72 équipages sont attendus au départ des 24 heures de Francorchamps

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Avec une liste phénoménale d’engagés comprenant 72 voitures, les 24 Heures de Francorchamps 2019 confirment leur statut de plus grande course de GT au monde. La grille de départ attendue marque un nouveau record pour l’ère GT de l’épreuve avec pas moins de onze constructeurs prestigieux représentés. De quoi démontrer une fois encore le rayonnement international de cet événement majeur, programmé cette année du 25 au 28 juillet.

Épreuve-phare à la fois de la Blancpain GT Series Endurance Cup et de l’Intercontinental GT Challenge, la grille accueillera de nombreuses équipes et des pilotes dont la réputation internationale n’est plus à faire. Ainsi, pas moins de 36 équipages seront engagés dans la catégorie reine (Pro), une bonne partie d’entre eux recevant le soutien officiel d’un constructeur pour cette course la plus importante de la saison.

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Tous veulent briller lors de la course GT la plus disputée et la plus difficile à remporter. Les catégories Silver Cup, Pro-AM et Am Cup ne sont pas en reste et assureront elles aussi leur part du spectacle tout au long de ce double tour d’horloge. De plus, 28 voitures – représentant huit constructeurs – revendiqueront la victoire dans ce troisième rendez-vous de l’Intercontinental GT Challenge, soit huit de plus que le record précédent.

Avec une telle liste des engagés, l’édition 2019 des Total 24 Hours of Spa promet d’être une fois encore la référence absolue dans les courses d’endurance pour voitures de Grand Tourisme.

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ASTON MARTIN (VANTAGE AMR GT3)

  • La prestigieuse marque britannique représentée dans les quatre catégories
  • La nouvelle Vantage AMR prête à affronter le Circuit de Spa-Francorchamps
  • 6 engagés : 3 Pro | 1 Silver Cup | 1 Pro-Am | 1 Am Cup

La marque britannique Aston Martin, qui n’a plus gagné les Total 24 Hours of Spa depuis 1948, présente une nouvelle voiture cette année et trois Vantage AMR seront engagées en Pro pour viser la victoire. R-Motorsport alignera deux bolides avec notamment le héros local, et vainqueur en 2016, Maxime Martin. L’équipe Garage 59, passée dans le clan Aston Martin depuis cette année, présentera une troisième Vantage AMR de pointe ainsi qu’un équipage visant la victoire en Am Cup. La marque sera aussi représentée en Silver Cup par une troisième voiture R-Motorsport et en Pro-AM grâce à l’équipe Oman Racing with TF Sport.

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AUDI (R8 LMS GT3)

  • Les poids lourds du GT visent la gloire aux Total 24 Hours of Spa
  • Quatre voitures soutenues par le constructeur, toutes engagées en Intercontinental GT Challenge
  • 11 engagés : 6 Pro | 3 Silver Cup | 1 Pro-Am | 1 Am Cup
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

En terme de force de frappe, Audi entend bien être la référence cette année. Six équipages Pro disputeront le double tour d’horloge, dont quatre engagées aussi en Intercontinental GT Challenge avec un support officiel. La marque aux anneaux sera représentée dans toutes les catégories avec trois R8 LMS en Silver Cup, une en Pro-Am et une en Am Cup. Audi est la seule marque à être montée sur le podium lors de chaque édition depuis le lancement de la Blancpain GT Series en 2011. Avec une telle implication, on comprend que le but est de poursuivre la série en cours.

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BENTLEY (CONTINENTAL GT3)

  • Quatre équipages Pro confirmés pour fêter le centenaire de la marque
  • M-Sport mène l’attaque en Pro, le Team Parker Racing aligné en Pro-Am
  • 5 engagés : 4 Pro | 1 Pro-Am
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

L’année de son centenaire, Bentley lancera un véritable assaut sur les Total 24 Hours of Spa. La marque britannique élargira en effet son implication à quatre Continental GT3 en Pro, toutes alignées par l’équipe M-Sport. À leurs volants, un mix de pilotes confirmés et de jeunes talents. Anciens vainqueurs, Jules Gounon (sur la #107) et Markus Palttala (sur la #108) seront parmi eux. En outre, Bentley sera aussi représenté en Pro-Am par le Team Parker Racing pour essayer de fêter en fanfare son anniversaire.

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BMW (M6 GT3)

  • La marque qui détient le record de victoires à Spa en veut encore plus
  • Des vainqueurs potentiels dans les catégories Pro et Am Cup
  • 5 engagés : 2 Pro | 3 Am Cup
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

Les exploits de BMW en sport automobile seront à jamais liés à Spa. Déjà très active dans l’ère des voitures de tourisme, la marque bavaroise détient en effet le record du nombre de victoires (24) après avoir accroché trois autres succès depuis le passage de l’épreuve aux GT en 2001. Pour augmenter ce chiffre déjà remarquable, deux M6 GT3 seront alignées par les tenants du titre Walkenhorst Motorsport et par le Team Schnitzer, officiellement soutenu par l’usine. trois autres bavaroises engagées en Am Cup feront en sorte de faire de BMW à nouveau un acteur majeur de l’épreuve ardennaise.

