Salon de Bruxelles 2020: sous le sceau de l’optimisme! (I) par Dimitri Urbain

Attaquée de toutes parts, l’automobile est présentée comme vecteur de tous les maux de la société, ou presque, par une partie de la population… qui croit pouvoir s’en passer définitivement. Le tumulte des décisions politiques prises à l’emporte-pièce ne venant qu’ajouter à la confusion ambiante. Et pourtant, dans ce contexte pas facile, cette édition du salon de Bruxelles nous semble porteuse d’espoir !

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Tandis que nombre d’autres grands salons, comme Paris, Francfort voire Genève, font la soupe à la grimace et comptent de plus en plus de constructeurs absents, Bruxelles affiche un dynamisme et un succès quasiment insolents ! Une bonne dizaine de premières mondiales et autant d’européennes, une soixantaine de premières nationales et encore une dizaine de prototypes s’y offrent à vos yeux, excusez du peu. La quasi-totalité de l’offre présente sur le marché national y est exposée (Lotus et Morgan n’y figurent pas…), aux côtés de nombreuses solutions de mobilité douce. De quoi se faire une idée complète sur l’état actuel de la situation en la matière. Une évolution qui se marque également dans le nom du salon qui devient « Brussels Motor Show : Auto, Moto, Mobility ».

A la découverte des halls…

Si les SUVs, hybrides, hybrides plug in et autres électriques sont présents sur tous les stands ou presque, il n’en reste pas moins qu’une visite au salon de Bruxelles offre aux amateurs de sportives de quoi se faire plaisir ! Nous vous proposons une visite coup de cœur…

Audi RS 4 Avant
Toute la gammme RS est bien mise en évidence sur le stand de la marque aux anneaux et ça fait du bien! 

Commençons par les constructeurs allemands et leur festival de nouveautés. Tandis que de nombreux constructeurs réduisent leur offre pour mieux faire face au défi des 95 gr CO2, chez eux c’est une débauche de sportives qui est offerte aux visiteurs. Audi, tout d’abord, lance une version coupé du Q3, le sportback. Un exemplaire dans un orange digne… du MET ou de Lotus, trône sur le stand de la marque, aux côté de l’e-tron Sportback assemblé à Forest. En outre, les sportives se taillent la part du lion, entre RS4, RS6, RS 7 Sportback, RS Q8…

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BMW dévoile à Bruxelles la Série 2 Gran Coupé, une rivale toute désignée pour la Mercedes CLA. A ses côtés, la M2 CS de 450 ch représente l’archétype de la BMW sportive traditionnelle. La gamme se complète également par le haut avec les versions M à moteur 4.4 l de 600 ch, monté sous les capots des X5, X6 et M8 Gran Coupé, par ailleurs également disponible en version « Compétition ».

Mercedes-Benz GLA, H 247, 2019
La nouvelle GLA est présentée en première mondiale chez Mercedes!

Mercedes présente le nouveau GLA en première mondiale, aux côtés des GLB et GLS, plus logeables. Signalons également la présence des C et E, disponibles en motorisation hybride associée à un… diesel. Cette voie de l’hybridation était, il y a quelques années, la chasse gardée de PSA. Serait-elle une vraie solution d’avenir, permettant à la fois les longs trajets et les parcours en ville en mode zéro émissions ?

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Le Cayman GT4 est noyé dans la masse de SUV et d’électriques chez Porsche mais il demeure notre favori.

Porsche met en vedette la Taycan. Le but avoué est de faire de l’ombre à la Tesla S… A l’image du reste de la gamme, elle se décline en « 4S », disponible en deux niveaux de puissance (530 ou 571 ch) ; « Turbo » de 680 ch et 450 km d’autonomie ; et « Turbo S », qui développe jusqu’à… 761 ch ! Les gammes Panamera, Panamera Sport Turismo, Cayenne et Cayenne Coupé sont également disponibles en version plug-in hybride. La marque rend également hommage à Jacky Ickx en présentant la 911 Carrera 4S « Belgian Legend Edition ». Après les premium, passons aux généralistes.

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Désormais, le Puma s’est transformé en petit crossover chez Ford. Il faut savoir vivre avec son temps.

