Essai exclusif: BMX X4 M Compétition: échassier très dynamique

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Les gars du marketing, ça ose tout. C’est à ça qu’on les reconnait. Et pourquoi pas glisser un 6 en ligne survitaminé sous le capot d’un X4 et l’appeler Compétition…

SUV et sportivité sont deux concepts définitivement antinomiques. Cela n’empêche pas toutes les marques allemandes de nous proposer des dérivés très puissants de leurs best-sellers. Ainsi, BMW n’a pas hésité à installer, sous le capot de son X4, le 6 cylindres en ligne de 3 litres entièrement repensé et boosté par deux turbos pour délivrer, dans cette version Compétition, 510 chevaux!

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510 chevaux, ça parle évidemment mais mieux vaut prévoir la piste ad hoc pour les exploiter correctement…

Et comme pour mieux affirmer le caractère bien trempé de son SUV, BMW l’a doté de toute la panoplie habituellement réservée aux modèles Motorsport. Extérieurement, cela passe par un bouclier très échancré, des ailes élargies, des jantes de 21 pouces ou encore des rétroviseurs au dessin spécifique. Dans l’habitacle, on perçoit l’exclusivité de l’engin à travers ses jolies surpiqûres rouges, le carbone mais aussi ses superbes sièges. On est parfaitement bien assis, comme toujours chez BMW, et l’ergonomie est tout aussi réussie. Les deux boutons rouges sur le volant confirment qu’on se trouve bien à bord d’une M puisqu’ils permettent de basculer sur les programmes de réglages les plus extrêmes.

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L’habitacle de ce BMW X4 M Compétition est splendide de par ses matériaux et ses finitions.

J’aime bien

Grâce à l’échappement actif, la sonorité du 6 en ligne est moins discrète mais elle est néanmoins bien présente. Le moteur est vif et plutôt souffle mais il n’est pas aussi caractériel que celui d’un Stelvio Quadrifoglio ou d’un V8 AMG. En revanche, il est plutôt à l’aise sur toutes les plages de régime ce qui le rend trop linéaire à nos yeux. Mais rassurez-vous, les 510 chevaux sont bien présents sous le capot et sur autoroute, on a pris un malin plaisir à jouer du pied droit rien que pour voir la tête des conducteurs de petites nerveuses. La plupart du temps, ce X4 M Compétition se révèle très confortable et particulièrement adapté aux autoroutes allemandes sur des portions non-limitées.

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Les lignes arrière du nouveau X4 nous semblent plus fades que l’opus précédent. Il va falloir s’y faire.

 Plutôt malin

On reste assez époustouflé par la qualité de finition de l’habitacle de ce X4. Vous nous direz qu’à 92.800 euros l’exemplaire, c’est la moindre des choses mais pourtant, c’est véritablement bluffant à chaque montée à bord. Les sièges « Advanced » procurent un maintien exceptionnel et conviennent parfaitement aux usages qui peuvent être faits de ce SUV, qu’ils soient sportifs ou confortables. On est moins fans du cerceau épais du volant mais c’est désormais une constante chez BMW. Devant lui, le conducteur retrouve les deux compteurs ronds habituels du côté de Munich avec un design spécifique, M oblige. L’écran central offre les fonctions habituelles liées au GPS, à la téléphonie ou encore aux différents médias sans oublier les connections internet. Par rapport à la concurrence allemande, BMW conserve bon nombre de boutons et autres comodos au parfum suranné.

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Les autoroutes allemandes accueillent toujours aussi favorablement ce genre d’engin débridé.

J’aime moins

Si l’utilité réelle des SUV porte déjà à discussion, celle de leurs pendants « coupés » est encore plus douteuse. Ainsi, les places arrière perdent-elles logiquement en hauteur mais elles restent confortables si vous ne dépassez pas 1m85. Une fois ouvert, le hayon révèle un coffre de 525 litres qui peut passer à 1430 l une fois la banquette rabattue. Des chiffres intéressants qu’il faut nuancer à cause d’un hayon qui ne monte pas plus haut qu’1m70 une fois ouvert. Attention à la tête.

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L’habitabilité aux places arrière laisse à désirer et le volume du coffre n’est pas estomaquant. Bref, pour le caractère utilitaire de l’engin, il faudra repasser.

Pourquoi je l’achète

Il faut l’avouer, avec l’âge, on apprécie ces véhicules surélevés bien plus facilement accessibles que les berlines chères à nos grands-parents. Alors l’idée de BMW de glisser sous le capot de son X4 un moteur de… Compétition, ou presque, n’est pas totalement saugrenue. Cela nous vaut un engin assez iconoclaste, capable de signer le 0 à 100 km/h en 4,5 sec ou encore de pointer à 285 km/h si l’occasion se présente. Bref, rendre les sensations de leur jeunesse aux seniors emballées dans un look ravageur qui fait tourner les têtes. Prévoir un budget carburant conséquent n’est pas inutile, la moyenne de notre – court – essai s’étant soldée aux alentours des 12l/100 km en ayant opté pour le mode Eco lors de mon trajet retour chez l’importateur.