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FERRARI (488 GT3)

  • Une présence plus importante en Pro pour la marque de Maranello, qui vise de nouveau la gloire
  • Les très populaires 488 GT3 présentes dans toutes les catégories
  • 10 engagés : 3 Pro | 1 Silver Cup | 3 Pro-Am | 3 Am Cup
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

Ferrari accentue son implication cette année alors que la marque vise une première victoire aux Total 24 Hours of Spa depuis 2004. Après sa victoire de Silverstone, l’équipe SMP Racing a placé ses pilotes en tête du classement provisoire de la Blancpain GT Series Endurance Cup. L’équipe battant pavillon russe sera rejointe dans la catégorie Pro par une 488 GT3 AF Corse et par une voiture de HubAuto Corsa  (équipe lauréate des Californian 8 Hours en Intercontinental GT Challenge). Comme toujours, le Cheval Cabré sera très populaire dans les différentes catégories avec trois modèles en Pro-Am et autant en Am Cup, sans oublier l’exemplaire du Rinaldi Racing engagé en Silver Cup.

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HONDA (NSX GT3 EVO)

  • Honda vise la victoire dans le cadre de son programme en Intercontinental GT Challenge
  • Jenson Team Rocket RJN pour représenter la marque en Silver Cup
  • 2 engagés : 1 Pro | 1 Silver Cup
  • 2 voitures en Intercontinental GT Challenge

Après un retour l’an dernier dans la catégorie Pro-Am, Honda franchit un palier cette année en visant la victoire lors des Total 24 Hours of Spa. Dans le cadre de son engagement en Intercontinental GT Challenge, la marque japonaise alignera sa NSX GT3 Evo en version 2019 en Pro pendant qu’une deuxième voiture visera le podium en Silver Cup avec le Jenson Team Rocket RJN, habitué de la Blancpain GT Series Endurance Cup.

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LAMBORGHINI (HURACAN GT3 EVO)

  • La marque italienne revendique un premier succès avec un trio d’équipages en Pro
  • Une forte présence en Silver Cup, d’autres candidats en Am Cup
  • 11 engagés : 3 Pro | 5 Silver Cup | 3 Am Cup

Lamborghini a démontré une impressionnante régularité en Endurance Cup cette année. Nouvelle venue, l’équipe Orange 1 FFF Racing Team est montée sur le podium lors des trois premiers rendez-vous et elle mène le classement des équipes avant l’épreuve ardennaise. La formation chinoise alignera deux Huracan GT3 Evo en Pro alors que le Grasser Racing Team ajoute un troisième vainqueur potentiel pour le constructeur italien. La marque est aussi bien représentée dans les classes, particulièrement avec ses cinq modèles en Silver Cup. Trois autres Huracan viseront la victoire en Am Cup.

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LEXUS (RC F GT3)

  • La RC F GT3 revient à Spa après de bons débuts en 2018
  • Tech 1 Racing engagé en Am Cup avec Fabien Barthez parmi les pilotes
  • 1 voiture en Am Cup

Lexus sera de nouveau au départ des Total 24 Hours of Spa, cette fois grâce au programme mis sur pied par l’équipe française Tech 1. Parmi les pilotes engagés en Am Cup, on retrouvera l’ex-champion du monde de football Fabien Barthez, de retour sur la classique belge. Le rythme affiché par la RC F GT3 à Spa l’an dernier devrait en faire une des candidates à la victoire dans sa catégorie en 2019.

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MERCEDES-AMG (AMG GT3)

  • Plusieurs ex-champions et d’anciens vainqueurs de Spa parmi des équipages cinq étoiles
  • La marque allemande vise la victoire pour la dernière année de son AMG GT3 actuelle
  • 10 engagés : 6 Pro | 2 Silver Cup | 2 Pro-Am
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

En termes de stars au départ, Mercedes-AMG ne manquera pas d’attirer les regards cette année. Les six voitures engagées en Pro seront pilotées par deux ex-vainqueurs des Total 24 Hours of Spa et de nombreux champions de la Blancpain GT Series ou de l’Intercontinental GT Challenge. La marque sera aussi représentée par deux voitures en Silver Cup – dont les leaders actuels de la catégorie AKKA ASP – et deux bolides en Pro-Am.

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NISSAN (GT-R NISMO GT3)

  • L’équipe KCMG basée à Hong Kong présente avec deux équipages
  • La marque japonaise vise son premier succès depuis 1991 et le triomphe de la Skyline R32 GT-R
  • 2 engagés en Pro
  • 2 voitures en Intercontinental GT Challenge

Nissan revendique sa première victoire aux Total 24 Hours of Spa depuis 1991 avec deux voitures engagées dans la catégorie Pro. Deux GT-R NISMO GT3 seront alignées par l’équipe KCMG, le champion 2015 de l’Endurance Cup Katsumasa Chiyo faisant partie d’une solide brochette de pilotes. Ayant égalé son meilleur résultat de l’ère Blancpain GT Series en 2018 (une 7e place), la marque visera plus haut encore cette année dans le cadre de son implication dans l’Intercontinental GT Challenge.

