Les 24 Heures de Spa à travers les yeux de Victoria

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Ce samedi 27 juillet, à 16h30, démarre la plus grande course de GT au monde. Avec plus de 70 inscrits, les 24h de Spa-Francorchamps promettent un spectacle à nul autre pareil. Arrivés deux heures avant le départ, nous sommes surpris par la pluie qui n’oublie pas de se montrer. Pour combler cette attente, nous faisons un petit passage par les stands et la pit-lane. Nous découvrons les jolies calandres illuminées des Bentley et nous avons même l’occasion d’entendre de l’italien au stand AF Corse.

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Lors de mon premier passage aux 24 heures, nous avions fait un petit bout du tour du circuit à pied. Cette année, curieuse et passionnée, je demande à en faire le tour complet. La pluie finit par se calmer mais la course commence tout de même sous safety-car pendant quatre tours. Nous démarrons notre balade, dans le sens inverse des voitures. Je découvre alors le circuit, sidérée par la hauteur des grillages. J’ai la chance d’avoir les commentaires d’un habitué des lieux qui m’explique les changements au fil du temps.

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Notre promenade est rythmée par des anecdotes et des rencontres. Nous nous reposons sur les différentes tribunes et observons l’effervescence des stands. De retour dans les paddocks, nous admirons toutes les voitures exposées, principalement des supercars. Nous finissons notre tour dans une brasserie avec une très jolie vue avant de retourner à bord d’une MINI John Cooper Works dont l’essai paraîtra prochainement, restez connectés!

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Après un moteur cassé, de nombreuses embrassades de rails, plusieurs tête-à-queue, quelques abandons somme toute assez classiques dans de pareils défis et une course interrompue pendant plus de six heures en raison de fortes pluies, la Porsche 911 GT3 n°20 de Kevin Estre, Michael Christensen et Richard Lietz s’est imposée devant une autre Porsche, la n°998, menée par Fred Makowiecki, Patrick Pilet et Nick Tandy. Porsche réalise un doublé, la dernière victoire de Porsche remontant à 2010, les porschistes ont dû se régaler ! Pour finir ce podium en beauté, la Mercedes n°4 de l’équipage Maro Engel, Yelmer Buurmen et Luca Stolz termine troisième.

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Dans les autres classes, la Lamborghini des britanniques, Pull, Witt et Michell se hisse à la première place en Silver cup. L’Aston Martin de Yoluc, Al Harthy, Eastwood et Thiim s’impose en Pro-Am alors que la Ferrari pilotée par de jeunes pousses l’emporte en Am Cup avec, à son volant, les Allemands Hook, Mattschull, Lauck et Still.

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Autres faits notables, le premier pilote belge, Frederic Vervisch, passe la ligne au quatrième rang, à bord d’une Audi R8 tandis que la Honda de Bertrand Baguette, Renger van der Zande et Mario Farnbacher termine sixième, laissant une très bonne surprise. Juliet, la Porsche n°50 déguisée en Choupette, constituée d’une équipe 100 % belge, a rendu un bel hommage aux 50 ans du film « Un amour de Coccinelle ». (Texte: Victoria Lays)

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72 équipages sont attendus au départ des 24 heures de Francorchamps

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Avec une liste phénoménale d’engagés comprenant 72 voitures, les 24 Heures de Francorchamps 2019 confirment leur statut de plus grande course de GT au monde. La grille de départ attendue marque un nouveau record pour l’ère GT de l’épreuve avec pas moins de onze constructeurs prestigieux représentés. De quoi démontrer une fois encore le rayonnement international de cet événement majeur, programmé cette année du 25 au 28 juillet.

Épreuve-phare à la fois de la Blancpain GT Series Endurance Cup et de l’Intercontinental GT Challenge, la grille accueillera de nombreuses équipes et des pilotes dont la réputation internationale n’est plus à faire. Ainsi, pas moins de 36 équipages seront engagés dans la catégorie reine (Pro), une bonne partie d’entre eux recevant le soutien officiel d’un constructeur pour cette course la plus importante de la saison.

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Tous veulent briller lors de la course GT la plus disputée et la plus difficile à remporter. Les catégories Silver Cup, Pro-AM et Am Cup ne sont pas en reste et assureront elles aussi leur part du spectacle tout au long de ce double tour d’horloge. De plus, 28 voitures – représentant huit constructeurs – revendiqueront la victoire dans ce troisième rendez-vous de l’Intercontinental GT Challenge, soit huit de plus que le record précédent.

Avec une telle liste des engagés, l’édition 2019 des Total 24 Hours of Spa promet d’être une fois encore la référence absolue dans les courses d’endurance pour voitures de Grand Tourisme.