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Comme toujours chez BMW, les sièges ont absolument toutes les qualités mais ils sont en option. Un comble pour un véhicule de 92.800 euros.

Pourquoi je ne l’achète pas

Ne tournons pas autour du pot, ce BMW X4 M Compétition n’est pas sportif. Le moindre virage serré le rend nerveux et même en optant pour les réglages les plus extrêmes, il refuse l’exercice de la petite route sinueuse. Comme ses congénères, il se sent plus à son affaire dans les longues courbes voire sur un circuit où les dégagements sont présents pour accueillir vos excès d’enthousiasme. Alors probablement n’a-t-on pas encore l’âge de se laisser séduire par ces engins hauts sur patte. Trop lourds, très coûteux en taxes et pas vraiment habitables aux places arrière, ce n’est pas notre came.

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C’est toujours amusant, et parfaitement puéril on vous l’accorde, de mettre un gros coup de gaz pour doubler un kéké en pseudo-sportive… 

Printemps 2020: sorties et nouveautés – BMW par Dimitri Urbain

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La nouvelle calandre BMW ne manquera pas de susciter des réactions! Si le style « Gran Coupé » s’adapte bien à la future i4, la face avant semble être un bidouillage réalisé à la va-vite.

L’électrification à marche forcée se poursuit à Munich. Le concept i4 est proche de la version définitive. L’autonomie devrait dépasser largement les 500 km, la puissance les 500 ch. La vitesse de pointe annoncée devrait atteindre les 200 km/h et le 0 à 100 km/h ne prendrait que 4 secondes. Des chiffres proches de certaines BMW V8 mais ici c’est une batterie de 80 kWh pesant un peu plus de 500 kg qui est utilisée. Le plaisir de conduire, valeur traditionnelle de la marque, sera-t-il préservé?

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De trois quart arrière, la nouvelle i4 reste une vraie BMW et la face arrière est un clin d’œil au style maison.

Esthétiquement, la calandre provient du Concept4, présenté à Francfort l’an dernier, et ne laissera personne indifférent. Elle est désormais complètement fermée mais bardée de capteurs.  Le profil est typiquement BMW et proche des Gran Coupé de la marque tandis qu’à l’arrière, c’est un clin d’œil à la Série 8 qui est fait dans le traitement du panneau.

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A l’intérieur, le tableau de bord fait la part belle aux informations, au travers de deux écrans tactiles.

A l’intérieur, un écran large, façon Mercedes, est utilisé. Il est ici incurvé et l’i Drive est repris tel quel. Ce type de tableau de bord se retrouvera sur les futurs iX3 et iX5. L’i4 devrait être disponible en 2021. Nombreux s’interrogent sur la direction prise par le style de la marque qui semble se chercher… (Dimitri Urbain)

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Les passagers arrière bénéficient d’un confort haut de gamme.

Salon de Bruxelles 2020: sous le sceau de l’optimisme! (I) par Dimitri Urbain

Attaquée de toutes parts, l’automobile est présentée comme vecteur de tous les maux de la société, ou presque, par une partie de la population… qui croit pouvoir s’en passer définitivement. Le tumulte des décisions politiques prises à l’emporte-pièce ne venant qu’ajouter à la confusion ambiante. Et pourtant, dans ce contexte pas facile, cette édition du salon de Bruxelles nous semble porteuse d’espoir !

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Tandis que nombre d’autres grands salons, comme Paris, Francfort voire Genève, font la soupe à la grimace et comptent de plus en plus de constructeurs absents, Bruxelles affiche un dynamisme et un succès quasiment insolents ! Une bonne dizaine de premières mondiales et autant d’européennes, une soixantaine de premières nationales et encore une dizaine de prototypes s’y offrent à vos yeux, excusez du peu. La quasi-totalité de l’offre présente sur le marché national y est exposée (Lotus et Morgan n’y figurent pas…), aux côtés de nombreuses solutions de mobilité douce. De quoi se faire une idée complète sur l’état actuel de la situation en la matière. Une évolution qui se marque également dans le nom du salon qui devient « Brussels Motor Show : Auto, Moto, Mobility ».

A la découverte des halls…

Si les SUVs, hybrides, hybrides plug in et autres électriques sont présents sur tous les stands ou presque, il n’en reste pas moins qu’une visite au salon de Bruxelles offre aux amateurs de sportives de quoi se faire plaisir ! Nous vous proposons une visite coup de cœur…

Audi RS 4 Avant
Toute la gammme RS est bien mise en évidence sur le stand de la marque aux anneaux et ça fait du bien! 

Commençons par les constructeurs allemands et leur festival de nouveautés. Tandis que de nombreux constructeurs réduisent leur offre pour mieux faire face au défi des 95 gr CO2, chez eux c’est une débauche de sportives qui est offerte aux visiteurs. Audi, tout d’abord, lance une version coupé du Q3, le sportback. Un exemplaire dans un orange digne… du MET ou de Lotus, trône sur le stand de la marque, aux côté de l’e-tron Sportback assemblé à Forest. En outre, les sportives se taillent la part du lion, entre RS4, RS6, RS 7 Sportback, RS Q8…

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BMW dévoile à Bruxelles la Série 2 Gran Coupé, une rivale toute désignée pour la Mercedes CLA. A ses côtés, la M2 CS de 450 ch représente l’archétype de la BMW sportive traditionnelle. La gamme se complète également par le haut avec les versions M à moteur 4.4 l de 600 ch, monté sous les capots des X5, X6 et M8 Gran Coupé, par ailleurs également disponible en version « Compétition ».