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PORSCHE (Porsche 911 GT3 R)

  • La marque de Stuttgart renforce son implication dans l’épreuve belge avec 6 équipages en Pro
  • De nombreux pilotes d’usine dans les équipages
  • 9 engagés : 6 Pro | 3 Pro Am Cup
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

Porsche visera un septième succès à Spa (et un premier depuis 2010) avec une implication renforcée. Pas moins de six 911 GT3 R revendiqueront la victoire au classement général dans les Ardennes. Après sa victoire lors de la première course de la Blancpain GT Series cette année à Monza, le marque allemande arrivera avec des ambitions renforcées. De très nombreux pilotes officiels ont d’ailleurs été réquisitionnés, dont les ex-vainqueurs Romain Dumas et Laurens Vanthoor. De plus, un trio de Porsche revendiquera aussi la plus haute marche du podium en Pro Am Cup cette année.

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Analyse : Le Mans 2019 : oui, il fallait y être !

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Avec 62 voitures au départ des premiers essais libres du mercredi soir, la classique mancelle affichait un fameux plateau ! 

Comme chaque année, nous avons vécu la semaine mancelle en intégralité et comme chaque année, on a hâte d’y retourner. Parce que les 24 Heures du Mans est une course inimitable. Comme toujours, on patiente difficilement jusqu’aux premiers essais libres du mercredi en fin d’après-midi mais dès les premiers hurlements de moteurs, on oublie tout et on se plonge avec ferveur au cœur de la course. On analyse les premiers chronos, on guette les premières fautes, on se laisse happer par l’atmosphère unique de la plus grande course d’endurance au monde.

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Lors du pesage, les prototypes envahissent le centre-ville dans une amabiance décontractée…

Une course contre la montre qui débute, pour les équipes et les pilotes, dès les opérations de pesage le week-end précédant l’épreuve. L’occasion d’y découvrir les dernières décorations et quelques surprises concernant les équipages. Cette année, c’est Rebellion qui fait parler d’elle avec des graffitis fluo venus recouvrir les carrosseries des deux LMP1 motorisées par des Gibson 4.5 V8. Loin de la sobriété des habillages habituels de l’écurie helvétique, ces robes vulgaires allaient de pair avec les véhicules vus à la parade des pilotes du vendredi (une Mc Laren, une vieille Cadillac…) et manquant totalement de bon goût. De bon goût, il en est heureusement question chez Dragonspeed dont la BR LMP1, arbore les célèbres couleurs de Gulf. Malheureusement, cette jolie voiture sera la première à abandonner en course, victime de sa boîte de vitesses.

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Des couleurs qui ravivent des souvenris chez les nostalgiques pour les Ford GT.

Les autres surprises viennent du GT avec la première apparition des Ford dans leurs nouvelles couleurs alors qu’on penche personnellement pour les deux Ferrari 488 GTE aux couleurs de l’horloger Hublot et engagées en AM par le Kessel Racing. Les pilotes ont encore le sourire, le public est discipliné et essentiellement local parce que les Anglais n’ont pas encore envahi les rues du Mans.

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Au raccordement, la diférence entre les GTE PRO et les LMP2 est souvent gommée. 

Mes endroits-fétiches

Mercredi, les choses sérieuses débutent à 16h avec la seule séance d’essais libres proposées aux écuries qui avaient, il faut le dire, déjà foulé la piste au début du mois de juin pour une journée d’essais préliminaires. Nos postes d’observations privilégiés sont la première chicane des Hunaudières où l’on a le nez sur la zone de freinage avant de voir les bolides s’enfiler la chicane à fond les ballons. On aime aussi beaucoup le virage d’Indianapolis où les meilleurs retardent au maximum leur freinage et se retrouvent ainsi en plein appui à la sortie du droit de la forêt avant de plonger dans ce virage en banking et qui explique son nom. Un vrai piège qui fait toujours des victimes au cours de ce long week-end. Enfin, sur la butte extérieure du virage Porsche, au cœur d’un camping occupé par des fans anglais, on apprécie à sa juste valeur les différences de performances entre les prototypes et les GT, celles-ci étant obligées de couper la trajectoire pour aller chercher le virage du Pont. Moments chauds garantis ! Enfin le virage du raccordement, juste avant la ligne droite des stands, est toujours indicatif du peu de différence, dans le serré, entre les GTE PRO et les LMP2. Si le proto n’a pas doublé la GT avant de plonger dans ce double S, il sera à peine gêné jusqu’à la ré-accélération tant les GT sont rapides en courbes.

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Embouteillages à la sortie des stands en attendant le feu vert pour la première séance de qualification.

