Sa VW Polo GTi R5 est la meilleure arme actuelle mais il aura fort à faire face aux nombreuses Skoda Fabia.

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Deuxième en 2018, Adrian Fernémont ne cache pas ses ambitions: il veut gagner!

Dans le clan tchèque, on compte en effet plusieurs pilotes de premier plan dont Adrian Fernémont, deuxième l’an dernier, qui ne cache pas ses ambitions de victoire. Les espérances sont aussi élevées du côté du représentant de l’importateur belge, Sébastien Bedoret. Auteur d’un solide début de saison avec une 3e place au Rallye de Hesbaye et une 2e au TAC Rally, il lui reste une marche à gravir pour déflorer son palmarès en championnat de Belgique!

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Pas totalement satisfait de son début de saison, Ghislain de Mévius espère cette fois, jouer dans le premier peloton.

 

Pointons aussi le vainqueur sortant, Vincent Verschueren, secondé par Stéphane Prévot et Ghislain de Mévius qui a envie de prouver qu’il sait jouer plus que la carte de la régularité. Olivier Collard, 4e ici même en 2018, aura à coeur de signer un aussi bon résultat avec la même Skoda Fabia R5. Bastien Rouard, David Bonjean, Cédric De Cecco, Niels Reynvoet, Olivier Cartelle, Jourdan Serderidis et Alain Litt sont également capables de se mettre en valeur tandis qu’on suivra encore les prestations de Pieter-Jan-Michiel Cracco, qui découvrira la Fabia, et d’Amaury Molle qui, à domicile, débutera dans la catégorie R5.

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Avec des chronos en dents de scie, Patrick Snijers n’est visiblement pas toujours à son aise…

Outre celle de Cherain, trois autres VW Polo GTI R5 seront de la partie avec Xavier Bouche, Patrick Snijers et Henri Schmelcher. Les intérêts de Ford seront défendus par Philip Cracco et Christophe Verstaen sur des Fiesta trop justes pour jouer la tête. Un haut du classement qu’espère animer Kevin Demaerschalk sur la seule Citroën C3 R5 présente, comme en témoignent les excellents chronos signés à Tielt lorsque sa voiture fonctionnait parfaitement. Enfin, le Néerlandais Martin Van Iersel apportera un peu de diversité avec sa Hyundai i20 R5. Disparue aussi vite qu’elle a fait la joie des rallyes belges et européens, la Skoda Fabia S2000 effectuera un joli come-back grâce à Johan Van Den Dries.

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Pascal Gaban visera une nouvelle victoire en GT.  

La catégorie GT ravira les amateurs de glisse en espérant que la bande son n’ait pas été trop étouffée par les nouvelles normes imposées par le RACB. Les Porsche 997 GT3 seront présentes en majorité avec, en tête de liste, la version 3.6L de Pascal Gaban, de retour à Namur auréolé de sa victoire de catégorie au Spa Rally. Face à lui, Laurent Léonard qui remet le couvert, cette fois sur l’exemplaire appartenant à Francis Lejeune; Romain Delhez et le débutant Laurent Vanton. Comme en R5, l’originalité viendra des Pays-Bas avec la Nissan 350Z de Diter Toprek, devenu un habitué de l’épreuve.

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Glenn Snaet retrouvera un terrain très éloigné de ses routes habituelles.

On suivra également avec grande attention les petites tractions de la catégorie R2 avec, en tête de lice, les jeunes loups du Junior BRC. Si Grégoire Munster (Opel Adam R2) a pu confirmer tardivement sa présence, après sa grosse sortie de route lors du TAC Rally, on peut aussi se réjouir de celles de Glenn Snaet, Tobias Brüls, Thibaud Mazuin, Gilles Pyck (tous sur Peugeot 208 R2) et de Valentin Vertommen (Ford Fiesta R2T). Les juniors devront pourtant se méfier des expérimentés Jean-Louis Boesmans (Ford Fiesta R2T) et Guillaume Dilley (Peugeot 208 R2), de retour en traction après plusieurs mois d’absence.

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Gino Bux devrait une nouvelle fois éclabousser la catégorie Historique de son talent.