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ASTON MARTIN (VANTAGE AMR GT3)

  • La prestigieuse marque britannique représentée dans les quatre catégories
  • La nouvelle Vantage AMR prête à affronter le Circuit de Spa-Francorchamps
  • 6 engagés : 3 Pro | 1 Silver Cup | 1 Pro-Am | 1 Am Cup

La marque britannique Aston Martin, qui n’a plus gagné les Total 24 Hours of Spa depuis 1948, présente une nouvelle voiture cette année et trois Vantage AMR seront engagées en Pro pour viser la victoire. R-Motorsport alignera deux bolides avec notamment le héros local, et vainqueur en 2016, Maxime Martin. L’équipe Garage 59, passée dans le clan Aston Martin depuis cette année, présentera une troisième Vantage AMR de pointe ainsi qu’un équipage visant la victoire en Am Cup. La marque sera aussi représentée en Silver Cup par une troisième voiture R-Motorsport et en Pro-AM grâce à l’équipe Oman Racing with TF Sport.

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AUDI (R8 LMS GT3)

  • Les poids lourds du GT visent la gloire aux Total 24 Hours of Spa
  • Quatre voitures soutenues par le constructeur, toutes engagées en Intercontinental GT Challenge
  • 11 engagés : 6 Pro | 3 Silver Cup | 1 Pro-Am | 1 Am Cup
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

En terme de force de frappe, Audi entend bien être la référence cette année. Six équipages Pro disputeront le double tour d’horloge, dont quatre engagées aussi en Intercontinental GT Challenge avec un support officiel. La marque aux anneaux sera représentée dans toutes les catégories avec trois R8 LMS en Silver Cup, une en Pro-Am et une en Am Cup. Audi est la seule marque à être montée sur le podium lors de chaque édition depuis le lancement de la Blancpain GT Series en 2011. Avec une telle implication, on comprend que le but est de poursuivre la série en cours.

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BENTLEY (CONTINENTAL GT3)

  • Quatre équipages Pro confirmés pour fêter le centenaire de la marque
  • M-Sport mène l’attaque en Pro, le Team Parker Racing aligné en Pro-Am
  • 5 engagés : 4 Pro | 1 Pro-Am
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

L’année de son centenaire, Bentley lancera un véritable assaut sur les Total 24 Hours of Spa. La marque britannique élargira en effet son implication à quatre Continental GT3 en Pro, toutes alignées par l’équipe M-Sport. À leurs volants, un mix de pilotes confirmés et de jeunes talents. Anciens vainqueurs, Jules Gounon (sur la #107) et Markus Palttala (sur la #108) seront parmi eux. En outre, Bentley sera aussi représenté en Pro-Am par le Team Parker Racing pour essayer de fêter en fanfare son anniversaire.

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BMW (M6 GT3)

  • La marque qui détient le record de victoires à Spa en veut encore plus
  • Des vainqueurs potentiels dans les catégories Pro et Am Cup
  • 5 engagés : 2 Pro | 3 Am Cup
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

Les exploits de BMW en sport automobile seront à jamais liés à Spa. Déjà très active dans l’ère des voitures de tourisme, la marque bavaroise détient en effet le record du nombre de victoires (24) après avoir accroché trois autres succès depuis le passage de l’épreuve aux GT en 2001. Pour augmenter ce chiffre déjà remarquable, deux M6 GT3 seront alignées par les tenants du titre Walkenhorst Motorsport et par le Team Schnitzer, officiellement soutenu par l’usine. trois autres bavaroises engagées en Am Cup feront en sorte de faire de BMW à nouveau un acteur majeur de l’épreuve ardennaise.

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FERRARI (488 GT3)

  • Une présence plus importante en Pro pour la marque de Maranello, qui vise de nouveau la gloire
  • Les très populaires 488 GT3 présentes dans toutes les catégories
  • 10 engagés : 3 Pro | 1 Silver Cup | 3 Pro-Am | 3 Am Cup
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

Ferrari accentue son implication cette année alors que la marque vise une première victoire aux Total 24 Hours of Spa depuis 2004. Après sa victoire de Silverstone, l’équipe SMP Racing a placé ses pilotes en tête du classement provisoire de la Blancpain GT Series Endurance Cup. L’équipe battant pavillon russe sera rejointe dans la catégorie Pro par une 488 GT3 AF Corse et par une voiture de HubAuto Corsa  (équipe lauréate des Californian 8 Hours en Intercontinental GT Challenge). Comme toujours, le Cheval Cabré sera très populaire dans les différentes catégories avec trois modèles en Pro-Am et autant en Am Cup, sans oublier l’exemplaire du Rinaldi Racing engagé en Silver Cup.

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HONDA (NSX GT3 EVO)

  • Honda vise la victoire dans le cadre de son programme en Intercontinental GT Challenge
  • Jenson Team Rocket RJN pour représenter la marque en Silver Cup
  • 2 engagés : 1 Pro | 1 Silver Cup
  • 2 voitures en Intercontinental GT Challenge

Après un retour l’an dernier dans la catégorie Pro-Am, Honda franchit un palier cette année en visant la victoire lors des Total 24 Hours of Spa. Dans le cadre de son engagement en Intercontinental GT Challenge, la marque japonaise alignera sa NSX GT3 Evo en version 2019 en Pro pendant qu’une deuxième voiture visera le podium en Silver Cup avec le Jenson Team Rocket RJN, habitué de la Blancpain GT Series Endurance Cup.