Comme toujours certains se distinguent durant cette première séance à l’image de Tracy Krohn, un richissime américain de 64 ans qui vient plier des caisses chaque année au Mans. Cette fois, il est sorti très fort dans les Hunaudières avec sa Porsche 911 RSR préparée chez Dempsey-Proton. Il ne recevra pas l’autorisation de prendre le départ pour raisons médicales et c’est probablement mieux ainsi. On sent que les voitures prennent de la vitesse au fur et à mesure que les pilotes sont en confiance mais la météo n’est pas prometteuse pour la première séance de qualifications disputée entre 22h et minuit. La luminosité se réduit lentement et les premiers chronos s’affichent. On se gave du hurlement des Porsche 911 et du gros ronronnement des Corvette. Les LMP1 privées et les LMP2 assurent la musicalité d’une course de bagnoles au contraire des Toyota TS050 Hybrid toujours aussi désespérément aphones. C’est logiquement l’une d’elles qui signe le meilleur chrono de cette première séance en 3’17 »161 par Mike Conway. L’Anglais sera par la suite coupable d’un accrochage avec l’Oreca #31 qui redémarrait après un tête-à-queue dans la chicane du Raccordement. Signe avant-coureur ? la #8 d’Alonso n’est que 4e derrière deux LMP1 privées.

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Stoffel Vandoorne a découvert l’ambiance unique des 24 heures du Mans et au vu de sa belle troisième place finale, on peut dire qu’il a apprécié!

Logique respectée

Heureusement, les choses reviennent dans l’ordre le jeudi lors des deux dernières séances qualificatives. Les Toyota assurent le doublé sur la première ligne. C’est le japonais Kamui Kobayashi qui a signé le meilleur tour en 3’15’’497 au volant de la #7. La monture d’Alonso pointe alors à 0″400  tandis que la BR #17 du SMP Racing prend la troisième place avec un chrono de 3’16’’159. En LMP2, c’est l’Oreca #28 du TDS Racing qui est la meilleure avec un temps de 3’25’’345. On signalera encore la belle pole position d’une Aston Martin Vantage AMR en GTE PRO mais pas celle de Maxime Martin. Malheureusement, cela leur vaudra une mise à niveau de la BoP juste avant la course ce qui allait réduire toutes les chances des bolides anglais durant l’épreuve.

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La parade du vendredi après-midi tente de mettre l’ambiance…

Les moteurs se taisent jeudi soir, sur le coup de minuit et le calme envahit à nouveau la piste pour quelques heures. On rentre tard du circuit parce qu’il y a des embouteillages au stade MMA et cela nous met déjà dans l’ambiance de la longue nuit mancelle. Le vendredi, la traditionnelle parade prend ses quartiers au centre du Mans mais force est d’avouer que celle-ci tourne de plus en plus à la foire régionale. Cela manque de rythme, de fantaisie, les spectateurs s’ennuient très vite et les commerces locaux n’y ont vraiment pas leur place, pas plus que l’école de coiffure. C’est regrettable de gâcher un si bel outil qui pourrait s’inspirer, par exemple, de la caravane du Tour de France. Quoi qu’il en soit, la longueur de cette manifestation est définitivement exagérée…

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Si les pilotes apprécient ce moment de communion avec le public, celui-ci doit se montrer très patient tant la parade tire en longueur.

En revanche, quelle ambiance dans les petites rues mancelles une fois la nuit tombée ! La musique est partout, les DJ d’un soir envahissent les balcons de certaines habitations et la jeunesse fait la fête. Nos amis anglais ne sont pas les derniers à boire des bières mais il ne faut pas se laisser piéger, le week-end est encore long et il faut conserver quelques cartouches par devers soi.

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Belle quatrième place de notre compatriote John Wartique dans la course réservée aux Ferrari disputée en annexe des 24 Heures! 

Que retenir de la course ?

La première bonne raison pour se rendre au mans cette année, c’était pour assister à la très belle course de notre compatriote John Wartique en Ferrari Challenge disputée le samedi matin, peu après 10h. Parti 9e, il profitait d’un crash à la première chicane pour jaillir au troisième rang à la sortie de celle-ci. Par la suite, il ne résistait pas à l’Anglais Smeeth et terminait 4e alors qu’il n’avait plus mis les roues sur un circuit depuis 2016. Chapeau l’ami!

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Malgré ses deux boulets d’équipiers russes, Stoffel a ramené la BR Engineering à la troisième place de cette 87e édition des 24 heures du Mans.

Mais revenons à cette 87e édition des 24 Heures du Mans qui ne restera pas dans les annales pour la qualité de son suspense sur la piste mais qui valait, malgré tout, le déplacement. Ne fut-ce que pour profiter, une avant-dernière fois, des LMP1 en piste avant l’arrivée d’une catégorie appelée Hypercar qui nous laisse encore dubitatif, ne serait-ce qu’à cause de l’introduction d’une BoP dans la cartégorie reine. La présence des prototypes sur le grand circuit participe à la légende des 24 Heures. Et personnellement, je ne garde pas un grand souvenir des Mc Laren et autres Porsche GT1. Venir au Mans cette année, c’était avant tout pour assister à la première participation très réussie de Stoffel Vandoorne à bord d’une BR1 avec laquelle il signera une vitesse maximale de 350,1 km/h, le record depuis la création du WEC en 2012! Stoffel y est également pour beaucoup dans la troisième place de la LMP1 #11 à l’arrivée, la seule LMP1 privée à avoir passé moins d’une heure au stand.