Enfin, une dizaine de véhicules du championnat de Belgique Historic viendront ravir les nostalgiques. Au vu de ses exceptionnels chronos signés à Spa, Gino Bux espère cette fois rejoindre l’arrivée sur la capricieuse Ford Escort MK1 de son copilote. Il aura comme prinncipale opposition Dirk Deveux (Ford Sierra Cosworth 4×4) et Guino Kenis (BMW M3).

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Fortement handicapé par des soucis de freins au TAC, Kevin espère connaître une course plus limpide à Namur.   

Comme l’an dernier, les organisateurs du Rallye de Wallonie mettront sur pied une « Spéciale-Test ». Celle-ci se tiendra ce jeudi, toujours sur une partie de l’ancienne spéciale de Loyers. La plupart des favoris de cette 36ème édition ont répondu présents et les spectateurs pourront ainsi s’offrir un sympathique apéritif à la veille du départ avec une entrée gratuite. Les assistances se tiendront sur le parking du magasin Decathlon. Le premier départ théorique est fixé à 14h00 et le dernier à 17h50. Un plan de la spéciale est disponible dans la rubrique  » Concurrents/Documents » du site : www.rallyedewallonie.be

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Grégoire Munster a confirmé sa présence après sa grosse sortie du TAC…

Entrant aussi en ligne de compte pour le Championnat du Luxembourg des rallyes, le Rallye de Wallonie débutera le vendredi 26 avril avec, comme de coutume, une double super-spéciale Show sur l’Esplanade de la Citadelle de Namur. La compétition se poursuivra ensuite sur des spéciales de la région namuroise les samedi et dimanche 27 et 28 avril. La météo annoncée n’est guère optimiste…

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Romain Delhez espère que sa Porsche aura fait ses maladies de jeunesse à Spa.

 

BRC: tous présents au départ du TAC Rally

Troisième manche du Championnat de Belgique des Rallyes, la 46édition du TAC Rally se déroulera dans les alentours de Tielt. Un terrain bien moins attrayant que celui de Spa, qui reçoit pourtant tous les candidats au titre. Les rois du macadam flandriens s’y sentent visiblement plus à leur aise…

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 Malchanceux à Spa, Kris Princen aura coeur de briller sur les routes glissantes des environs de Tielt, à bord d’une toute nouvelle VW Polo R5 préparée chez BMA.

Ainsi, le TAC Rally pourra compter, ce samedi, sur pas moins de 13 R5 au départ d’une épreuve où les écarts sont, traditionnellement, minimes et où tout se joue dès les premiers kilomètres lorsque les plus matinaux parviennent à faire la différence. Quatorze spéciales sont au programme.

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Indubitablement peu à son aise à bord de la VW Polo R5 BMA, Patrick Snijers persiste et signe…

Les vainqueurs des deux premières épreuves de la saison, Kris Princen et le leader du BRC, Cédric Cherain, seront tous deux au départ du rallye sur une Volkswagen Polo R5. Princen disposera d’un exemplaire neuf de chez BMA, la monture qu’il a imposée au Rally van Haspengouw étant partie en fumée au Tour de Corse. Cédric Cherain, victorieux du Spa Rally en Skoda Fabia R5, visera une première victoire en Flandre sur la VW Polo R5 de THX Racing. La troisième Volkswagen de nouvelle génération sera aux mains de Patrick Snijers, qui persiste à vouloir dompter une R5.

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Vainqueur au Rallye des Ardennes, Niels Reynvoet retrouve à Tielt un terrain qu’il connait davantage.

Une armada de Skoda

Vincent Verschueren, qui évoluera à domicile, sera le fer de lance d’une véritable armada de Skoda. Le vice-champion visera résolument la victoire après avoir remporté le Rallye de Trois-Ponts en compagnie de Stéphane Prévot. Il en ira de même pour Adrian Fernémont, qui a mis la pression sur Cherain durant deux jours à Spa, et Ghislain de Mevius, beau deuxième du BRC après deux épreuves. Pilote officiel de Skoda Belgium, Sébastien Bedoret entend quant à lui confirmer son potentiel.

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Sébastien Bedoret retrouvera un terrain connu à Tielt puisqu’il y avait débuté l’an passé.