Mercedes-Benz GLA, H 247, 2019
La nouvelle GLA est présentée en première mondiale chez Mercedes!

Mercedes présente le nouveau GLA en première mondiale, aux côtés des GLB et GLS, plus logeables. Signalons également la présence des C et E, disponibles en motorisation hybride associée à un… diesel. Cette voie de l’hybridation était, il y a quelques années, la chasse gardée de PSA. Serait-elle une vraie solution d’avenir, permettant à la fois les longs trajets et les parcours en ville en mode zéro émissions ?

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Le Cayman GT4 est noyé dans la masse de SUV et d’électriques chez Porsche mais il demeure notre favori.

Porsche met en vedette la Taycan. Le but avoué est de faire de l’ombre à la Tesla S… A l’image du reste de la gamme, elle se décline en « 4S », disponible en deux niveaux de puissance (530 ou 571 ch) ; « Turbo » de 680 ch et 450 km d’autonomie ; et « Turbo S », qui développe jusqu’à… 761 ch ! Les gammes Panamera, Panamera Sport Turismo, Cayenne et Cayenne Coupé sont également disponibles en version plug-in hybride. La marque rend également hommage à Jacky Ickx en présentant la 911 Carrera 4S « Belgian Legend Edition ». Après les premium, passons aux généralistes.

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Désormais, le Puma s’est transformé en petit crossover chez Ford. Il faut savoir vivre avec son temps.

Ford essaye de rattraper le temps perdu en développant sa gamme de SUVs, du compact Puma à l’Explorer, au gabarit très américain. Des hybrides rechargeables sont disponibles sur l’ensemble de la gamme, ou presque. Côté sportives, les versions ST de la Fiesta et de la Focus sont bien présentes, tout comme une Mustang 5.0 dans un orange du plus bel effet… malheureusement, cette motorisation est désormais condamnée en Europe. Nous aurons bientôt droit à la Mustang Mach-E… électrique mais reste à voir quel accueil lui réserveront les amateurs de V8 et d’américaine à l’ancienne !

Brussels Motor Show 2020
Depuis la reprise de la marque par le groupe PSA, on a repris des couleurs chez Opel et cela se voit sur le stand très coloré.

Opel, désormais dans le giron de PSA, reprend des couleurs ! Après des décennies passées dans le rouge, le redressement financier de la marque a été spectaculaire et hyper rapide. Ce constructeur joue une carte honnête et réaliste, voulant devenir la marque allemande généraliste la plus « désirable ». Son offre produit est en pleine évolution et nul doute que cet objectif puisse être rapidement atteint. Utilisant la plateforme CMP de PSA, la nouvelle Corsa est disponible en essence, diesel et électrique. La marque en a d’ailleurs dérivé une version e- Rally qui fera l’objet d’une coupe monomodèle dans les rallyes allemands très prochainement. En guise de clin d’œil, elle est accompagnée de l’Opel GT Elektro de… 1971 ! Signalons également les « mises à jour » des gammes Astra et Insignia.

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Le T-Roc se décline désormais en une version R forte de 300 ch.

Le stand Volkswagen accueille une Golf GTI TCR, aux côtés de la Golf 8, en première mondiale. Espérons que des versions GTI et R en soient dérivées, aux côtés de l’ID 3 électrique, de même catégorie. Le T-Roc bénéficie d’une version « R » ainsi que d’une déclinaison cabriolet qui n’est pas sans rappeler le Range Rover Evoque à toit souple. Connaîtra-t-il plus de succès que ce dernier ? (Texte: Dimitri Urbain)

Rallye du Condroz: le parcours est fixé!

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Alors que chaque équipe peaufine la préparation de sa voiture pour le dernier grand rendez-vous belge de l’année en sport automobile, le Royal Motor Club de Huy a enclenché la surmultipliée pour valider les derniers choix, régler les derniers détails d’organisation, « accorder les violons » entres toutes les parties concernées: les communes et tous leurs services, la Ville de Huy, la Province de Liège, le Ministère de l’Intérieur, le co-organisateurs, les stewards, commissaires et tous les bénévoles…

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Le parcours est lui désormais figé, sauf mauvaise surprise de dernière minute. Au menu, 10 épreuves de classement à parcourir 2 fois pour un total dépassant les 220 km de spéciale, soit plus qu’en 2018!

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Les habitués du Rallye du Condroz ne seront pas déstabilisés par les grands « classiques » que sont, Strée, Wanze, Bodegnée-Amay, Wanzoul, Ramelot ou encore Perwez-Marchin – la plus longue spéciale du rallye avec près de 21 km – qui reprennent en grande partie le tracé de l’an dernier, parfois en sens inverse. Ben-Ahin,Héron, Villers-le-Bouillet sont inédites mais en empruntant des tronçons déjà connus. La plus grande nouveauté, c’est le retour de la spéciale de Ouffet-Clavier dans une version inédite longue d’un peu plus de 14 km.