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Grâce au solide début de course de Nicolas Lapierre qui a enchâioné cinq relais (!) l’équipe Alpine n’a jamais réellement douté de la victoire finale en LMP2.

En LMP2, la course s’est rapidement circonscrite à un duel entre l’Alpine #36 et l’Aurus #26. Auteur de cinq relais consécutifs avec deux trains de pneus Michelin, Nicolas Lapierre a assommé ses adversaires et seuls Jean-Eric Vergne parvenait à s’accrocher aux échappements de la belle bleue. Las, dimanche, vers 9h du matin, l’Oreca rebaptisée Aurus tardait à redémarrer de son stand et abandonnait là toute chance de victoire. L’Alpine ne demandait pas son reste et s’en allait cueillir une nouvelle victoire mancelle (la 3e en 4 ans) tandis que Lapierre remportait ses quatrièmes lauriers manceaux en LMP2. Avec huit voitures dans le Top10, Oreca a, une nouvelle fois, démontré qu’elle était bel et bien la marque immanquable lorsqu’on veut s’imposer au Mans.

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La victoire de Ferrari dans la catégorie GTE PRO aura mis du baume au coeur de tous les tifosis… 

Vive les GT !

De spectacle, il en fut heureusement question en GTE PRO. Comme l’an passé, on a eu droit à un affrontement royal entre six constructeurs. Enfin, quatre parce qu’une nouvelle fois, Aston martin et surtout BMW, ont été inexistants. En signant la pole position lors des qualifications, la marque de Gaydon a peut-être entraîné la fin de ses espoirs puisque la BoP était rectifiée avant le départ. Résultat : les jolies Vantage AMR voyait la capacité de leur réservoir réduite de 2 litres tout en étant obligée de baisser leur pression de turbo de 0,03 bar. Des pénalités qui auraient entraîné la dégradation précoce des pneus. De là à expliquer la sortie d’Alex Lynn, l’équipier de Maxime Martin, à la sortie des virages Porsche peu après minuit ou encore celle, très violente, de Sorensen à Indianapolis…

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Si elles parviennent à tirer les marrons du feu aux USA, les BMW M8 n’ont jamais eu voix au chapitre au Mans. Elles ne seront plus là en 2020. 

Chez BMW, c’est encore pire. Pour sa dernière participation au WEC, la firme bavaroise n’a jamais joué les premiers rôles. Les M8 ont ainsi tiré leur révérence en toute modestie. Autre marque appelée à disparaître de la Sarthe l’an prochain, Ford a tenté de résister jusqu’au bout mais depuis sa victoire en 2016, jamais plus la GT américaine n’a été autorisée à jouer franchement la tête. La faute à un concept en totale opposition avec l’esprit de la catégorie à savoir, une voiture conçue pour la piste devenue par après une voiture de route. Voir ces jolies américaines se démener sur la piste pour garder le train des meilleurs aura, une nouvelle fois, participé à la légende des 24 Heures surtout la nuit, où leur éclairage personnalisés fait fureur.

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Jolies, les Ford GT n’ont jamais pu gommer les désavantages de la BoP pour jouer avec leurs petits camarades.

Ce sont donc trois marques qui auront eu l’espoir de l’emporter cette année même si Porsche s’est montrée nettement moins à son aise qu’en 2018. Deuxièmes et troisièmes du GT, Lietz-Bruni-Makowecki et Pilet-Tandy-Bamber n’étaient pourtant pas les plus rapides du clan Porsche. En effet, Estre, Christensen et notre compatriote Laurens Vanthoor, vainqueurs en 2018, étaient à nouveau les mieux affûtés mais un soucis d’échappement dans la nuit condamnait définitivement la #92. L’an prochain, on devrait voir apparaître une 911 RSR Evo qui mettra malheureusement fin à la sonorité stridente du modèle actuel…

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C’est l’équipage Lietz-Bruni-Makowiecki qui signe la deuxième place de Porsche en GTE PRO.

Restaient alors la Corvette C7.R de Garcia-Magnussen-Rockenfeller et la Ferrari 488 GTE EVO de Calado-Pier Guidi-Serra. Loin d’être la plus véloce, la belle italienne parvenait à se maintenir dans le groupe de tête en évitant certains vibreurs et en étant toujours bien placée lors des sorties des voitures de sécurité. Mais c’est une erreur de Jan Magnussen dans les virages Porsche, à bord de la Corvette #63 qui mettra fin au combat, peu avant midi. Pour la vieillissante Corvette C7.R, il s’agissait également d’une dernière représentation puisqu’elle sera remplacée par la C8 au moteur central arrière, un V8 biturbo qui sonnera le glas du V8 rageur. La fin d’une époque.

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C’est toujours un pure bonheur de voir les prototypes de jouer des GT dans la nuit. Un jeu d’équilibriste où certains brillent plus que d’autres.