Ford essaye de rattraper le temps perdu en développant sa gamme de SUVs, du compact Puma à l’Explorer, au gabarit très américain. Des hybrides rechargeables sont disponibles sur l’ensemble de la gamme, ou presque. Côté sportives, les versions ST de la Fiesta et de la Focus sont bien présentes, tout comme une Mustang 5.0 dans un orange du plus bel effet… malheureusement, cette motorisation est désormais condamnée en Europe. Nous aurons bientôt droit à la Mustang Mach-E… électrique mais reste à voir quel accueil lui réserveront les amateurs de V8 et d’américaine à l’ancienne !

Brussels Motor Show 2020
Depuis la reprise de la marque par le groupe PSA, on a repris des couleurs chez Opel et cela se voit sur le stand très coloré.

Opel, désormais dans le giron de PSA, reprend des couleurs ! Après des décennies passées dans le rouge, le redressement financier de la marque a été spectaculaire et hyper rapide. Ce constructeur joue une carte honnête et réaliste, voulant devenir la marque allemande généraliste la plus « désirable ». Son offre produit est en pleine évolution et nul doute que cet objectif puisse être rapidement atteint. Utilisant la plateforme CMP de PSA, la nouvelle Corsa est disponible en essence, diesel et électrique. La marque en a d’ailleurs dérivé une version e- Rally qui fera l’objet d’une coupe monomodèle dans les rallyes allemands très prochainement. En guise de clin d’œil, elle est accompagnée de l’Opel GT Elektro de… 1971 ! Signalons également les « mises à jour » des gammes Astra et Insignia.

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Le T-Roc se décline désormais en une version R forte de 300 ch.

Le stand Volkswagen accueille une Golf GTI TCR, aux côtés de la Golf 8, en première mondiale. Espérons que des versions GTI et R en soient dérivées, aux côtés de l’ID 3 électrique, de même catégorie. Le T-Roc bénéficie d’une version « R » ainsi que d’une déclinaison cabriolet qui n’est pas sans rappeler le Range Rover Evoque à toit souple. Connaîtra-t-il plus de succès que ce dernier ? (Texte: Dimitri Urbain)

So British !… Exposition temporaire à Autoworld par Dimitri Urbain

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La période des fêtes n’est pas la plus propice pour les activités extérieures. Voici déjà plusieurs années qu’Autoworld nous propose une exposition thématique durant la trêve hivernale. Cette année, c’est l’automobile et la moto anglaises qui sont à l’honneur. A l’heure où le Brexit est sous les feux de l’actualité, c’est une excellente occasion d’aller se réchauffer tout en se rinçant l’œil !

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Les Britanniques n’ont pas inventé l’automobile… certes ! Mais ils ont toujours fait preuve d’inventivité et d’un certain génie pour développer des engins hors- normes, bien à eux. Aujourd’hui encore, ce que l’on nomme cottage industry, l’artisanat, est très présent dans le monde automobile insulaire. Il ne manque pas d’artistes pour vous concocter une petite sportive sympathique dans une cabane de jardin ou pour motoriser un canapé !

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Il sera toujours possible de reprocher aux organisateurs d’avoir fait l’impasse sur tel ou tel modèle ou telle marque en fonction des goûts de chacun. Cependant, n’oublions pas les contraintes d’espace ou de disponibilité des véhicules ! Le plateau est très varié et néanmoins complet, avec des engins de qualité. A titre personnel, nous aurions bien aimé voir la Sinclair C5 faire partie de l’expo plutôt qu’être reléguée dans un coin, ou la trois roues Bond ou Reliant, ainsi qu’une Scimitar ou encore une Gilbern. Néanmoins, le panorama est assez complet, de l’après- guerre à nos jours.

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C’est la Jaguar E d’Austin Powers, entièrement recouverte de l’Union Jack (le drapeau de la Grande Bretagne) qui vous fait de l’œil dès l’entrée. Un peu plus loin, sur fond de circuit de Goodwood, vous pourrez découvrir des Jaguar de compétition, des années 50 à 80, ainsi qu’une Bentley XP8 du Mans. Une fois à l’étage, la recréation de rues typiques de Londres est assez saisissante. Ajoutez-y une sirène au loin et des bruits de moteurs, des odeurs et on s’y croirait vraiment. L’idée d’un embouteillage d’anciennes dans la City a quelque chose d’assez magique et rappelle de nombreuses séries et films des années 60-70.