Deux pilotes régionaux veulent se distinguer à domicile. Souvent à l’aise sur l’asphalte glissant de Tielt, Bert Cornelis espère se hisser dans le Top 5 au volant de la Fabia R5 pilotée par Gunther Monnens à Landen. Quant à Niels Reynvoet, il a fait le plein de confiance en remportant le Rallye des Ardennes sur la Skoda du team SXM, victorieuse à Spa.

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Kevin Demaerschalk débute sa saison 2019 en misant toujours sur la Citroën C3 R5 de J-Motorsport.

Kevin Demaerschalk entamera sa campagne en BRC avec la Citroën C3 R5 de J-Motorsport. Espérons que le pilote Citroën aura plus de réussite que la saison dernière. On peut en dire autant de Pieter-Jan Michiel Cracco, qui n’a pu conclure par un beau résultat une bonne prestation à Spa suite à des soucis mécaniques sur sa Ford Fiesta R5. Et des Pays-Bas nous viendra ce samedi la Hyundai i20 R5 de Martin van Iersel.

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Superbe déco pour la Porsche 997 GT3 de Claerhout qui sera pilotée par Van Woensel!

Pour le Top 10, en plus de la puissante WRC de David Bonjean, il faudra compter sur la Mitsubishi du local Bert Coene ainsi que sur les Porsche 997 GT3. Chris Van Woensel remplace Jochen Claerhout sur une Porsche disposant d’une nouvelle déco. Le marchand de pneus affrontera les deux autres Porsche de Tim Van Parijs et Chris Debyser.

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Impressionnant à Spa, Grégoire Munster, pilote officiel Opel, sera le favori chez les juniors.

Match entre Adam chez les Juniors

Du côté des juniors, Grégoire Munster s’élance avec l’étiquette de favori après sa superbe victoire, arrachée dans l’ultime spéciale du Spa rally, face à Timo van der Marel, un hollandais qui n’est pas inscrit dans le championnat de Belgique et qui roule lui aussi sur une Opel Adam R2. Ils vont à nouveau s’opposer à Tielt. Face à eux, on retrouvera Gilles Pyck, vainqueur de trois manches du Pirelli Junior BRC l’an dernier, et qui sera de retour sur sa Peugeot 208 R2 avant de disputer le reste de la saison.

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Glenn Snaet défendra les couleurs de Peugeot chez les Juniors.

Joachim Wagemans a également choisi d’être au départ ce samedi sur sa Peugeot 208 R2 après avoir disputé le Spa Rally en R5. Le champion en titre en TER2 avait signé l’an dernier à Ypres une solide prestation en R2 et il veut ce samedi à nouveau se distinguer chez les Juniors. Il en ira de même pour Glenn Snaet, auteurs de quelques jolis chronos à Landen, et de Tobias Brüls, qui a retrouvé la confiance à Spa. A Landen, Valentin Vertommen avait aussi montré un beau potentiel sur sa Ford Fiesta R2T, à l’instar de Thibaud Mazuin, qui avait terminé deuxième.

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Essai : Suzuki Swift Sport : une vraie teigne assez discrète

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Trente ans après le lancement de la première Swift GTI, la petite marque japonaise n’a pas perdu la recette et remet le couvert à l’occasion de la troisième génération de la Sport. Sportivité, simplicité et spontanéité pourraient résumer les sensations rencontrées à bord de ce petit bolide. La plus grosse nouveauté de ce troisième opus se cache sous le capot puisque le traditionnel 1.6 atmosphérique laisse la place à un 1.4 turbocompressé à injection directe.

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Le jaune de ces photos n’est pas discret mais en blanc, comme nous l’avons essayée, la Swift Sport passe inaperçue!

Extérieurement, on a le sentiment que l’auto s’est un peu assagie, tout du moins dans le blanc nacré qui enveloppait notre exemplaire d’essai. Le bouclier avant ajouré et la grille de calandre spécifique, les grandes roues de 17 pouces, la double sortie d’échappement dans le bouclier arrière et le spoiler de toit sont là pour différencier cette sportive du reste de la gamme mais il n’en fallait pas moins. Et puis dorénavant, la Swift Sport n’est malheureusement plus disponible en trois portes ce qui enlève aussi de son caractère même si la poignée des portes arrière est joliment dissimulée dans le montant C.

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Elle adore être secouée cette petite bombinette japonaise. Ca tombe bien, on est là pour ça!