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Les festivités débuteront dès le vendredi avec la spéciale d’essais libre programmée cette année toute la journée (Accès : 5 € – gratuit pour les détenteurs du ‘’pass we’’ à 25 €) et le contrôle technique avant la traditionnelle séance d’autographes prévue sous le chapiteau le vendredi à 18h30.

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Douze spéciales, réparties en deux demi-boucles de 3 ES pour le samedi, huit spéciales, réparties en 4 demi-boucles de deux ES pour le dimanche, c’est le solide menu proposé aux équipages, avec une animation constante dans le parc d’assistance du rallye, situé comme toujours Avenue Delchambre et sur le Quai d’Arona le long de la Meuse. (Communiqué de presse)

Infos utiles et billetterie : www.condrozrally.be

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Salon de Francfort 2019 : grandeur et décadence… par Dimitri Urbain

Vue générale Mercedes

Au moment où les évolutions sont profondes dans le monde de l’automobile, les salons ne sont pas en reste. Le salon de Francfort, qui se tient du 12 au 22 septembre, nous offre une vitrine d’un avenir plutôt imposé que souhaité… Et la question se pose avec toujours plus d’acuité pour nombre de constructeurs : Ces expositions ont-elles toujours un intérêt ? De moins en moins de nouveautés y sont révélées en primeur et, face aux coûts énormes générés, nombreux sont les constructeurs qui préfèrent cibler au mieux d’autres évènements afin de toucher leur clientèle. (Texte de notre envoyé spécial à Francfort: Dimitri Urbain)

Vue générale VW

Les constructeurs allemands à domicile…

Tant le groupe VW que Mercedes ou BMW ont toujours utilisé l’IAA comme une vitrine leur permettant d’étaler, parfois de manière légère et inspirée, parfois avec lourdeur et arrogance, leur propre vision de l’automobile et de son avenir. L’édition 2019 n’est pas en reste mais il est certain que la voilure a été considérablement réduite. Nombre de constructeurs n’ont pas fait le déplacement (Toyota- Lexus ; Mazda ; le groupe FCA ainsi que Ferrari et Maserati, Nissan, Volvo, Peugeot- Citroën- DS… la liste des absents est longue comme un jour sans pain !) et les constructeurs allemands se sont tous donnés le mot afin d’apparaître le plus écologique possible. La pression de certains groupes activistes (voire extrémistes !) n’y est sans doute pas étrangère… et a également incité les organisateurs à renforcer une présence policière déjà bien importante sur le site de l’évènement.

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Volkswagen : l’histoire repasse les plats ? 

Au cours de son histoire, la marque a vécu des moments très délicats : le passage de la monoculture Coccinelle pour passer à celle de la Golf ou, plus récemment, le Dieselgate. La marque se pose désormais en parangon de l’écologie, développant à marche forcée une gamme électrifiée. La nouvelle ID.3, présentée officiellement, se veut réellement la nouvelle « voiture du peuple », permettant au plus grand nombre de pouvoir accéder à un véhicule électrique. C’est une Golf digitalisée et à ses côtés la marque présente une grande berline destinée à remplacer la Passat, un minibus largement inspiré par le légendaire « samba » vitré des années 50-60 ainsi que le Buggy à vocation récréative.

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De quoi se reconstruire un avenir censé être radieux ! Nul doute que les économies d’échelle vont également permettre d’élargir cette offre électrique aux autres marques du groupe, Skoda et Seat en tête.  Décidément prêt à tout pour paraître le plus vert possible, Volkswagen propose même désormais des « kits » pour électrifier les Coccinelles et utilitaires historiques. Certains puristes n’apprécieront pas du tout mais le constructeur allemand prend ici le même chemin que Jaguar avec la Type E électrique… nul doute que Mercedes, Porsche ou encore BMW Classic leur emboitent rapidement le pas.

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Audi : du bon et du moins bon…

Commençons tout de suite par le moins bon, l’A1 Citycarver. Cette A1 est équipée de roues plus larges, d’une garde au sol plus importante et d’une calandre qui fait immédiatement penser aux modèles Q de la marque. Pour le reste… hormis un prix qui sera évidemment plus élevé, peu de choses à dire, juste une version réchauffée du vieux concept StreeWise de chez Rover ! Nul doute que les bons de commande vont suivre en quantité.  RS 3, RS 6 et RS 7 sont bien présentes à Francfort, tout comme les TT RS et R8 V10 qui sont, malheureusement, en fin de vie et ne seront pas remplacés… Le nouveau cabriolet A5 semble plutôt réussi même si, comme très souvent chez Audi, il faut voir l’ancien aux côté du nouveau modèle et jouer au jeu des 7 erreurs afin de voir la différence. Mention particulière pour la mise en place de ce dernier sur le stand, façon œuvre d’art avec des mains géantes dont il a l’air de s’échapper.