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L’expo est articulée sur quatre thématiques : old school (vieille école) avec de nombreuses sportives, anciennes et actuelles : AC Ace ; Austin Healey 100/4 ; Ariel Atom, Mc Laren F1 ou encore Bentley GT3 R. Let’s race (en course) fait la part belle à des engins plutôt orientés « grand tourisme » comme la Jaguar Type E, la Daimler SP 250 ; la Jowett Jupiter ou en la Gordon Keeble. De belles démonstrations du génie automobile britannique. Les Lotus Seven et Elan S4, la Mini Morris ; la Marcos 3 litre ou encore le Range Rover Classic font, elles, partie des swinging sixties, (les joyeuses années 60) au même titre que la mini-jupe de Twiggy.

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Viennent ensuite the dark days, (les jours sombres), avec des voitures plus récentes produites dans des périodes agitées, notamment chez British Leyland : Rover SD1 2600, Triumph Dolomite Sprint ou encore Rolls- Royce Silver Cloud III. Les productions actuelles sont également présentes, de la Mini Cooper JCW à la McLaren P1 en passant par les Bentley Continental GT ou la Rolls Royce Silver Wraith. Les amateurs de 2 roues y trouveront également leur bonheur, entre les Royal Enfield Meteor Minor, les Norton Commando ou encore les célèbres Triumph Bonneville, Tiger ou Thunderbird. Placées au milieu des voitures, les Vincent ou Velocette Venom ne demandent qu’un coup de kick pour nous régaler. (Texte et photos légendées: Dimitri Urbain)

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L’exposition est accessible jusqu’au 26 janvier prochain.

Pour plus d’informations :

www.sobritish.be ou www.autoworld.be

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La Jaguar XK 120, une ligne à couper le souffle toujours aussi belle…
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Austin Princess. Cette très sérieuse et spacieuse berline a été très utilisée par des sociétés de pompes funèbres.
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Gordon Keeble, le mariage des lignes italiennes, d’un V8 américain et du savoir-faire britannique. Un grand tourisme pour amateurs éclairés.
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E Type et Aston martin DB4, le charme des swinging sixties dans sa plus belle expression.
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AC Ace. Ces lignes sensuelles n’attendaient qu’un moteur plus puissant… Carroll Shelby va l’ensorceler en y montant des V8 de 4,7 puis 7 litres !
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Jowett Jupiter. Chant du cygne de la marque, cette sportive est équipée d’un moteur à plat et s’est couverte de gloire au Mans, y remportant sa classe en 1950, 51 et 52.
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La gracile Lotus Seven. Près de 60 ans après sa sortie, la recette fait toujours autant merveille ! Le secret ? La légèreté ! Caterham continue à la produire, modernisée mais fidèle à l’esprit de Colin Chapman.
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Morgan Three-wheeler ! Oui, ça roule, ça freine et c’est même homologué. La prestigieuse marque britannique a renoué avec ses débuts et offre un engin unique, bourré de charme et d’histoire.
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Triumph TR2… ou comment séduire par des lignes évocatrices ! Elle fait partie des nombreux cabriolets produits en Grande Bretagne après la guerre, aux côtés des MGA et MGB ou autres Sunbeam Alpine. Etonnant que ce pays réputé pour la grisaille de sa météo ait été un des plus prolifiques en matière de cabriolets.

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Salon Interclassics Bruxelles 2019: un grand cru! par Dimitri Urbain

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En l’espace de 5 ans, Interclassics s’est imposé comme l’un des rendez-vous majeurs pour les amateurs et collectionneurs d’anciennes en Belgique. La recette du succès ? Une grande diversité, tant dans les époques que les marques présentes. (Texte et photos : Dimitri Urbain)

Pas loin de 25.000 visiteurs ont arpenté les allées des halls du Heysel du 15 au 17 novembre dernier. Cette édition a mis en valeur quelques réalisations marquantes des plus grands couturiers automobiles italiens. Quinze chefs-d’œuvre signés Bertone, Ghia, Pininfarina, Touring et Zagato occupaient un espace central. En outre, le centenaire de Bentley était également au programme, avec la collaboration de l’importateur et de l’usine. Un peu à l’image de ce que présente d’autres bourses d’envergure internationales, un espace était réservé aux artistes, galeries d’art et autres magasins vendant des œuvres en rapport avec les voitures, la course et le monde du transport. Dans une autre partie, ce sont les clubs et la Fédération Belge des Véhicules Anciens qui accueillaient les visiteurs. En collaboration avec AutoScout 24, les particuliers avaient même la possibilité de mettre leur véhicule classique en vente. Par ailleurs, pour la première fois cette année, Noble Auctions exposait plusieurs véhicules, objet d’une vente aux enchères début décembre. Ici, pas uniquement des pièces uniques estimées à plusieurs millions d’Euros mais de la variété : sorties de grange, motos, voitures de course d’avant-guerre, youngtimers… de quoi trouver son bonheur même avec une bourse modeste.