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LAMBORGHINI (HURACAN GT3 EVO)

  • La marque italienne revendique un premier succès avec un trio d’équipages en Pro
  • Une forte présence en Silver Cup, d’autres candidats en Am Cup
  • 11 engagés : 3 Pro | 5 Silver Cup | 3 Am Cup

Lamborghini a démontré une impressionnante régularité en Endurance Cup cette année. Nouvelle venue, l’équipe Orange 1 FFF Racing Team est montée sur le podium lors des trois premiers rendez-vous et elle mène le classement des équipes avant l’épreuve ardennaise. La formation chinoise alignera deux Huracan GT3 Evo en Pro alors que le Grasser Racing Team ajoute un troisième vainqueur potentiel pour le constructeur italien. La marque est aussi bien représentée dans les classes, particulièrement avec ses cinq modèles en Silver Cup. Trois autres Huracan viseront la victoire en Am Cup.

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LEXUS (RC F GT3)

  • La RC F GT3 revient à Spa après de bons débuts en 2018
  • Tech 1 Racing engagé en Am Cup avec Fabien Barthez parmi les pilotes
  • 1 voiture en Am Cup

Lexus sera de nouveau au départ des Total 24 Hours of Spa, cette fois grâce au programme mis sur pied par l’équipe française Tech 1. Parmi les pilotes engagés en Am Cup, on retrouvera l’ex-champion du monde de football Fabien Barthez, de retour sur la classique belge. Le rythme affiché par la RC F GT3 à Spa l’an dernier devrait en faire une des candidates à la victoire dans sa catégorie en 2019.

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MERCEDES-AMG (AMG GT3)

  • Plusieurs ex-champions et d’anciens vainqueurs de Spa parmi des équipages cinq étoiles
  • La marque allemande vise la victoire pour la dernière année de son AMG GT3 actuelle
  • 10 engagés : 6 Pro | 2 Silver Cup | 2 Pro-Am
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

En termes de stars au départ, Mercedes-AMG ne manquera pas d’attirer les regards cette année. Les six voitures engagées en Pro seront pilotées par deux ex-vainqueurs des Total 24 Hours of Spa et de nombreux champions de la Blancpain GT Series ou de l’Intercontinental GT Challenge. La marque sera aussi représentée par deux voitures en Silver Cup – dont les leaders actuels de la catégorie AKKA ASP – et deux bolides en Pro-Am.

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NISSAN (GT-R NISMO GT3)

  • L’équipe KCMG basée à Hong Kong présente avec deux équipages
  • La marque japonaise vise son premier succès depuis 1991 et le triomphe de la Skyline R32 GT-R
  • 2 engagés en Pro
  • 2 voitures en Intercontinental GT Challenge

Nissan revendique sa première victoire aux Total 24 Hours of Spa depuis 1991 avec deux voitures engagées dans la catégorie Pro. Deux GT-R NISMO GT3 seront alignées par l’équipe KCMG, le champion 2015 de l’Endurance Cup Katsumasa Chiyo faisant partie d’une solide brochette de pilotes. Ayant égalé son meilleur résultat de l’ère Blancpain GT Series en 2018 (une 7e place), la marque visera plus haut encore cette année dans le cadre de son implication dans l’Intercontinental GT Challenge.

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PORSCHE (Porsche 911 GT3 R)

  • La marque de Stuttgart renforce son implication dans l’épreuve belge avec 6 équipages en Pro
  • De nombreux pilotes d’usine dans les équipages
  • 9 engagés : 6 Pro | 3 Pro Am Cup
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

Porsche visera un septième succès à Spa (et un premier depuis 2010) avec une implication renforcée. Pas moins de six 911 GT3 R revendiqueront la victoire au classement général dans les Ardennes. Après sa victoire lors de la première course de la Blancpain GT Series cette année à Monza, le marque allemande arrivera avec des ambitions renforcées. De très nombreux pilotes officiels ont d’ailleurs été réquisitionnés, dont les ex-vainqueurs Romain Dumas et Laurens Vanthoor. De plus, un trio de Porsche revendiquera aussi la plus haute marche du podium en Pro Am Cup cette année.

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Ford vous donne rendez-vous aux Spa 6 Hours en septembre…

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En 2019, Ford célèbre la victoire de la Ford GT40 aux 24 Heures du Mans de 1969. Cette victoire – avec Jacky Ickx dans un rôle principal inoubliable – est tellement légendaire que, cinquante ans plus tard, Ford veut rendre hommage à cet instant héroïque. Ceci non seulement en élançant la nouvelle Ford GT vers la victoire aux 24 Heures du Mans en juin, mais aussi avec une reconstitution jamais vue sur le circuit de Spa-Francorchamps en septembre.

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Ford y fera revivre, lors des Spa Six Hours le dimanche 29 septembre, le départ et l’arrivée de la course de l’époque, avec pas moins de 50 Ford GT et GT40 des trois générations ! Dans ce contexte, le départ et l’arrivée de la course d’origine seront mis en scène, avec la Ford GT40 « Numéro 6 » en uniforme Gulf qui part en dernier et arrive quelques tours plus tard la première. Un spectacle à ne pas manquer !