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Le facelift de l’A4 ne parviendra pas à la sortir d’une indifférence de plus en plus généralisée, le marché des berlines moyennes se réduisant comme peau de chagrin au profit des SUVs. N’oublions pas la présence d’une moto Ducati, sans doute une façon comme une autre pour la marque de promouvoir la mobilité 2 roues sans passer par une trottinette électrique. Par ailleurs, Ingolstadt a confirmé la disparition d’environ 25% des versions les moins vendues du catalogue… de quoi réduire sérieusement les coûts et rendre un peu de cohérence à l’ensemble de la gamme.  Rayon prototypes, l’Audi AI Trail est le quatrième des concepts AI. Ce baroudeur taillé pour les environnements les plus hostiles semble marier une cellule centrale de… Lamborghini Marzal avec un châssis de 4X4 à l’ancienne !

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BMW Concept 4 : nouveaux codes stylistiques

Le Concept 4 est censé nous donner un avant-goût de ce que seront très bientôt les coupé et cabriolets emblématiques de la marque. Le moins que l’on puisse dire est que la calandre ne passe pas inaperçue et ne laisse personne indifférent… Lors de la conférence de presse, d’aucuns y voyaient déjà une ressemblance aux grandes dents de Bugs Bunny ! D’autres y trouvent une nouvelle forme d’élégance, après les calandres démesurées sorties ces derniers mois.

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Néanmoins, si l’on en croit Adrian Van Hooydonk, le patron du style de la marque, « les proportions sont idéales, avec un design clair et précis ». Charité bien ordonnée… n’y cherchez plus les passages de roues sculpturaux ou les formes classiques dans le capot, ces éléments traditionnels sont bien passés à la trappe. Néanmoins, les proportions classiques des coupés Munichois sont bien présentes avec un long capot, des surfaces vitrées réduites ou encore les jantes bien larges pour achever de bien planter l’engin. La signature lumineuse arrière est une fibre optique continue sur toute la proue. Le choix de la teinte « Rouge Interdit » n’est pas innocent, mettant en valeur les lignes du coupé, pouvant évoluer entre un rouge très vif à des accents presque noirs en fonction de l’éclairage. Cette calandre…on y revient toujours !

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Après l’avoir élargie au maximum, elle semble ici avoir été rétrécie et allongée de manière démesurée. C’était déjà un peu le cas sur la i Vision Dynamics présentée il y a 2 ans mais cette dernière était fermée. Selon la communication officielle, elle fait référence aux coupés historiques de la marque comme la 328 d’avant-guerre ou encore la 3.0 CSi. Plutôt complexe, elle associe des détails jouant sur les trois dimensions ; des parties hexagonales chromées sur l’avant et des « 4 » entrelacés à l’arrière-plan. Nous pouvons raisonnablement penser que, pour l’essentiel, la prochaine Série 4 est désormais figée mais il faudra encore patienter quelques mois pour découvrir la version définitive. En attendant, le design de la marque semble toujours se chercher un peu plus, entre la gamme « classique » qui adopte des surfaces de carrosserie hyper dépouillées façon i ; que les i marchent sur les plates-bandes des M qui seront également électrifiées… ça commence à faire beaucoup et c’est très brouillon, BMW nous avait habitué à autre chose ! Pour un peu, on en arriverait presque à regretter l’ère Bangle !

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Mercedes Concept EQS

La Classe S, berline Mercedes par excellence, se réinvente. Elégante, elle parvient à dissimuler ses proportions et sa masse sous des lignes fluides. Aux antipodes d’une certaine Classe S Maybach qui fait désormais figure d’ancêtre, pire de dinosaure. Mercedes parvient ainsi à crédibiliser le véhicule électrique auprès d’une clientèle très traditionnaliste. De quoi sourire et entrevoir un avenir radieux pour la marque à l’étoile qui ne manquera pas de décliner toutes les technologies de la EQS sur des gammes inférieures. Et par rapport à BMW on sent ici un plus grand sens de l’intégration dans une gamme cohérente.

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Opel Corsa : nouvelle entrée de gamme

Dérivée de la nouvelle 208, l’Opel Corsa se place en entrée de gamme, maintenant que les Karl et Adam sont passées à la trappe. Le style est plaisant et inoffensif, il ne déchainera pas les passions mais séduira une clientèle à la recherche d’un bon rapport qualité-prix. La qualité a été améliorée afin de mieux concurrencer la VW Polo tandis que du côté des ingénieurs le châssis a été optimisé afin d’essayer de le rendre aussi dynamique que celui de la Ford Fiesta. Elle sera disponible dès le début de l’année prochaine, en essence et diesel. Bien entendu, une version électrique coiffera la gamme. La marque compte même utiliser cette dernière dans le cadre d’une coupe réservée aux amateurs en rallye. L’intégration d’Opel au sein de PSA a permis de développer cette cinquième génération de Corsa en seulement deux ans.