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A noter que, dans l’ensemble, nous avons pu remarquer que certaines voitures en vente étaient affichées à des prix tout à fait corrects vu leur état. Si certains vendeurs feront certainement grise mine, ayant espéré réaliser une plus- value rapide… mais c’est une excellente nouvelle pour les vrais amateurs ! Autre différence avec d’autres salons et bourses, la grande diversité des vendeurs de pièces, accessoires, livres et autres miniatures. Venus d’Italie, de grande Bretagne, de Hollande, d’Allemagne… il était vraiment possible de trouver son bonheur à tous les prix également. Au final, une grande réussite. Les organisateurs vous fixent d’ores et déjà rendez-vous à Maastricht du 16 au 19 janvier prochain, dont les thèmes seront les classiques oubliées et les designs remarquables.

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Archétype de la Bentley d’avant-guerre, une version 3 litres à carrosserie Weymann, réalisée en simili-cuir sur armature en bois.
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L’un des chefs d’œuvre de l’exposition des carrosseries italiennes, cette Ferrari 500 Superfast Pininfarina a appartenu à Peter Sellers. Motorisée par un V12 de 5 litres et 400 ch, elle a été produite à 37 exemplaires seulement.
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Ghia Torino a signé cette Cisitalia 505 sur base d’une Fiat 1900 en 1953. Sur les dix exemplaires assemblés, celui-ci est le seul connu en état de marche.
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La définition du grand tourisme à l’anglaise dans les années 20, un certain confort et des performances « suffisantes » par rapport à la concurrence.
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Cette Lotus Europe de seconde génération abandonne le moteur Renault 16 pour un double arbre maison, offrant des performances plus en phase avec l’image de la marque.
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Une Toyota Corona 1900 dans un état splendide, avec quelques modifications subtiles comme les jantes ou encore les rétroviseurs placés en avant des ailes, typiques des voitures vendues au Japon.
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Une bombinette de 70 ch, cela vous dit ? Dans les années 70 et 80 l’Autobianchi Abarth était une vraie sportive. Ses dimension et son poids réduits mettant encore plus en avant le caractère rageur de son 1050 cm3.
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NSU Prinz 4… de quoi retourner en enfance ! Avec ses lignes inspirées par la Chevrolet Corvair et son moteur arrière refroidi par air, voilà de quoi s’amuser pour un budget raisonnable.
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Sur les nombreux stands professionnels, il était possible de s’offrir un volant ou une publicité en tôle émaillée en rapport avec l’automobile. De quoi décorer un garage dans une ambiance d’époque.
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Peu connues en Europe, les berlines MG SA et WA des années 30 sont à la fois sportives, confortables et élégantes. Et selon son propriétaire, elle serait même éligible pour participer aux Mille Miglia!
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Au détour des allées, une superbe Aston Martin DB4, dans un bleu métallisé qui lui sied à ravir.
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Non, ce n’est pas la voiture de Oui-Oui… mais bien une Dagrada, voiture artisanale sur base FIAT qui permettait à des amateurs peu fortunés de participer aux grandes courses à la fin des années 40- début des années 50. Grands gabarits s’abstenir!
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Parmi les nombreux youngtimers exposés et mis en vente, cette BMW M5 E 34 se reconnaît d’emblée à ses jantes spécifiques à effet turbine.
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Attention, rareté! L’Ogle SX 1000 utilise toute la mécanique de la Mini. Ce petit coupé aérodynamique très élégant est sorti de 1961 à 1963 à raison de 59 exemplaires seulement…
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Magnifique exemplaire de la dernière génération d’Alfasud, une Quadrifolgio Verde qui était à vous pour 16.950 € quand même!

Lorsqu’Abarth sauve le Salon de Genève par Dimitri Urbain

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Les mauvaises langues diront qu’il fallait bien « meubler » suite à l’absence de plusieurs constructeurs. Mais ne boudons pas notre plaisir, l’exposition célébrant les 70 ans d’Abarth vaut réellement le détour et d’aucuns diront que c’est là que se trouvent les plus belles voitures du salon! Retour en images sur quelques œuvres d’art et le retour du style néo-rétro.