 

Voilà pour le bilan de cette édition 2019. Le public ne s’y est pas trompé et même si l’ACO annonce encore 252.500 spectateurs, on a eu le sentiment, toute la semaine, d’une certaine tranquilité. Les campings se remplissent plus tard, les danois ne sont plus là, l’ambiance est un peu retombée autour du circuit. Mais Le Mans ne meurt jamais et même s’il faut encore vivre une année de transition en 2020, on peut déjà rêver d’une belle affiche au sommet pour l’année suivante entre Aston Martin et Toyota… en attendant les autres.

 

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Le ballet parfaitement orchestré des mécaniciens aux stands fait également partie de la magie des 24 heures du Mans!

Salon de Genève 2019: Le grand écart par Dimitri Urbain

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Beaucoup de marques absentes à genève mais l’espace ainsi libéré était bien caché. (Photo: BL)

Rendez-vous annuel printanier du gratin de l’automobile mondial, le salon de Genève est un évènement à nul autre pareil et l’édition 2019 ne faillit pas à la tradition. D’invraisemblables supercars de plus de 1.000 chevaux y côtoient les futures citadines à succès que ne manqueront pas d’être la nouvelle Peugeot 208 et la Renault Clio V. Pas moins de 152 premières mondiales et européennes y sont dévoilées!

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La Clio V faisait la belle sur le stand Renault mais les électriques restaient en embuscade.

Bien évidemment, ce sont les nouveautés électriques (à défaut d’être électrifiantes…) et les SUV (et souvent une combinaison des deux…) qui se taillent la part du lion. Les constructeurs rivalisent d’ingéniosité afin de négocier le virage de l’électrification et séduire les acheteurs potentiels. Nous vous proposons une visite en image, certes non exhaustive mais parsemée de coups de cœur à l’attention des passionnés.

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Evolution…

La tendance déjà établie lors de salons précédents (Francfort, Paris et Genève) semble s’accentuer : les constructeurs boudent cette formule. Ford, MINI, Hyundai, Opel, Volvo, Jaguar, Land Rover, Lotus et Alpine ont fait l’impasse! Selon ces constructeurs, les coûts engendrés seraient trop élevés pour un retour trop faible. Certains préfèrent une formule genre « Salon Privé », comme à Londres ou Turin, où le prix d’entrée permet une « sélection » des visiteurs et n’attire que des clients potentiels fortunés. Néanmoins, Genève continue d’attirer des artisans, petits constructeurs et carrossiers qui trouvent là une vitrine unique en Europe.

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Efficace et élégante, la F8 Tributo est une actualisation très évoluée de la 488. (Photo: DU)

Commençons avec quelques réussites:

La Ferrari F8 Tributo est la remplaçante de la 488, elle-même déjà une 458 revue et corrigée. Son esthétique est toujours aussi réussie et ici aucune aide électrique pour parvenir aux 710 ch… une puissance proche d’une certaine Mc Laren 720S. Son moteur est le V8 de 3900 cm3 dont la puissance est identique à celle de la 488 Pista. Le double turbo ne souffre, selon la marque, d’aucun temps de réponse et le 0 à 100 km/h est balayé en moins de 3 secondes! L’aérodynamique a été particulièrement soignée et l’esthétique n’a pas eu à en souffrir, heureusement. Les ouvertures pratiquées dans le capot moteur transparent sont un rappel de la F40 tandis que les feux arrière s’inspirent eux de la 308 GTB des années 70.

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Le moteur de la F8 Tributo est un V8 gavé par deux turbos qui permet à l’engin de damer le pion à la Mc Laren 720S. (Photo: DU)

L’amélioration du refroidissement des freins assure leur fonctionnement optimal sans devoir recourir à des disques de plus grand diamètre. A 1330 kg à vide, elle a maigri de 40 kg par rapport à une 488 mais reste plus lourde d’environ 50 kg que sa rivale britannique. Les aides électroniques ont été revues également, la dernière version du contrôle de dérapage Ferrari Side Slip Angle Control est bien présente aux côtés du Ferrari Dynamic Enhanced ou FDE+ qui fonctionne désormais sur la position course du manettino et rend la voiture moins brutale dans les situations extrêmes.

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Inspiration 308 GTB pour un arrière nettement différencié! (Photo: BL)

A l’intérieur, le volant a été revu afin d’améliorer les sensations pour le conducteur et un écran tactile de 7’’ prend place dans le tableau de bord. A ses côtés sur le stand, la Portofino et la 812 Superfast continuent de faire rêver nombre d’amateurs.

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Copie quasiment conforme de l’original, le VW Buggy est propulsé par un moteur électrique situé à l’arrière. (Photo: DU)

Le VW Buggy est le descendant direct des célèbres buggies des années 60. A l’époque, il suffisait de récupérer une vieille Coccinelle, de déboulonner la caisse et de fixer une caisse légère pour en faire une voiture de sport capable de passer partout. Il utilise la nouvelle plateforme MEB du groupe, celle de la future ID qui sortira courant de cette année. Il semblerait que le Buggy soit prêt à être produit. Le moteur électrique de 200 ch est monté à l’arrière (comme sur l’original!) et sa vitesse maximale limitée à 160 km/h. La batterie dispose de 62kWh. Les lignes sont immédiatement reconnaissables, avec l’absence de portes latérales et une partie arrière surélevée. Il s’agit d’une stricte deux places dont les passagers sont protégés par un arceau situé à l’arrière. A l’intérieur, peu de choses pour se distraire, les commandes principales sont concentrées sur le volant. Des matériaux durables et faciles d’entretien sont utilisés.