J’aime bien

L’habitacle est sérieusement fini et les touches de sportivité sont subtiles. Le volant à trois branches revêt une surpiqûre rouge tandis que cette couleur est également présente sur les portes, le bas de la console centrale ou encore à travers le tableau de bord. Les sièges semi-baquets reçoivent également leurs surpiqûres rouges mais offrent surtout un maintien très correct lorsque les routes se font sinueuses et que le conducteur est d’humeur ludique. Enfin, le pédalier en inox complète la panoplie sportive du modèle. Les plastiques sont corrects et la finition correspond parfaitement à la catégorie visée par cet auto qui s’adresse avant tout à un public de jeunes amateurs de conduite sportive. Si, si, on vous l’assure, il en existe encore!

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Les nombreuses touches rouges dans l’habitacle ne laissent guère la place au doute, vous êtes bien à bord d’une sportive!

Plutôt malin

En remplaçant son 1.6 atmo contre un 1.4 turbo, la Suzuki Swift Sport n’a pas perdu au change. Vif, alerte et bien plein, le petit moulin se révèle très agréable à l’usage. Il réagit au quart de tour et ce, quel que soit le rapport engagé grâce à son couple de 230 Nm. La suspension propose un beau compromis entre efficacité et confort. Elle ne se révèle pas trop ferme en ville mais jamais trop molle lorsqu’on avale des petites routes bosselées et rarement droites. Le train avant est précis même s’il est logiquement nécessaire de doser en sortie de courbe si on ne veut pas subir l’arrivée du couple. La boîte de vitesses est agréable à manier et les rapports sont plutôt bien échelonnés. Enfin, grâce à un poids bien contrôlé (970 kg), les disques ventilés avant assurent un freinage efficace en toutes circonstances.

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Elle avale les courbes avec appétit et ce en toutes circonstances. Un vrai petit jouet!

J’aime moins

Comme le veulent les lois de la physique, les consommations s’emballent lorsqu’on titille le petit moteur turbo sans jamais le laisser souffler. Du coup, les 37 litres du réservoir d’essence sont rapidement avalés. Nous avons parcouru 725 km à bord de cette bombinette et notre consommation moyenne s’est chiffrée à 8,8 l / 100 km mais il est possible de rester aux alentours de 7 litres en réduisant fortement le rythme. Malheureusement, quand nous sommes à bord de petites sportives, il nous est impossible de rouler calmement…

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La consommation s’envole rapidement et d’autant moins discrètement que le réservoir est rikiki: 37 litres seulement.

Pourquoi je l’achète

Même si son prix augmente à chaque nouvelle génération, la petite Suzuki Swift Sport demeure la petite sportive la plus abordable du marché. Affichée à 23.974 euros, elle se mesure à une concurrence plus lourde mais aussi plus puissante. Mais sincèrement, elle possède toutes les qualités pour vous donner la banane dans les virages avant de se muer en citadine parfaite avec quatre vraies places et un coffre digne de ce nom.

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Les sièges proposent un bon compromis entre maintien et confort. C’est du beau travail !

Pourquoi je ne l’achète pas

Avec un couple de 260 Nm, il arrive que la motricité ne soit pas idéale mais c’est une donnée inévitable pour toute traction un brin sportive. La qualité de certains plastiques n’est pas toujours celle que l’on attend d’une voiture japonaise mais le prix justifie pareils efforts. Un prix qui a augmenté mais il faut ajouter que l’attirail technologique de la petite Swift Sport est digne des segments supérieurs. Tout y est, jusque et y compris tous ces machins qui bippent à tour de bras pour notre plus grand agacement !

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Seat 124 : le taxi fait pour le rallye ! par Dimitri Urbain

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SEAT est née le 9 mai 1950, le pouvoir espagnol voulant mettre le pays sur des roues. FIAT détient 7% du capital, le reste étant réparti entre quelques grandes banques nationales et l’état espagnol lui-même, via l’Instituto Nacional de Industria. Les productions vont donc tout naturellement s’aligner sur celles de Turin jusqu’ en 1984, lorsque Volkswagen en prend le contrôle.

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Etroitement dérivée de la FIAT 124, la SEAT 124 remporte un grand succès sur son marché national, tant auprès des sociétés de taxi que de la classe moyenne.