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Après la guerre, Carlo Abarth collabore au projet Cisitalia. Lors de son arrêt, en 1949 , il se retrouve avec 5 voitures de course. L’une de ces monoplaces est recarrossée en berlinette chez Vignale et c’est un véritable chef d’œuvre. L’Abarth 204A devient 205 en 1951 et demeure l’une des plus belles voitures de cette époque. Et si les 82 ch de son moteur paraissent aujourd’hui bien modestes, il en allait tout autrement à l’époque.

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Produit entre 1957 et 1958, cet élégant spider 750 reçoit une carrosserie signée Zagato. Au début, Abarth n’est pas satisfait du résultat, trouvant les proportions déséquilibrées entre l’avant et l’arrière. Il se tourne vers Allemano et Michelotti pour revoir la copie. Destinée au marché américain, la voiture est malheureusement très chère et ses ventes limitées.

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Parmi les dérivés de la Fiat 500, l’Abarth 500 GT Zagato de 1958- 59 est l’une des plus réussies, même si ce type de carrosserie convient mieux à un véhicule plus long.

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Cette jolie Abarth 595 SS  de 1970 est véritablement LE modèle emblématique du sorcier turinois. Ses 130 km/h permettront à plus d’un pilote amateur de briller en compétition. C’est bien évidemment le modèle le plus célèbre de la marque au scorpion qu’elle porte fièrement sur son capot avant.

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Dérivée de la Fiat 600, l’Abarth 1000 Gr.V date de 1968. Elle est équipée d’une culasse spécifique avec chambre de combustion hémisphériques et de conduits d’admission et d’échappement séparés qui permettent de disposer de 95 ch sous le pied droit. La carrosserie se pare d’un imposant pare-chocs/spoiler avant et le capot moteur reste ouvert à l’horizontale pour assurer le refroidissement. Toute une époque!

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Cette 1000 Bialbero (double arbre à cames en tête) de 1960 est l’évolution ultime de ce petit coupé carrossé par Zagato né en 1958. Il peut être également monté avec des moteurs 700 et 850 cm3.

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La 1300 GT de 1962 est réalisée en collaboration avec SIMCA, constructeur très proche de FIAT. Son moteur est dérivé de celui de la SIMCA 1000 et reçoit une culasse double arbre à cames en tête avec deux carburateurs double corps. Les 125 ch n’ont aucun mal à propulser les 630 kg de l’engin à 230 km/h! Elle est vendue plus de trois fois le prix d’une 1000 de base!

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La barquette Abarth 1000 SP date de 1966. Elle est équipée d’un moteur 4 cylindres double arbre dérivé de celui de la Fiat 600 contemporaine. Alimenté par deux Weber 40 DCOE, il développe 105 ch et propulse l’engin de 480 kg à 220 km/h.

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Réalisée intégralement chez Abarth en 1960, la 700 était conçue pour prendre part aux 24 Heures du Mans. Légère, 410 kg, ses 75 ch étaient suffisants pour l’amener à un bon 200 km/h et espérer damer le pion aux DB Panhard 750. Finalement, elle ne passera pas le cap des vérifications techniques pour une sombre histoire de position du réservoir.

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La barquette 2000 SE010 date de 1968 et dispose de pas moins de 250 ch. Elle s’illustre sur différents circuits à partir de la saison 1969, une fois les 25 exemplaires imposés par les règlements de l’époque ayant été produits.

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Chant du cygne de la marque en catégorie Sport Prototype, la SE 020 est équipée d’un moteur central 2 litres de 260 ch.

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Une Fiat 500 de record s’adjuge six records mondiaux de vitesse sur la piste de Monza entre le 13 et le 20 février 1958, tournant à une moyenne de 108,252 km/h. Abarth présente alors une 500 de record à châssis tubulaire et carrosserie aérodynamique qui signe à son tour 17 records début octobre 1958 et atteint 165 km/h.