Porsche Tyacan

Porsche Taycan : la nouvelle ère

A la voir sur le stand, impossible de ne pas penser directement « Tesla ». Certes, voilà une concurrente de taille et de poids pour le constructeur américain. Porsche y a mis tout son savoir-faire afin qu’elle soit la plus crédible possible pour les clients de la marque… et les autres ! Elle est immédiatement identifiable comme une Porsche et a peu évolué par rapport au concept Mission E. Dans l’autophobie ambiante qui règne actuellement, il est certain que Porsche et, au- delà le groupe VW, disposent ici d’une carte maîtresse pour négocier au mieux les changements profonds qui se mettent en place.

Alpina B3 Touring

Alpina : l’exceptionnel qui confirme la règle

Toujours dans l’ombre de BMW, le petit constructeur bavarois séduit plus que jamais. L’offre de la marque s’adresse à des passionnés autant épris de performances élevées que de discrétion et d’élégance. La nouvelle B3 Touring est présentée officiellement à Francfort. Equipée d’un six cylindres en ligne de 3 litres, elle offre 462 ch et un couple de… 700 Nm disponible dès 3.000 tr/ min. Sa vitesse de pointe dépasse les 300 km/h et en fait l’un des breaks les plus rapides du monde. Le tout dans un raffinement de haut niveau pour des tarifs finalement encore corrects… Disponible uniquement en version intégrale, les livraisons débuteront au troisième trimestre 2020. Aux côtés de la B5 Biturbo capable de rouler à 330 km/h, Alpina s’impose donc comme LE fournisseur des pères de famille sportifs allergiques aux SUV.

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Brabus : Classe G à toutes les sauces

Sur base du Classe G Mercedes, Brabus propose différentes déclinaisons : 700, 800 et même 900 ch ! Pour l’occasion, le G reçoit un V12 qui développe la bagatelle de 900 ch et un couple de 1.500 Nm… sa vitesse maximale est de 280 km/h, uniquement sur autoroute allemande, bien entendu. Ce mastodonte de 2.660 kg atteint les 100 km/h en seulement 3,8 secondes. Les jantes sont en 23 ou 24’’ et le prix « de base » est de… 605.055 € ! Outre les transformations et restaurations de Mercedes, le préparateur lance désormais une division marine afin d’encore plus séduire sa clientèle très fortunée.

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Lamborghini Sian

Seule marque sportive italienne présente, Lamborghini présente la Sian. Le design fait plutôt déjà vu et les formes alambiquées, torturées, notamment à l’arrière, n’arrangent rien. Une énième supercar peu utilisable pour la marque, peu élégante mais qui, assurément, va avoir un effet positif sur le bilan financier… Ce premier modèle hybride sera certainement suivi d’autres dans les mois qui viennent.

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Land Rover Defender : l’icône en version digitale

Cette fois, c’est bon : JLR présente la nouvelle version de son véhicule le plus emblématique, celui qui a construit toute la tradition et l’histoire de Land Rover. Après plusieurs années de tergiversations, de prototypes plus ou moins définitifs (le DC 100 de 2011), le nouveau venu a fait sensation et une belle unanimité parmi la presse !

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Reprenant les codes stylistiques de l’original comme le déhanchement des flancs ou le toit blanc avec la vitre intégrée sur les côtés par exemple, il est immédiatement reconnaissable et identifiable comme étant « LE » Land Rover ! C’est certainement le plus beau compliment que l’on puisse lui faire… ainsi qu’à Gerry Mc Govern, responsable du design de la marque.  Il étrenne une structure aluminium en lieu et place du châssis séparé. Celle-ci est dérivée de la plateforme des Discovery, Range et Range Sport. Exit également les essieux rigides, une double triangulation est utilisée à l’avant et un essieu multibras à l’arrière. Les versions « 90 » pourront au choix être équipées des suspensions pneumatiques à l’arrière montées en série sur les « 110 ».

Land Rover Defender

Une gamme de motorisations importante, tant en essence qu’en diesel est prévue : en entrée de gamme, un 2.0 litres Diesel à double turbo offre déjà 200 ch tandis qu’une version plus puissante en proposera 240. En essence, un quatre cylindres ou un six cylindres sont au menu. Le premier offre 300 ch tandis que le second sera hybridé en 48 V et proposera 400 ch.  Dans tous les cas, la boîte de vitesses sera une ZF 8 rapports. Une version hybride plug-in du « petit » moteur essence sera ajoutée à la gamme courant 2020. Des versions 3 et 5 portes seront disponibles en deux empattements ainsi que des utilitaires. Les prix de base devraient se situer aux environs des 35- 40.000 €.  Quatre versions seront disponibles : Explorer, Adventure, Country et Urban, afin de répondre aux mieux aux besoins de la clientèle. Du côté des puristes, reste à voir quel accueil lui sera réservé car son usage en tous chemins risque de coûter beaucoup plus cher en réparations qu’avec son prédécesseur ! Shocking, il sera assemblé en Slovaquie et non plus en Grande Bretagne…

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Remarquées également au détour des allées…

Honda e : une occasion manquée ?