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Départ légendaire
Dans le monde du sport automobile, vous avez de belles victoires et vous avez des victoires de légende qui restent gravées dans toutes les mémoires. C’est de cette dernière catégorie que relève la victoire de la Ford GT40 aux 24 Heures du Mans de 1969, avec au volant Jacky Ickx et Jackie Oliver. Non seulement la victoire proprement dite, mais aussi la manière dont elle a été décrochée enflamment l’imagination.

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Au milieu des années 1960 du siècle dernier, Ford a développé la GT40 dans le but de battre à plate couture la concurrence aux 24 Heures du Mans : une vengeance sportive envers une marque de voitures de sport de Maranello dont on ne précisera pas le nom, qui a choqué Ford lors de pourparlers en vue d’une reprise plus tôt cette décennie-là. Après avoir inscrit à son nom la victoire à la course d’endurance légendaire au Circuit de la Sarthe en 1966, 1967 et 1968, Ford semblait imbattable avec sa GT40.

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En 1969, la course paraissait toutefois perdue dès le départ. Par mécontentement avec la procédure de départ franchement dangereuse de la course d’endurance, Jacky Ickx refusait de participer au « départ Le Mans » caractéristique, où les pilotes devaient, au péril de leur vie, courir sur la grille de départ vers leur voiture avant de pouvoir partir. Dans ce contexte, de nombreux pilotes se moquaient des règles de sécurité concernant l’utilisation de la ceinture, ce qui a entraîné des situations dangereuses à plusieurs reprises.

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Victoire légendaire
Jacky Ickx avait déjà plaidé précédemment en faveur de l’abolition du « départ Le Mans », en vain, auprès des organisateurs de la course d’endurance. En signe de protestation, il a marché tranquillement au début de la course vers sa Ford GT40, a bouclé sa ceinture en toute sécurité et est parti bon dernier.

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L’action remarquable de Jacky Ickx a recueilli une grande admiration et attiré l’attention sur le problème du « départ Le Mans ». Mais Ickx étant parti en dernier avec sa Ford GT40 – numéro de série 1075, soit la même voiture que celle ayant remporté les 24 Heures du Mans l’année d’avant –, une longue série de manœuvres de dépassement tout au long de la course l’attendait. La victoire semblait donc bien loin. Et pourtant, il fut le premier à franchir la ligne d’arrivée, au bout de 24 heures de course avec Jackie Oliver comme deuxième pilote, avec seulement 120 mètres d’avance sur la voiture arrivée deuxième. Il a recueilli beaucoup de respect et a ainsi permis à la Ford GT40 de décrocher sa quatrième victoire d’affilée.

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Spa Six Hours
Cinquante ans après cette date, la victoire de 1969 relève toujours des faits saillants les plus emblématiques des 24 Heures du Mans. Une reconstitution de cet instant s’imposait donc.
La collaboration avec les Spa Six Hours n’est pas le fruit du hasard. Vincent Collard de Roadbook, organisateur de l’événement destiné aux voitures de course historiques, déclare : « Avec les Spa Six Hours que nous amenons chaque année au Circuit de Spa-Francorchamps, nous voulons faire revivre ce récit glorieux du sport automobile. Quand nous avons appris que Ford voulait faire revivre la victoire de la Ford GT40 aux 24 Heures du Mans de 1969, j’ai directement été enthousiaste. Pas moins de 20 Ford GT40 participent en effet à notre événement, un signe de l’impact que le modèle a eu sur l’histoire du sport automobile. »

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Lors des Spa Six Hours, les légendes de course d’antan feront à nouveau vrombir leur moteur et s’affronteront dans différentes catégories. Endurance cars, pre-war sportscars, historic F1, pre-1966 touring cars… Toutes se lanceront une lutte acharnée comme à leur apogée. Un spectacle inoubliable !
Rendez-vous le 29 septembre au circuit de Spa-Francorchamps…

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A la rencontre de Romain Dumas, négociant en records

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A 41 ans, le français Romain Dumas a goûté à bon nombre de compétitions dans le monde. Stoppé aux portes de la F1 en 2002, après de solides résultats dans les catégories inférieures, il mise rapidement sur l’endurance qu’il a découverte l’année précédente en terminant 7e et 2e en GT aux 24 heures du Mans. Il pilote alors une Porsche 911 GT3 RS du Freisinger Motorsport. Une voiture allemande dans une équipe allemande, son destin est scellé même s’il ne le sait pas encore. Car c’est avec Porsche, dont il deviendra pilote officiel en 2003, qu’il va signer ses plus grandes victoires. Il s’impose aux 24 heures de Francorchamps en 2003 toujours sur cette 911 du Freisinger dans des conditions dantesques. En 2009 et 2010, il est prêté à Audi et il en profite pour remporter Le Mans avant de signer une deuxième victoire à Spa, toujours sur une 911. En 2016, à la surprise générale, il remporte à nouveau les 24 heures du Mans sur la Porsche 919 Hybrid alors que Toyota avait dominé l’épreuve…

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Après son chrono record à Pikes Peak en 2018, Romain Dumas va s’attaquer à la Nordschleife cet été pour y battre le record d’un véhicule électrique.