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Dérivée de la FIAT 600 en 1956, cette monoplace reçoit une carrosserie aérodynamique signée Franco Scaglione et fabriquée chez Bertone. D’abord rouge, elle s’adjuge le record des 24 H en catégorie H les 17 et 18 juin 1956 avec 3.743, 642 km couverts à une moyenne de 155,985 km/h. Quelques jours plus tard, repeinte en gris métal, elle est remotorisée en 500 et puis en 800 cm3, toujours dérivés du moteur de la FIAT 600, et s’adjuge d’autres records dans les classes G et I.

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L’OT 2000 Coupé de 1966 est bien évidemment dérivée de la FIAT 850 coupé. Elle est équipée d’une version 2 litres de 185 ch du moteur qui équipe la Simca Abarth 2000 GT. La roue de secours faisant office de partie centrale du pare-chocs avant s’est imposée parce qu’il fallait bien caser les radiateurs de liquide de refroidissement et d’huile quelque part! Elle atteint 240 km/h en pointe.

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Certainement l’une des plus belles Abarth… le coupé 2400 est dessiné par Giovanni Michelotti et carrossé chez Allemano. Datant du début des années 60, il représente alors une incursion de la marque dans le grand tourisme.

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Les lignes inimitables de la Lancia Stratos ont été réactualisées. Signée Bertone, l’originale a remporté le titre mondial des rallyes en 1974, 75 et 76. La version contemporaine est motorisée par un V8 Ferrari (celui de la 430), seuls 25 exemplaires verront le jour. Elle est assemblée à Turin par la société MAT.

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Gio Ponti est l’un des plus grands architectes italiens du 20ème siècle. Outre des bâtiments, du mobilier et différents objets, il s’est également essayé à l’automobile. Son prototype « Linea Diamante », dessiné en 1953, a vu le jour récemment. Moderne pour son époque, les surfaces vitrées latérales présentent une grande surface. Le traitement des volumes n’est pas sans rappeler la… Wendax allemande de la fin des années 40 et les Renault 4, 6 et 16.

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Enfin une voiture électrique qui est cool? La Nobe a vu le jour en Estonie. Elle est disponible en deux versions qui se différencient par leur autonomie (210 ou 260 km) et leur vitesse de pointe (110 ou 130 km/h). Les prix varient de 37.000 à 47.000 €… pas donné mais très original! Esthétiquement, elle rappelle une Frisky Family Three anglaise de 1958 qui aurait croisé une Saab 93. (Texte: Dimitri Urbain – Photos: DU et BL)

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Lifestyle: Volvo fait son show à Nieuport durant tout l’été

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Volvo Cars a inauguré ce samedi 14 juillet son premier show-room temporaire sur la digue de Nieuport. The Volvo pop-up show-room permet aux promeneurs et vacanciers de découvrir les dernières nouveautés de Volvo dans un environnement atypique.

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La structure temporaire se compose d’un show-room de 135 m² au sein duquel les visiteurs peuvent découvrir, tout en sirotant un rafraîchissement, la Volvo XC40, Voiture de l’Année 2018, ainsi que la toute nouvelle Volvo V60, mise à l’honneur sur la terrasse de 120 m². Situé entre la Hendrikaplein et la Loodswezenplein, The Volvo pop-up show-room est accessible tous les jours de 13 heures à 20 heures jusqu’au 31 août compris.

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Parallèlement, Volvo expose une V90 dans une Jewelbox positionnée à la vue de tous, au centre du rond-point Albert-I-Laan, à hauteur de la Lombardsijdestraat.

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Nieuport est la première halte d’une tournée belge pour Volvo Cars. Le show-room temporaire sera ensuite déplacé vers d’autres lieux soigneusement sélectionnés au cours des 18 prochains mois. Au total, ce sont onze villes réparties équitablement entre chaque province belge qui auront été visitées d’ici décembre 2019.

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Blue & Orange, ou les couleurs Gulf aux 24 heures du Mans

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A l’occasion des 50 ans de la première victoire mancelle d’une voiture aux coulers du pétrolier Gulf, le Musée des 24 heures du Mans ont organisé une petite retrospective avec quelques modèles emblématiques ayant écrit la légende de ces célèbres couleurs. Celle-ci se tient jusqu’au 23 septembre 2018.

C’est pourtant au printemps 1966 que Grady Davis, un américain vice-président de la Gulf Oil Corporation, débarque à Slough, au sud de l’Angleterre pour venir choisir sa Ford GT40. Il rencontre John  Wyer, à la cinquantaine bien entamée, et qui ne se laisse pas impressionner par ce Ricain un peu trop sûr de lui à son goût.