Alors que le concept dévoilé à Francfort il y a deux ans faisait battre le cœur des amateurs de la marque, la version de série, dévoilée cette année, semble avoir raté la cible : les proportions et les petits détails du prototype ne s’y retrouvent pas… elle est chère, comparativement à la Renault Zoé, par exemple, et son autonomie ne lui permettra pas de s’éloigner des villes. Espérons que Honda remette rapidement les pendules à l’heure sur ce point. Mention spéciale pour la présence d’une NSX et d’une Civic Type R sur le stand !

Hyundai 45

Hyundai Concept 45 : dans la cour des grands

Le constructeur coréen fête ses 45 ans cette année ! Mais qui se souvient des premières Pony, au design signé Giugiaro ? Hyundai a donc décidé de marquer le coup en présentant ce Concept 45, plutôt réussi. Du traitement des surfaces vitrées aux phares en passant par les roues, l’ensemble est cohérent et assez élégant. Nul doute que différents éléments se retrouveront rapidement sur les nouveaux modèles de la marque.

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Les constructeurs Chinois : luxe, opulence et manque de crédibilité

Parmi les quelques constructeurs chinois ayant fait le déplacement, Hongqui (qui signifie « drapeau rouge ») est la marque automobile la plus ancienne du pays. Créée en 1958, elle a fourni aux dirigeants locaux nombre de voitures d’apparat. Membre du groupe FAW, partenaire chinois du groupe Volkswagen, la marque présente à Francfort un SUV de grand gabarit à l’esthétique… particulière, ainsi qu’une supercar semblant sortie tout droit de Gran Turismo. Quant à son logo, il fait plutôt penser à H & M qu’à une marque automobile. Nul doute que tous les constructeurs premium tremblent face à la venue de ce concurrent… ce qui est, par contre, peut-être bien le cas avec WEY. Cette marque appartient à Great Wall et se spécialise dans les SUV de luxe. A en juger par les modèles exposés à Francfort, la qualité n’est pas loin de valoir celle de nombreuses marques européennes. La présentation, la finition et le design sont d’une cohérence rarement vue jusqu’ici chez d’autres constructeurs originaires de l’Empire du Milieu. Il leur reste à construire un réseau, se forger une image et une réputation afin de convaincre les acheteurs européens… autrement dit, le plus dur reste à faire !

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En conclusion, ce salon marque véritablement un tournant… celui de la désaffection de nombre de constructeurs pour ce genre d’évènements d’une part et, de l’autre, celui de l’électrification forcée de l’automobile. (Texte: Dimitri Urbain – Photos: Paul-Edouard Urbain)

La voiture partagée remplacera-t-elle un jour la voiture individuelle ? par Dimitri Urbain

L’idée commence à faire son chemin dans certains esprits… faisons le point sur les nombreux enjeux qui se cachent sous cette problématique. Certes, les enjeux environnementaux sont importants mais il y va également de la rentabilité et de l’avenir des constructeurs automobiles eux-mêmes.

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L’aventure Autolib’ s’est mal terminée à Paris, la rentabilité n’a jamais été atteinte et les relations avec les autorités locales se sont dégradées au fil du temps, amenant la société à y arrêter ses activités de partage de voitures.

Pavé dans la marre

Un rapport de la commission scientifique et technologique du parlement Britannique publié la semaine dernière indique que, si le nombre de voitures particulières demeure à son niveau actuel, le pays ne pourra, à terme, réduire de manière significative la pollution liée au transport. Qui plus est, même si le parc actuel devenait électrique du jour au lendemain, cela ne suffirait pas car… les usines produisant ces véhicules continueraient à produire du CO2 en quantités importantes.

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La conclusion de ce rapport a de quoi effrayer tous les amateurs et propriétaires de voitures car « à long terme, la possession individuelle de véhicules ne semble pas compatible avec la décabornisation majeure que nous essayons d’atteindre ». Toujours selon ce rapport, sur le long terme, les voitures partagées permettront de juguler et réduire les émissions de CO2. D’une part, parce que celles-ci sont (en partie) et seront de plus en plus souvent à propulsion électrique. D’autre part, parce qu’une voiture partagée remplace jusqu’à huit voitures individuelles.

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Le groupe PSA étant également fabricant de deux roues, il était facile de lier tous les produits afin d’offrir à la clientèle une offre sur mesure pour répondre à tous ses besoins.

Voiture partagée, planche de salut ?

Les voitures partagées ce n’est pas un nouveau concept. De nombreux constructeurs s’y intéressent mais la rentabilité d’un tel dispositif est, pour le moment, difficile voire impossible à atteindre. En Grande Bretagne, le nombre de voitures partagées est passé d’un peu plus de 3.000 unités en 2015 à 5.385 cette année. Cependant, c’est le nombre de personnes abonnées à ces services qui a fait un bond bien plus spectaculaire sur la même période, passant de moins de 200.000 à plus de 350.000 abonnés. La grande majorité de ceux-ci sont des citadins, plus de 60% vivent à Londres.