Depuis lors, Romain est devenu le pilote attitré de la Volkswagen ID.R avec laquelle il est chargé de battre des records. On l’a ainsi vu s’attaquer victorieusement au chrono de Pikes Peak avant de signer le record d’un véhicule électrique à Goodwood. Cette année, c’est à la célèbre boucle nord du Nürburgring qu’il va être confronté avant d’aller poser les roues de l’ID.R en Chine sur la « Route vers le ciel », ou Tianmen Shan Big Gate Road.

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La Route vers le ciel va constituer un sacré défi en fin d’année.

Un tracé sinueux permettant de gravir le Mont Tianmen, dont le sommet culmine à 1519 mètres au-dessus du niveau de la mer. Longue de 11 km, cette route démarre dans la vallée, à 200 mètres d’altitude, et se termine sur les hauteurs du relief, à environ 1300 mètres d’altitude. C’est un pilote italien, Fabio Barone, et sa Ferrari qui détiennent actuellement le record avec un chrono de 10’31’’.

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C’est en 2007 que Romain a découvert la boucle Nord du Nürburgring. Il y signait sa première victoire aux 24 heures sur une Porsche du Manthey Racing.

« Je ne connais absolument pas cette route et j’espère avoir droit à quelques passages de reconnaissance avant », s’amuse Romain avec qui nous avons la chance de partager un dîner à quelques jours de sa tentative sur la Nordschleife. « Mais avant, il faudra venir à bout de cet Enfer Vert comme l’avait surnommé Jackie Stewart. Bon, j’avoue que j’ai un peu d’expérience de la piste puisque je m’y suis souvent aligné en VLN et aux 24 heures du Nürburgring. »

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Devenu pilote officiel Porsche en 2003, Romain sera toujours fidèle à cette marque… 

Une épreuve où Romain a régulièrement brillé puisqu’il y compte quatre succès en… Porsche 911 bien sûr, toujours en compagnie du Manthey Racing. Mais quel est le secret de cette équipe pour enfiler ainsi les victoires lors du double tour d’horloge de l’Eifel?

« La météo est très souvent capricieuse sur cette piste de plus d’un peu moins de 25 km dans sa définition des 24 heures. Il pleut souvent sur une partie du circuit, il fait sec ailleurs, l’adhérence peut varier d’un virage à l’autre, bref, il faut connaître ce circuit comme sa poche, comme une spéciale de rallye qu’on aurait reconnue des dizaines de fois et là, ce sont les équipes locales qui excellent logiquement. En plus, la Porsche et son moteur en porte-à-faux arrière a toujours été facile à piloter sous la pluie.

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Les conditions météo, souvent délicates dans l’Eifel, permettent aux pilotes de Porsche 911 de profiter au mieux de sa conception unique. 

Vous additionnez tout cela avec un brin de chance et vous obtenez les résultats qui sont les miens. Mais cela m’arrive aussi d’avoir la poisse comme l’année où un concurrent me percute à quelques mètres de la ligne d’arrivée alors que je n’ai plus assez d’essence pour faire un tour. On n’aurait pas gagner mais à cause de lui, j’ai dû abandonner. L’an passé, je suis parti dans les rails en ne pouvant éviter des traces d’huile alors que nous étions en tête… »

Mais justement, quels sont les astuces de cette piste et comment la découvre-t-on quand on est pilote professionnel?

« J’ai fais mes premiers tours de roues sur la Nordschleife en 2007 en compagnie de Richard Lieb, Timo Bernhard et Marcel Tiemann. Ces deux derniers l’avaient emporté l’année précédente donc j’avais juste un peu de pression (rires). Heureusement, avec ces trois pilotes allemands, je suis allé à bonne école même si je n’en menais pas large en prenant le départ depuis la première ligne de la grille aux côtés de Uwe Alzen. Je l’ai suivi une bonne partie de mon premier relais et ce fut très utile puisque j’ai laissé le volant à mes équipiers alors que nous étions en tête.

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Pour sa première victoire au Ring en 2007, Romain a su s’entourer des meilleurs!

Ce sera ma première victoire ici dès ma première participation! En 2008 et 2009, on l’emporte à nouveau avec les mêmes équipages. En 2011, Lucas Luhr remplace Marcel pour ma quatrième victoire. Par après, ce seront les Audi du Team Phoenix et la Mercedes de Black Falcon qui prendront l’avantage mais ce sont toujours des équipes locales. Le team de Vincent Vosse, l’exception qui confirme la règle, peut savourer d’autant sa victoire de 2015 avec Laurens Vanthoor. Bon, je ne suis pas totalement objectif parce que j’ai toujours adoré mes amis belges. Pour en revenir au vieux Ring, je dirais qu’il m’a fallu une quinzaine de tours pour bien connaître la piste mais c’est mon métier et j’avais à mes côtés des spécialistes de cette course. Cela peut paraître court mais si vous, les journalistes, vous souvenez de ce que j’ai dit la veille, moi j’apprends rapidement un circuit. »

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La Nordschleife a conservé tout son caractère à travers les années. ce qui en fait un circuit unique en son genre.