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Et pourtant… après quelques minutes, les deux hommes se comprennent et si les modalités concernant la GT40 achetée par Davis sont vite réglées, les deux hommes entament une conversation autour de l’engagement des GT40 en Championnat du Monde des Marques. Les tensions sont vives chez Ford et la victoire des Américains cette année-là au Mans ne va rien arranger. Wyer est déjà à la recherche d’un nouveau défi et l’occasion est belle puisque le patron de la Gulf cherche à mettre davantage ses couleurs en évidence via le sport automobile.

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Quand la Mirage redevient GT40

Ainsi naît la structure JW Automotive Engineering (des initiales de John Wyer et de son associé John Willment), qui deviendra par la suite John Wyer Automotive Engineering (JWAE). La première apparition mancelle de cette nouvelle entité a lieu en 1967, avec une version allégée au toit surbaissé de la Ford GT40, et baptisée Mirage M1. Après un double abandon, l’équipe se voit contrainte de déliasser cette voiture suite à la limitation à trois litres de la cylindrée des prototypes. John Wyer se rabat alors sur la Ford GT40, homologuée quant à elle en catégorie Sport. La légende est en marche…

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… avec deux victoires consécutives aux 24 Heures du Mans. En 1968, la course est reportée à la fin du mois de septembre et, de ce fait, constitue la dernière manche du Championnat du Monde des Marques. Largement dominatrice, la Ford GT40 de Pedro Rodriguez et Lucien Bianchi remporte la course, offrant du même coup un troisième titre mondial consécutif à Ford. Puis, en 1969, le même châssis, cette fois aux mains de Jacky Ickx et Jackie Oliver, signe une victoire d’anthologie. Parti bon dernier après avoir marché vers sa voiture en signe de protestation contre le départ en épi, Jacky Ickx arrache dans le tout dernier tour de course la victoire à la Porsche 908 de Hans Herrmann!

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Pas de victoire pour la 917 Gulf

Pour 1970, John Wyer remise la Ford GT40 et devient partenaire de Porsche et de sa 917… une voiture malheureusement absente de cette rétrospective, les organisateurs ayant choisi d’exposer une version « Martini » de la 917 LH. Heureusement, Le Rédacteur Auto est futé et il vous en a dégoté une dans le Village commercial.

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Les longues queues (LH) ne s’imposeront jamais au mans, pas plus que les 917 K aux couleurs Gulf. Mais elles resteront néanmoins dans l’histoire puisque, lors des essais préliminaires d’avril 1971, où le Britannique Jackie Oliver, victorieux en 1969, atteint la vitesse de pointe record de 386 km/h. Deux mois plus tard, en qualifications, Pedro Rodriguez, vainqueur en 1968, réalise la pole position en 3’13 »9, à plus de 250 km/h de moyenne.

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En fait c’est grâce au cinéma que la Porsche 917 aux célèbres couleurs de Gulf va l’emporter aux 24 Heures du Mans par la grâce de Steve McQueen et de son film « Le Mans », produit par le comédien et tourné pendant l’édition 1970. La 917 bleu ciel et orange signe même un doublé, grâce à Paul-Jacques Dion (interprété par le comédien et cascadeur français Jean-Claude Bercq) et Michael Delaney (Steve McQueen). Ce film-culte participera énormément à la légende de Gulf en Sport Automobile!

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Après les victoires mancelles de la Ford GT40 (1968-1969) et les records de la Porsche 917 (1970-1971), la réglementation technique des prototypes trois litres ramène John Wyer et l’équipe Gulf aux sources de ses châssis Mirage, qui étaient ceux de leur première apparition mancelle commune en 1967.

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Moins d’argent mais la victoire

C’est aussi un nouveau départ pour l’équipe, qui prend le nom de Gulf Research. A sa tête, on retrouve John Horsman, l’homme qui avait fait de la Porsche 917 K la machine à gagner de 1970 et 1971, mais John Wyer, à l’époque âgé de 63 ans, est toujours présent.

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L’ingénieur britannique Len Bailey dessine la Mirage M6, équipée du moteur V8 Ford-Cosworth 3 litres dominateur en Formule 1 depuis 1968. Mais après des débuts difficiles, l’équipe renonce aux 24 Heures du Mans 1972. Gulf fait donc son retour dans la Sarthe en 1973, mais les deux M6 sont contraintes à l’abandon.