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C’est là que se retrouvent les grands acteurs de la voiture partagée : Zipcar (AVIS) ; Entreprise Car Club ou encore Drive Now (BMW-Mini). Zipcar déclare dénombrer pas moins de 270.000 abonnés dans la capitale britannique ! Ce qui est tout à fait logique : posséder sa propre voiture, dans une grande ville, est compliqué et cher : problèmes de parking, manque de garages, etc. L’offre de transport en commun y étant multiple et complète, ne pas y posséder de véhicule personnel semble donc aller de soi. Les tarifs de location débutent aux environs de 0,30 €/ minute et différents types d’abonnements sont disponibles, afin de répondre à un maximum d’utilisateurs présentant des profils différents.

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BMW a lancé Drive Now dans plusieurs grandes villes européennes avec un certain succès. Au contraire de Daimler qui s’est planté sur le sujet… pour l’heure les deux grands rivaux s’associent afin de proposer une offre commune de voitures partagées.

Une rentabilité difficile à atteindre

Ces activités sont loin d’être profitables à court terme et nécessitent de lourds investissements. L’échec patent d’Autolib, à Paris, rend les constructeurs prudents et les incite à s’associer afin de diminuer investissements et risques. BMW et Mercedes sont sur le point de fusionner leurs filiales respectives (Drive Now et Car2Go vont rapidement devenir Share Now). L’offre comprendra des véhicules des deux marques ainsi que des Mini et des Smart. En juin dernier, Volkswagen a lancé WeShare à Berlin, avec une flotte de 1.500 Golf électriques.

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PSA est également présent sur le marché de la voiture partagée avec sa filiale « Free2Move » mais, sur certains marchés, il faut être client professionnel d’une des marques du groupe afin d’y avoir accès. Louer des voitures partagées s’avère bien plus compliqué que de simplement vendre des voitures ! Présent à Londres depuis 2014, Drive Now ne fonctionne pourtant que sur le territoire de neuf communes (sur les 33 !) qui constituent la ville car les tarifs de parking doivent être négociés avec chaque autorité locale, ce qui est loin de faciliter les choses. Car2Go, de Mercedes, a jeté l’éponge… pas assez rentable. Zipcar a également arrêté ses activités bruxelloises (reprises depuis février dernier par Poppy, soutenu par D’Ieteren), parisiennes et madrilènes pour la même raison.

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L’éventail des services de mobilité offerts par les deux constructeurs Allemands est déjà bien complet mais est appelé à encore se développer et se renforcer.

L’impact de la densité de la population

En dehors des villes, la densité de population moins élevée rend encore plus hasardeuse la rentabilité des investissements en voiture partagée. Ce qui n’empêche pas les constructeurs de se positionner sur ce créneau… des sommes de l’ordre de 40 milliards d’Euros y ont été investies depuis 2016. Des montants colossaux qui s’expliquent peut-être par un changement de mentalité au sein de la population, avec l’évolution des pyramides des âges, et l’arrivée des « millenials » parmi la base des consommateurs. De plus en plus de gens trouvent plus facile de partager l’usage d’un objet comme une voiture plutôt que de devoir y investir une part non négligeable de leurs revenus, de devoir s’occuper de son entretien, de devoir payer des taxes, une prime d’assurance, etc.

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Zipcar, filiale du loueur Avis, n’était pas rentable en Belgique. Poppy, soutenu par le groupe D’Ieteren, a repris ses activités et compte bien les rendre profitables à court terme.

Une stratégie à long terme

Les constructeurs, tels BMW et Mercedes, mettent en place une stratégie sur le long terme. Elle les amènera à contrôler des services utilisant des voitures autonomes que la clientèle pourra utiliser sur demande. Ils espèrent que leur offre multimodale comprenant l’utilisation à la demande, les véhicules, le parking et les bornes de recharge partagés ne seront qu’une étape vers la mise en place de dispositifs utilisant des véhicules autonomes que les utilisateurs n’auront quasiment qu’à siffler ! Ces sociétés filiales des constructeurs utilisent dès maintenant des véhicules électriques qui permettent de diminuer les émissions moyennes de CO2 et donc… la facture potentielle à payer dès 2020.

Volkswagen WeShare launched in Berlin as full-electric service
La plateforme de mobilité Volkswagen propose également des utilitaires Moia aux côtés des véhicules électriques. A Berlin, 1500 e Golf sont disponibles en partage.

Tout cela fait partie d’une stratégie bien calculée afin de négocier au mieux le virage de 2020 et la nouvelle taxation des émissions de CO2. Dans la foulée, les constructeurs se sont également créé un nouveau canal de distribution… sur lequel ils ont une maîtrise totale et qu’ils peuvent utiliser comme outil de régulation, en fonction de leurs besoins. Si le remplacement de l’ensemble du parc par des véhicules partagés reste un doux rêve, il est certain que, pour de plus en plus de citadins, la voiture partagée est perçue comme un renforcement d’une offre de transport par ailleurs déjà complète.

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En conclusion, à l’heure où la Belgique reste sans gouvernements et… sans politique claire et concertée en matière de mobilité, l’idée commence à faire son chemin ici aussi et se révèlera peut-être une partie de la solution aux problèmes de mobilité à Bruxelles ainsi que dans d’autres grandes villes. (Texte: Dimitri Urbain)

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« Zipcar » a été choisi car il évoque la facilité… se retrouver au volant d’une voiture partagée est aussi facile que remonter une tirette !