On a parlé des victoires mais il y a aussi bien des défaites car le Nürburgring n’a jamais rien épargné à personne. Et pourtant, Romain le considère comme son circuit-fétiche. Avec un coup de cœur plus spécifique pour toute la portion très rapide de Kesselchen et une petite appréhension chaque fois qu’il aborde Adenauer-Forst. Sans que l’on n’en connaisse la raison.

« Contrairement à bien des circuits modernes, la Nordschleife conserve tout son caractère avec ses rails proches de la piste, l’absence de tout échappatoire et ses courbes insensées. A côté, même Francorchamps est devenu ridicule avec ses à-côtés goudronnés qui n’effrayent plus personne. Tout le monde peut aller vite. Pire, j’ai déjà vu un gars prendre le double gauche hors de la piste et conserver sa position, c’est totalement stupide. En GT3, on passe notre temps à recevoir des pénalités parce qu’on roule en dehors du tracé mais c’est leur faute. Au Ring, tu ne fais pas le malin et tu tentes de ne pas mordre dans l’herbe sous peine de sanction directe.

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Avec l’ID.R et sa garde au sol réduite, il faut éviter les vibreurs et les deux « karrousels »!

Avec la VW ID.R, j’évite le Karrousel parce que je n’ai pas une hauteur de caisse adaptable automatiquement comme les dernières LMP1. Je ne prends pas non plus les vibreurs. Heureusement, elle a reçu un certain nombre de modifications, par rapport à Pikes Peak à l’image du DRS qui me permet de gagner de la vitesse en ligne droite et de l’appui en courbe ou encore d’un aileron réduit pour mieux fendre l’air. On a également monté un système de régénération au freinage… Pour rappel, la VW ID.R pèse un peu plus d’une tonne, pour 600 kg de batterie, et dispose de 680 ch. L’actuel meilleur temps d’une voiture électrique est détenu, depuis 2017, par la supercar chinoise Nio EP9 et son chrono de 6’45″90. »

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En 2003, Romain remporte sa première course de 24 heures à Francorchamps!

L’un des problèmes majeurs auxquels Romain sera confronté, c’est qu’il devra terminer sa tentative par la longue ligne droite de 3 kilomètres dans laquelle il lui sera impossible de récupérer de l’énergie. Il risque bien de passer la ligne d’arrivée avec des batteries totalement déchargées. Et puis on l’a dit, au Ring, la météo est souvent défavorable alors les possibilités sont réduites. L’été devrait logiquement mieux convenir. Toujours est-il que Romain est un pilote VW heureux de son sort…

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L’esprit commando de l’équipe Volkswagen Motorsport plaît beaucoup à l’Alésien.

« L’année passée, j’avais été séduit par l’esprit commando de l’équipe. Ils avaient accueillis quelques un de mes gars assez facilement. Et puis j’aime beaucoup la manière dont ils fonctionnent, à l’ancienne, c’est-à-dire que l’on écoute encore l’avis du pilote. Dans d’autres équipes fréquentées auparavant, les jeunes ingénieurs ne font plus confiance qu’à leur ordinateur et n’écoutent plus le pilote. Chez VW, je peux demander des modifications, proposer des améliorations sans qu’on ne m’envoie balader. Ils me font parfois rigoler ces ingénieurs. Vous savez comment Toyota a perdu les 24 heures du Mans en 2016 dans le dernier tour? Tout simplement parce qu’il n’y avait plus personne devant les ordinateurs à l’intérieur du stand. Tous les ingénieurs étaient sur le muret des stands lorsque le pauvre pilote japonais a tenté de les joindre. S’ils avaient été à leur postes, la Toyota aurait pu boucler son tour dans les délais, même avec un moteur à moitié vaillant. Chez Porsche, nous savions qu’une course n’est jamais terminée avant le passage sous le drapeau d’arrivée! »

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Au Mans, c’est pourtant avec Audi qu’il va signer la première de ses deux victoires.

Durant sa longue carrière, l’Alésien a fréquenté pas mal de pilotes. Quels sont ceux qui l’ont le plus marqué ? A contrario, a-t-il croisé de vrais salauds ?

« J’ai toujours eu un contact professionnel mais surtout très amical avec Mark Lieb. C’est un mec bien, entier, absolument pas politique. Il reste de loin mon meilleur équipier. Je garde d’excellents souvenirs d’autres pilotes comme Timo Bernhard mais aussi Manu Collard ou encore Jean-Christophe Bouillon. Lui c’était vraiment un tout bon qui n’a jamais eu la carrière qu’il méritait parce qu’il est trop réservé. Loïc Duval ou encore Neel Jani ont été d’excellents équipiers. Marc Gene, c’était bizarre parce que c’est au Mans qu’il était véritablement le meilleur. Sur les autres courses, il restait toujours en dedans. Mais je n’ai jamais croisé de « congs » (à prononcer avec l’accent du sud), ils sont très rares à ce niveau-là.

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La victoire avec Porsche sera particulièrement épique puisqu’elle tombait dans le dernier tour suite à l’abandon de Toyota!