En 1974, les Mirage M6 sont rebaptisées Gulf GR7. Après le départ de son adversaire principal Ferrari, qui a décidé de reconcentrer ses forces sur la Formule 1, Matra domine les 24 Heures et remporte une troisième victoire consécutive. Alors que le constructeur français termine vainqueur et troisième, la Gr.7 du duo britannique Derek Bell-Mike Hailwood rallie l’arrivée en quatrième position.

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En 1975, le départ à la retraite de Grady Davis, Vice-Président de Gulf et initiateur de l’arrivée des couleurs bleu ciel et orange de la compagnie pétrolière en endurance en 1967, a pour conséquence une réduction drastique du budget alloué à la compétition, à une époque où le monde subit encore le contrecoup du choc pétrolier de 1973. John Wyer et John Horsman parviennent toutefois à convaincre Gulf de financer la participation de deux voitures aux 24 Heures du Mans. Ce sera pour Gulf Research un superbe chant du cygne.

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Encore et toujours Jacky Ickx

Matra est parti préparer son arrivée en Formule 1 avec Ligier, tandis que Renault-Alpine et Alfa Romeo, les duellistes du Championnat du Monde des Marques 1975, ont renoncé au double tour d’horloge sarthois. Les deux nouveaux prototypes Gulf Gr.8, toujours propulsés par le V8 Ford-Cosworth, terminent sur le podium des 24 Heures. Associés pour la première fois dans la Sarthe, Jacky Ickx et Derek Bell remportent la première de leurs trois victoires en duo. « Jacky est probablement le meilleur coéquipier avec lequel j’ai jamais piloté, raconte aujourd’hui Derek Bell. Lorsque je reprenais le volant de la voiture, je la retrouvais aussi bonne que lorsque je l’avais quittée. J’ai toujours eu une grande admiration et un énorme respect pour lui. »

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Le Belge et le Britannique retrouvent sur le podium leurs compagnons d’écurie Vern Schuppan et Jean-Pierre Jaussaud, troisièmes. De 1968 à 1975, huit vainqueurs des 24 Heures du Mans ont porté la livrée bleu ciel et orange de Gulf : Richard Attwood, Derek Bell, Lucien Bianchi, Jacky Ickx, Jean-Pierre Jaussaud, Jackie Oliver, Pedro Rodriguez et Vern Schuppan. Ils cumulent 18 victoires sarthoises.

Par la suite, on a retrouvé les couleurs de Gulf au Mans à de nombreuses reprises ces deux dernières décennies, grâce notamment à Sir Lindsay Owen-Jones, actuel Président de la Commission Endurance de la Fédération Internationale de l’Automobile, et aussi à Aston Martin Racing, avec une victoire de catégorie aux 24 Heures du Mans 2008. Mais les années 1967-1975 restent encore aujourd’hui la période pionnière, celle où s’est définitivement forgée la légende en bleu ciel et orange.

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Des couleurs légendaires

Conscients des faibles retombées publicitaires enregistrées par les pétroliers (BP notamment) dans leurs précédentes opérations publicitaires, Wyer et Davis décident de décorer entièrement les voitures aux couleurs Gulf plutôt que de charger une carrosserie anonyme de stickers de la marque ce qui est véritablement révolutionnaire à l’époque.

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Toutefois, le bleu sombre de Gulf n’est pas très excitant et ce seront les couleurs de la Wilshire Oil (bleu ciel/orange), une société récemment acquise par le groupe qui seront retenues. Ce sera le coup de génie! Le temps n’est pas encore aux audaces graphiques, du moins en Europe, et la plupart des concurrents restent fidèles aux couleurs nationales. Dans un paysage un peu terne, les voitures de Wyer ne passeront jamais inaperçues et leurs couleurs, mais aussi la qualité de leur préparation en feront des modèles à part. Le succès aidant, Gulf devient rapidement un label plus qu’un annonceur et la majorité des chroniqueurs, peu complaisants pour les publicitaires, n’hésiteront jamais à parler de « Ford Gulf » ou de « Gulf Porsche » pour les différencier de leurs concurrentes souvent moins glorieuses.

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Sources:

https://www.caradisiac.com/GULF-AU-MANS-Couleurs-mythiques-page-50525.htm

https://www.lemans.org/fr/news/gulf-1967-1975-1-les-annees-ford-gt40/45667