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VW envisage de proposer à différents constructeurs d’utiliser la plateforme du buggy afin d’y poser leurs propres carrosseries. Comme au bon vieux temps! (Photo: DU)

A noter qu’il n’y a pas de radio et qu’il faut emporter son smartphone pour écouter de la musique via une connexion Bluetooth. Comme à la grande époque, VW prévoit également de fournir cette plateforme à des firmes extérieures qui pourront y monter leur propre carrosserie. Celle du prototype est réalisée en matériaux composites.

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Honda se démarque de ses concurrents en proposant une citadine électrique. Quasiment définitive, elle s’inspire des petites N600 et 800 des années 70.

La Honda e Prototype est très proche de la future citadine électrique du constructeur nippon. Celui-ci n’a pas choisi la facilité car l’intégration des batteries n’est pas des plus aisées dans un tel petit format. Il s’agit ici d’une version à cinq portes du prototype présenté en 2017. Certes, ses performances sont limitées, tout comme son autonomie, avec 200 km environ. Elle est l’illustration d’un retour en forme de Honda, dont les ventes se réduisent d’année en année sur le marché européen. Annoncée aux environs de 35.000 €, la e pourra-t-elle inverser cette tendance?

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A l’avant, les phares très effilés de l’Alfa Romeo Tonale font immédiatement penser à la 159. (Photo: DU)

L’Alfa Romeo Tonale vient renforcer la gamme SUV du constructeur italien, se plaçant sous le Stelvio. Certaines rumeurs la présentent comme la remplaçante de la Giulietta. Son design est élégant et les phares font immédiatement penser à la 159.

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 D’aucuns imaginent que ce dérivé du Jeep Compass remplacera, à terme, la vieillissante Giulietta dans la gamme Alfa Romeo. Sera-t-elle enfin le modèle qui rencontrera un succès de masse plutôt que d’estime? (Photo: DU)

Il s’agit d’un hybride Plug-In, sans nul doute une cousine de la Jeep Compass. Beaucoup d’espoir pèsent sur ses ailes, sera-t-elle enfin le modèle qui pourra faire décoller les ventes?

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 Retour en forme chez Fiat avec ce prototype qui célèbre les 120 ans du constructeur. Les lignes sont élégantes et plutôt réussies. (Photo: DU)

La Fiat Centoventi est un signal positif pour la marque! Et ce n’est pas un SUV… Son nom est une référence aux 120 ans d’histoire de FIAT, jalonnée de nombreuses réussites dans le domaine des petites voitures: de la Topolino à la Panda en passant par la 500 ou encore la 127. Ce prototype est bien évidemment électrique. La peluche de Panda trônant à l’intérieur serait-elle une indication à peine voilée?

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 A l’arrière, différents messages peuvent être affichés, afin d’améliorer la sécurité des usagers, une idée originale. (Photo: DU)
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 La peluche de panda se trouvant à l’intérieur est-elle une indication? Préfigure-t-elle la future Panda électrique? Modulable à souhait, l’habitacle fait immédiatement penser aux solutions ingénieuses et pratiques de la Panda première génération.

La Peugeot 208 reprend les codes stylistiques de ses sœurs 308 et 508 mais dans un format de citadine. Plutôt réussie, elle devrait remporter un beau succès de vente, surtout face à une « nouvelle » Clio qui, à nos yeux, ne se démarque pas suffisamment de la génération précédente.

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 Plutôt réussie, la 208 s’intègre dans la gamme du constructeur français en reprenant différents éléments de ses sœurs comme la signature lumineuse, la forme de la calandre ou des vitrages.

Librairie: Hypercars Ferrari: des témoignages en abondance

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Le tifoso que je suis a toujours beaucoup de mal à découvrir de nouvelles choses à la lecture d’un livre consacré à la marque au cheval cabré. L’ouvrage de l’américain Winston Goodfellow dédié aux supercars de Ferrari est intéressant dans le sens où il retrace l’histoire de la marque mais en insistant sur les modèles les plus exclusifs et ce, dès les premières années d’existence. Cela donne un éclairage original à un récit maintes fois conté.

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Intelligement, l’auteur américain (photo ci-dessus) utilise énormément de témoignages issus de diverses publications. Cela donne un côté vivant à son texte et logiquement, ses références médiatiques proviennent inévitablement de magazines americano-anglo-saxons.

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Selon lui, les origines des supercars italiennes remonteraient à la très exclusive 340 America produite en 23 exemplaires seulement. L’auteur a le bon goût de mêler iconographie d’époque avec des photos plus récentes. On adore les clichés noir et blanc d’autant qu’ils sont parfaitement contre-balancés par des photos couleur qui évitent le côté esthétisant de ces bouquins américians où les voitures sont plus neuves qu’elles ne l’ont jamais été de leur vivant.