Mais je peux vous confirmer qu’Alexandre Prémat était un vrai fêlé en dehors de la bagnole et je suis resté circonspect face au jeune pilote Gustavo Menezes avec qui j’ai partagé le volant d’une Alpine en LMP2. Nous avions très vite abandonné mais, loin de s’en soucier, je l’ai retrouvé la nuit, en slip, au milieu du paddock en train de jouer avec un drone. Il s’est logiquement fait réprimander par l’ACO mais cela n’a pas empêché ce gosse de riche de recommencer plus tard. En revanche, je pense le plus grand bien de mon compatriote Mathieu Jaminet. Lui, il ira loin! »

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C’est un plaisir de passer une soirée en compagnie de Romain Dumas. On écouterait son accent chantant pendant des heures!

Ainsi s’est terminé notre repas en compagnie de Romain Dumas. Une occasion en or qu’il ne fallait pas rater si l’on tient compte de son agenda particulièrement chargé. En plus de son programme avec VW, il roule ainsi en VLN sur une Porsche 911 GT3 RSR du Frikadelli Racing et sera donc au départ des 24 heures du Nürburgring mais il participe également à l’IMSA avec une Nissan DPI pour les courses les plus longues, et on le verra également en Blancpain GT Series Endurance avec les Porsche du Rowe Racing. Le voilà donc assuré d’être au départ des 24 heures de Spa fin juillet. Et pour ses supporters manceaux, il sera également de la partie à la mi-juin sur l’Oreca 07 LMP2 du team français Duqueine.

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S’il sera bel et bien au départ des 24 heures du Mans en juin prochain, il reste plus que dubitatif sur l’avenir de cette épreuve…

« Je suis assez dubitatif face à la nouvelle réglementation que l’ACO veut mettre en place dès 2020. Cette idée de revenir aux GT comme en 1998 me semble totalement loufoque. Les voitures étaient bien plus dangereuses. Il faut des coques en carbone et rien d’autre. Et puis il ne faut pas laisser un constructeur dicter les règles. Cela fait fuir tous les autres et ce n’est guère constructif. L’ACO se laisse trop influencer. Un coup c’est Aston Martin qui émet ses désirs, un autre c’est Mc Laren. Ce n’est pas la bonne méthode. Là, ils sont dans une impasse et je me demande bien comment ils vont en sortir. Même si Le Mans a toujours connu des hautes et des bas… »

Parallèlement à ses programmes aux quatre coins du monde, on retrouve épisodiquement Dumas au volant de véhicules historiques ou de sa Porsche de rallye mais Romain a d’ores et déjà prévenu qu’en 2019, il prendrait une deuxième semaine de vacances…

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Vécu: à la découverte des 24 Heures 2CV en… C1

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Alors que certains se pavanent au Zoute GP, d’autres préfèrent se mesurer au plus beau circuit du monde dans des conditions météo souvent difficiles lors d’un rendez-vous incontournable: les 24 Heures 2CV. L’occasion pour le Team Kart48 de poursuivre sa saison afin de récolter 15.000 euros pour Cap48. Et de nous inviter à partager le volant de la jolie Citroën C1 #234 durant deux relais. Récit d’une découverte inattendue.

(Photos: Fred Guisset)

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Lorsque Maxime Berger (journaliste sportif à la RTBF) nous contacte au mois de septembre pour nous proposer de rouler deux heures sur la petite Citroën C1 qu’ils vont engager avec Lionel Vandercam (LVRacing) aux 24 Heures 2CV, nous n’hésitons pas une seconde! Sevré de course auto depuis notre participation aux double tour limbourgeois en Mazda MX-5, l’occasion est trop belle.

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Véritable produit d’appel pour tous ceux qui ont envie de goûter à la compétition sans se ruiner, la Citroën C1 a rejoint le peloton des 2CV depuis l’an dernier. Pour participer, il vous faut trouver une bonne occasion avant de monter le kit compétition fourni par l’organisateur; le moteur de 998cm³ se voit libéré par une ligne d’échappement en inox, une admission d’air spécifique et une reprogrammation du boîtier électronique qui est ensuite plombé. Pour donner une petite saveur de course au comportement, des suspensions réglables sont montées tandis que des disques de frein ventilés et perforés, des plaquettes et patins de course, une barre anti-rapprochement et des pneus semi-course sont également adoptés. En plus des équipements de sécurité aux normes FIA, l’intérieur se voit totalement vidé pour abaisser le poids au maximum. Siège baquet, volant de course et harnais 6 points viennent compléter l’attirail.

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Le travail réalisé par LVRacing sur la C1 #234 est propre. Pour permettre à Lionel et au jeune Christophe D’Elia, la voiture a été adaptée puisqu’un cerceau derrière le volant leur permet d’accélérer, une grosse poignée juste à côté actionne le freinage et c’est via le levier de la boîte manuelle robotisée qu’eux comme nous, changeons les rapports. Un interrupteur au tableau de bord permet de leurs commandes aux nôtres. Comme souvent pour Cap48, les jumeaux Jonathan et Kevin Borlée ont accepté de se joindre à eux. De quoi démontrer, dans la bonne humeur et sans stress, que des personnes à mobilité réduite peuvent parfaitement se faire plaisir au volant et ce, à moindre frais.