La 124 : la voiture des classes moyennes

De par sa longévité, la 124 est l’un des modèles phares assemblés par SEAT. Celle-ci est, bien entendu, la cousine de la FIAT 124 ainsi que de… la Lada 1200 produite en Union Soviétique et très répandue en Belgique jusqu’à la fin des années 80. Présentée lors du salon de Barcelone 1968, ses formes cubiques sont alors très modernes, par rapport aux plus anciennes 850 de la marque. Destinée aux classes moyennes dont le niveau de vie augmente de manière importante, elle se décline en deux versions :  124 et la 1430, plus cossue, aux performances plus élevées qui arrive dès 1969. Le moteur est un quatre cylindres en ligne de 1.197 cm³ de 60 ch (ou 1.438 cm³ et 70 ch), situé à l’avant et entrainant les roues arrière via une boîte 4 rapports et un essieu arrière rigide. N’accusant que 855 kg sur la balance, elle est donc assez alerte sur la route et atteint les 145 km/h (155 km/h pour la 1430).

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Production locale, la 1430 se distingue par ses doubles phares à iode, ses finitions plus luxueuses et ses performances plus élevées. Elle atteint 155 km/h en pointe, dans un confort de bon niveau.

Si la direction à circulation de billes n’offre pas la précision d’une crémaillère, le freinage est, lui, très moderne avec des disques sur les 4 roues. Le succès commercial est rapide : prix d’achat mesuré ; performances correctes ; coûts d’entretien maîtrisés et fiabilité de bon niveau font de la 124 la voiture idéale pour l’Espagne des années 70. Ses lignes résolument modernes et agréables lui permettent de faire oublier les petites voitures à moteur arrière ayant fait la fierté des premiers Seatinos (surnom national des premiers acheteurs de la marque). Les ingénieurs de SEAT écoutent les critiques de la clientèle et modifient la suspension arrière en lui adjoignant des tirants latéraux afin que les roues ne perdent plus autant d’adhérence dans les virages serrés dès 1969. Dans le même temps, des pneus radiaux sont montés en série. Il en résulte une sérieuse amélioration du comportement routier, la voiture se comportant désormais un peu plus comme une traction, ayant perdu en grande partie son caractère survireur dans les courbes serrées. En l’espace de quelques années, elle devient le principal modèle de taxi du pays.

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En 1975, SEAT fait appel à Giugiaro afin de moderniser la 124 à moindre frais. Nouvelle calandre, phares et feux rectangulaires vont lui permettre d’entamer une seconde carrière.

Une carrière bien remplie

Au début des années 70, SEAT crée un département compétition au sein de l’usine afin d’y assembler les futures voitures de compétition de la marque. Alors qu’au niveau international ce sont les Alpine, les Porsche ou les Lancia qui font la loi, SEAT va se lancer dans le bain du rallye avec… des taxis ! L’équipe d’usine SEAT débute en 1972 : une SEAT 124 1600 est confiée à Salvador Cañellas pour le Critérium Louis de Bavière et enchaine les victoires en rallye nationaux, emportant le premier titre de la marque cette même année. En 1973 et 74, le moteur 1.600 cède la place à un 1.755 cm³. SEAT remet le couvert en championnat national pour les 6 saisons suivantes, toujours avec la 124 qui va évoluer d’année en année. Au final, ce sont 104 participations, 96 podiums et pas moins de 39 victoires ! Sans compter les différents championnats régionaux avec plus de 750 podiums et 250 victoires.

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A l’image de ce qui existe en France ou en Angleterre avec les Formules Renault et Ford, la SEAT 1430 donne sa mécanique à une formule monotype permettant à de jeunes amateurs de découvrir à moindre frais les joies du pilotage en monoplace.

Evolution esthétique

En 1975, la motorisation de la version rallye évolue à nouveau : un 1.840 cm³ est utilisé. En parallèle, la firme fait appel à Giorgetto Giugiaro afin de moderniser esthétiquement la 124. Sa carrière est terminée en Italie mais il lui reste encore de belles années devant elle dans la Péninsule Ibérique.  Phares et feux deviennent rectangulaires ; la calandre est moins haute. Sa production est déplacée de Barcelone vers l’ancienne usine Authi (qui produisait des voitures anglaises du groupe British Leyland) en 1976. Elle prend alors le nom de Pamplona et des exemplaires seront même vendus en Belgique par le réseau FIAT. La gamme de série s’enrichit : aux côtés de la version 1430, une 1600 reçoit un moteur à double arbre à cames en tête de 1.592 cm³ et 90 ch. Pour l’occasion, le train arrière régresse puisque c’est celui de la 131 contemporaine, équipé de tambours, qui est utilisé. En 1976, la version rallye d’usine bénéficie d’une suspension arrière indépendante et d’une alimentation par injection sur le 1.840 cm³.