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Winston distille également quelques portraits, tout au long du livre, où les hommes qui ont compté dans l’histoire de Ferrari ont droit à leur moment de gloire. Le designer  Sergio Pininfarina mais aussi l’ingénieur Nicola Materazzi ou encore Franco Meiners qui poussera à nouveau Ferrari vers les courses d’endurance tout en étant l’initiateur de la mise en valeur du patrimoine. Ce qui est également intéressant dans ce livre conscré aux hypercars, c’est qu’on y retrouve des photos de toutes les concurrentes des Ferrari. Lamborghini Miura, Maserati Ghibli, Monteverdi 400 SS avant l’arrivée des Porsche 959 et autres Mc Laren F1.

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L’aspect compétition n’est pas absent des 240 pages de l’ouvrage puisqu’on y trouve de longs chapitres consacrés à la 288 GTO Evoluzione, à la F40 LM/GTE ou encore à la F50 GT, la plus rapide de toutes mais qui ne dépassera pas le stade de prototype. Enfin, l’épilogue est à mes yeux, l’un des meilleurs moments du livre parce que l’auteur y regrette la disparition d’un plaisir de pilotage apparu avec la F50. « Bientôt, ces supercars sans âme ne seront rien d’autre qu’un enième appareil, un moyen de transport rapide et non plus les pures bijoux qu’ils furent longtemps – hypnothiques, enthousiasmantes, inoubliables. »

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Librairie: Zagato, chef-d’oeuvre du design chez E.T.A.I.

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Cet ouvrage retrace avec une grande précision l’histoire de la maison milanaise à travers ses nombreuses productions. Une histoire qui débute durant la première guerre mondiale lorsque Ugo Zagato est engagé chez l’avionneur Pomilio. Une belle occasion pour lui de devenir un spécialiste de l’aluminium.

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Il faut alors attendre 1923 pour voir sortir des ateliers de la Carrozzeria Zagato la Fiat 501 Sport « type fuselage » qui marquait l’entrée de l’automobile dans un certain concept de légèreté. Toutes les grandes marques italiennes de cet entre-guerre passèrent des commandes chez Zagato. Mais ce sont essentiellement les victoires des Alfa Romeo dans les grandes courses italiennnes comme les Mille Miglia ou les concours d’élégance de l’époque qui vont véritablement asseoir la légitimité de Zagato.

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Durant la seconde guerre mondiale, l’usine Zagato du Corso Sempione est totalement détruite lors d’un raid de la RAF le 13 août 1943. La reconstruction des bâtiments débute dès la fin de l’année 46 et dès le mois de mai de l’année suivante, Elio, le fils aîné d’Ugo, s’inscrit dans des compétitions à bord d’une Fiat 500 Barchetta.

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Zagato dessine alors des carrosseries très simples pour Fiat, Lancia ou encore MG et dont la signature se marque par un pare-brise panoramique original. En 1949, sur la demande d’Antonio Stagnoli, Zagato se penche sur le châssis 018M d’une Ferrari 166 Coupé et son propriétaire l’aligne dans les Mille Miglia en 1950.

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C’est pourtant Fiat et Alfa qui demeure ses principaux clients dans les années 50 et 60. En 1960, Zagato nous offre la superbe Aston Martin DB4 GT qui demeure l’une des plus belles lignes dans l’histoire de l’automobile. Durant cette décennie, d’autres beautés seront issues des ateliers milanais à l’image de l’Alfa Romeo TZ qui marquera l’apogée de l’arrière de type Kamm, en application des théories aérodynamiques de cet ingénieur allemand des années 30.

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Durant les années 70, on sent l’italien moins inspiré avec beaucoup de modèles discutables et moins de traits de génie à nos yeux. Le déclin est en cours, ou du moins, un virage qui voit Zagato produire moins de voitures pour se concentrer sur l’élaboration de modèles plus exclusifs comme l’Aston Martin V8 Vantage de 1986, produite à 50 exemplaires, ou l’inoubliable Alfa Romeo SZ. A la fin du siècle dernier, Zagato connaît de graves difficultés et ne produit plus que quelques prototypes destinés à des Salons. Andrea Zagato prend la direction des opérations en 1990 et étend les activités traditionnelles de la carrosserie à la fourniture de services de conception et de design, non seulement dans le secteur des transports mais aussi à l’intention de l’industrie en général. La ville de Milan opte ainsi pour l’Eurotram en janvier 2000, dessiné par Zagato.

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Un tournant nécessaire qui a probablement sauvé la firme italienne du désastre. Ces dernières années, Zagato s’est consacrée à la conception de modèles exclusifs mais aussi à la renaissance de voitures disparues ou encore à la consultation à 360° pour la firme chinoise Thunder Power dont elle a tout créé, de son site web à l’habitacle de ses voitures en passant par leurs lignes bien sûr, mais aussi le design du stand lors des salons où la voiture fut exposée! Retrouvez toute cette belle histoire en détails dans l’ouvrage édité chez ETAI et proposé au prix conseillé de 59 euros pour 208 pages.

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