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Une fois le décor planté, venons-en à notre découverte de la petite C1. Annoncée pour 80 chevaux et 800 kilos, elle peut prêter à sourire pour ceux qui ne jurent que par grosses cylindrées et fortes puissances. Pourtant, au moment de m’élancer à la découverte de ce joli pot de yahourt comme l’a affectueusement renommé Lionel, je n’en mène pas large. Il est presque minuit sur le plus beau circuit du monde, je n’ai pas fait un mètre au volant lors des essais, mon planning étant particulièrement chargé ces derniers temps, et je n’ai jamais roulé de nuit à Francorchamps. Je succède aux deux athlètes et lorsque Jonathan succède à Kevin, je vais prendre des infos auprès de ce dernier pour savoir un peu ce qui m’attend. Les Anglais sont toujours aussi déjantés sur la piste et je sais déjà que je ferai tout pour ramener une auto intacte à l’issue de mon relais. Prévu au départ pour 45 minutes, il va finalement durer une heure et quart, l’un des pilotes préférant passer son tour. Tant mieux, je suis là pour rouler.

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Je m’élance finalement au cœur de la nuit et je suis pris d’assaut immédiatement par des hordes de furieux qui me débordent dans tous les sens. Impossible d’avoir un tour clair pour prendre mes marques et comprendre les subtilités de la voiture. Je ne résiste guère même si, très vite, je comprends qu’on passe le Raidillon et Blanchimont à fond! Bon, on est alors en 3e, à 6.500 trs/min mais je vous assure qu’on s’y croit. Il est impossible de distinguer les 2CV proto des C1 qui ont également d’impressionnantes rampes de phares. La voiture est saine, elle se comporte bien et comme me l’a expliqué Lionel, je freine comme avec une voiture de série. Progressivement. Beaucoup de C1 me doublant sont chiffonnées. Elles se jettent dans les virages comme en rallye. La mienne est saine et prévenante. J’évite au maximum les vibreurs et j’avoue que le circuit est bien éclairé par les phares de tout le peloton. La nuit à Zolder m’avait paru plus compliquée en matière de points de freinage et de cordes.

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Pris par la bagarre en peloton, en évitant les 2CV classiques, toujours bien sur les côtés mais particulièrement lentes, en veillant à ne pas gêner la course des protos qui jouent la victoire, j’en finis avec mon premier relais avec le sentiment frustrant d’avoir roulé comme ma grand-mère. Des éclairs illuminent le ciel au-dessus de Stavelot mais c’est mon successeur qui aura droit au gros orage. Ouf…

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Le nuit est courte mais je me repose suffisamment avant d’entamer mon second relais, à 7h45. Cette fois, je succède à Maxime qui me confirme que les trajectoires sont sèches. On change les plaquettes avant de me renvoyer en piste. La lumière du jour naissant me rassure d’autant qu’elle s’installe rapidement. Je profite d’un tour et demi bien clair pour rôder les plaquettes à mon aise avant qu’une voiture de sécurité ne monte en piste. Son intervention s’éternise et je regarde ma montre en me disant que c’est du temps de course perdu. Après 20 minutes, on repart et je prends bien soin de laisser passer les furieux à la Source, en m’écartant très fort. Malgré cela, une 2CV classique sous-vire et vient me toucher. Le bruit est impressionnant mais les dégâts insignifiants.

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En revanche, cela modifie mon état d’esprit et à partir de ce moment-là, je bascule en mode Race. Je me bats avec deux C1 comme un Lion. Elles me passent mais ayant compris le jeu de l’aspiration, elles ne me lâcheront plus. Mieux, un peu approximatifs dans leurs trajectoires et leurs freinages, je finis par les repasser. Mon relais s’éternise à nouveau et comme je n’ai pas la radio dans mon casque je n’en connais pas la raison. J’imagine un moment qu’ils sont tous allés dormir. Mais comme je m’amuse avec les Britons, je profite à fond du moment. Jusqu’à mon demi tête-à-queue au Pif-Paf juste avant une nouvelle intervention de la voiture de sécurité. Pas de chance.

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Enfin, après un joli relais de près d’1h30, on me demande de rentrer. Je quitte mon baquet avec un sourire rayonnant. J’ai mieux compris l’auto, j’ai signé des chronos corrects (MT en 3.42.4), je me suis battu contre les furieux. Je n’oublierai jamais cette C1 collée à mes fesses, me faisant des appels de phare à l’entrée du double gauche que j’aborde vite avant de ne plus la voir dans mes rétros, son pilote ayant été visiter les dégagements. Réglée pour que tout le monde se sente bien à bord, la Citroën de LVRacing a rejoint vaillamment l’arrivée au  64e rang du général.

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Bravo à toute l’équipe, les pilotes bien sûr, mais aussi les mécanos et le staff (et surtout à Yves, le papa de Lio, qui n’a vraiment pas beaucoup dormi). Ce fut quelques heures de pure bonheur auprès de personnes attachantes pour partager une passion commune. N’est-ce pas là une belle définition de l’opération Cap48?

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