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Une 124 en action lors du rallye de Monte Carlo…

1976- 77 : Nouvelles victoires et la groupe 5, l’ultime 124

Exploitant commercialement les victoires en rallye, SEAT monte un autre moteur dans la Pamplona. Toujours à double arbre à cames en tête, il s’agit cette fois d’un 1.756 cm³ qui développe 118 ch à 6.000 tr/ min et un couple de 153 Nm à 4.000 tr/min. La petite berline atteint les 180 km/h en pointe… Elle reçoit enfin une direction à crémaillère et récupère les disques à l’arrière. Celle-ci fait un engin idéal pour la compétition et SEAT homologue une boîte aux rapports rapprochés ainsi qu’un couple conique adapté pour le groupe 1. Cette version « FL80 » est rejointe en 1978 par une autre « FL90 » qui reçoit un moteur double arbre à cames en tête de 1.919 cm³ développant 114 ch à 6.000 tr/ min et un couple de 160 Nm à 5.500 tr/ min. Elle atteint 178 km/h en pointe, pas mal avec un Cx de boîte à chaussures ! Elle reçoit des pneus taille basse en 175/70 et une direction à démultiplication réduite provenant de la 131. Les amortisseurs sont également adaptés pour offrir un meilleur compromis entre confort et tenue de route.

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L’un des prototypes de la version groupe 5, avec portes arrière soudées.

En rallye, la 124 remporte le championnat national espagnol et Zanini est également vice- champion d’Europe des rallyes. La voiture évolue encore et devient finalement une groupe 5. Le moteur est un 2.000 cm³- DOHC 16 V de 131 Abarth réalésé à 2.100 cm³. D’abord alimentée par injection à guillotine Kugelfisher, elle est finalement remplacée par deux carburateurs double corps Weber 45, n’ayant pas donné entière satisfaction. Il développe 210 ch à 7.500 tr/min. La boîte est une ZF 5 rapports qui entraine les roues arrière, équipée d’un autobloquant ZF également. La suspension avant est celle de la 124 Spider Abarth : des combinés McPherson avec triangles inférieurs et tirants longitudinaux tandis qu’à l’arrière elle est indépendante et utilise des triangles superposés et des barres de torsion. Des barres antiroulis sont montées à l’avant et à l’arrière. Le freinage est confié à 4 disques, étriers 4 pistons à l’avant, frein à main hydraulique et répartiteur réglable. La crémaillère de direction est dérivée de celle de la 131.

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La 124 groupe 5 en version définitive, en fait un cocktail de 124 Spider et de 131 Abarth, dans une caisse de Pamplona.

Elle est montée en 13’’ et reçoit des pneus Michelin de 180/55 R 13 à l’avant et 240/40 R13 à l’arrière. La caisse est rigidifiée en soudant les portes arrière et des renforts à de multiples endroits. Elle accuse 990 kg sur la balance et le rapport poids/ puissance est de 4,71 kg/ch. 1977 reste l’année la plus marquante avec les 3ème et 4ème places d’Antonio Zanini et Salvador Cañelas au général au rallye de Monte Carlo (1430 groupe 4) et le championnat national espagnol avec la groupe 5. A son volant, Antonio Zanini remporte encore le championnat national espagnol des rallyes en 1977. La Pamplona poursuit encore sa carrière commerciale jusqu’en 1980, quand la Ritmo la remplace. En rallye, SEAT utilise des 131 Abarth à partir de la saison 1978 mais c’est une autre histoire… (Dimitri Urbain)

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Moteur 2 litres double arbre et 114 ch pour 178 km/h en pointe, qui l’eut cru ? La Pamplona 2000 est une vraie sportive méconnue, dans la même veine que les Escort RS 2000 ou Opel Kadett GT/E, en plus polyvalente avec ses 4 portes.