31ème Techno Classica Essen: artillerie allemande par Dimitri Urbain

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A nouveau une belle affluence pour cette édition du 30e anniversaire!

Rendez-vous incontournable du calendrier de l’automobile ancienne, le salon d’Essen fait toujours dans la qualité, la quantité et une certaine démesure, par sa taille. Retour en images sur cet évènement. (Texte et photos: Dimitri Urbain)

Douze halls et de nombreux espaces extérieurs, 120.000 m2 et pas loin de 200.000 visiteurs venus de 46 pays en 4 jours… des chiffres à donner le tournis! Les marques nationales sont évidemment largement représentées, différents constructeurs comme VW, Porsche ou Mercedes ayant une présence officielle, en plus de celle des clubs de marques. Toutes les époques y sont représentées mais les Youngtimers se taillent une large part du plateau et, pour les exemplaires à vendre, avec des prix soutenus.

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La couleur n’est peut- être pas des plus plaisantes mais l’état de cette Audi 80, rare en version 2 portes, était proche du neuf !
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A Essen, les clubs rivalisent d’originalité afin de mettre en valeur au mieux des véhicules dans une ambiance d’époque.
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A l’heure où le vélo a le vent en poupe, voilà de quoi se démarquer pour se rendre en ville…
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Discrète et élégante, cette Mercedes 500 E se remarque à ses ailes élargies. Elle a été assemblée chez Porsche. Celle-ci possède en plus un kit carrosserie Lorinser. Le vendeur en demande 33.000€, un prix encore correct vu la rareté et les performances de l’engin.
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Affiché à 109.000 €, ce rare cabriolet M3 E30 fait partie des 786 exemplaires produits.
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Le club DAF exposait ce rare engin. Assemblé en Suède, le Kalmar utilise une mécanique de 44. La carrosserie est en polyester et 2.170 exemplaires ont été produits, plus de la moitié étant destinés aux services des postes.
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Autre rareté, ce pick-up Mazda à moteur rotatif. La marque japonaise a produit des breaks, pick-ups, utilitaires et même des bus équipés de moteurs Wankel !
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Si vous pensez reconnaître une Triumph Dolomite, c’est bien le cas… mais ici il s’agit d’une Panther Rio. Aux côtés de ses évocations de la Jaguar SS 100, Panther voulait développer une voiture moyenne à la finition digne d’une Rolls Royce. Inutile de dire que, vendue plus cher qu’une Jaguar, les acheteurs ne se sont pas bousculés… la marque a jeté l’éponge après seulement 38 exemplaires en 2 ans, de 1975 à 1977.
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Une banale Mazda 626 des années 80… oui, il y en avait partout ! Mais elles ont toutes mal terminé, usées jusqu’à la corde, rouillées ou exportées en Afrique. Celle-ci est une des rares survivantes.
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Cette jolie découvrable aux formes évocatrices est une Melkus originaire de l’ex République Démocratique Allemande. Sous ses formes réussies se cache une mécanique 2 temps de… Wartburg ! Basée à Dresde, la marque utilisait même des pièces de tracteur pour produire ses véhicules. Il y a quelques années un projet sur base de Lotus Elise est ressorti mais n’a jamais atteint le stade de la série.
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De nombreux artisans comme ce sellier proposent également leurs services aux visiteurs et propriétaires d’anciennes.
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Ce coupé Abarth de 1959 aux lignes très élégantes est signé Allemano. Il est équipé d’un six cylindres en ligne Fiat de 2.200 cm3.
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Cette MG L1 possède une carrosserie de coupé 2 portes au style art déco inimitable. Produite uniquement en 1933 et 34 à raison de 576 exemplaires, elle possède un six cylindres en ligne de 1.087cm3 seulement.
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Curieux engin que cette Mini à 3 roues, œuvre de Dierk Mengers… Elle possède même un aileron rétractable en fonction de la vitesse, comme sur de nombreuses Porsche.
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En quête d’un engin italien original et portant un nom prestigieux ? Ne cherchez plus, ce tracteur Lamborghini est fait pour vous ! De quoi faire tourner toutes les têtes lors d’un prochain Spa Italia !
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Essen c’est aussi le paradis pour les chasseurs de documents rares, comme le montre cette vitrine consacrée aux Alfa Romeo.
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Affichée 230.000 €, cette Tatra T87 de 1946 a fait l’objet d’une restauration de qualité et reste une voiture très moderne, avec son V8 refroidi par air monté en porte à faux arrière, ses suspensions indépendantes par barres de torsion ou encore son châssis à poutre tubulaire centrale.
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Skoda exposait différents véhicules historiques, dont ce cabriolet Felicia dans son jus et fêtait les 60 ans de l’Octavia.
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Aperçue sur un stand de club, cette magnifique Alfa 6 phase 2 est très rare de nos jours.
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Dérivés de la Renault 12, les 15 et 17 sont bien rares de nos jours. Leur esthétique particulière est plutôt réussie et le toit ouvrant est un plus indéniable.
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Débauche de prototypes C111 sortis tout droit du musée sur le stand Mercedes, une occasion unique de les voir rassemblés.
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L’un des nombreux espaces extérieurs où les vendeurs pouvaient proposer leur véhicule.

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Interclassics Brussels 2018 : Porsche et l’Expo 58 à l’honneur

Liberté, progrès et… sportivité, les thèmes de l’expo 58 ont largement été mis en valeur lors de cette nouvelle édition du salon Interclassics, tout comme le septantième anniversaire de Porsche. (Texte et photos: Dimitri Urbain)

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Interclassics est devenu un salon incontournable du calendrier belge des manifestations d’anciennes. L’édition 2018 renforce la réputation de cette manifestation de haute tenue. Outre les expositions thématiques consacrées à Porsche et aux véhicules de l’Expo 58, nombre de véhicules de qualité étaient offerts à la vente. Après quelques années d’emballement, il semblerait que certains prix se calment mais restent soutenus.  La qualité des véhicules proposés était élevée. En marge, de nombreux professionnels proposaient des pièces, accessoires… et le lot habituel de livres et miniatures.

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Exposition Porsche

Afin de fêter dignement les septante printemps du constructeur Allemand, divers modèles étaient exposés. Parmi eux, un coupé « Gmund » produit en 1949. A ses côtés, d’autres versions de la 356 : un Speedster Pre A,  une Pre A à moteur 1500 S, une 356 SL, des cabriolets 356 A Reutter et B signé D’Ieteren ; une Carrera GT Speedster, une Carrera Abarth sortie de chez Zagato et dont les lignes sont signées Franco Scaglione.

Nous vous proposons une découverte en images…

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1° L’exposition Porsche et son parterre de versions rares de la 356.

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2° Un hall complet occupé par des professionnels, dont nombre venus des Pays- Bas : éclectisme et qualité au rendez-vous.

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3° Un magnifique Ford Transit de 1975 avec moins de 9.000 km… à vous pour 28.500 € quand même!

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4° Cette Estafette était affichée au même prix mais avec 6.500 km seulement. Véritable madeleine de Proust pour de nombreux visiteurs, les utilitaires sont les parents pauvres du monde des anciennes, souvent utilisés jusqu’à la corde et jetés sans regrets, leur taux de survie est l’un des plus faibles.

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5° Développée pour la recherche pétrolière dans le Sahara, cette 2 CV du même nom présente la particularité d’être propulsée par 2 moteurs, ce qui en fait un 4 X 4 d’une efficacité redoutable. Elle est équipée de deux réservoirs sous les sièges avant et son assemblage était assuré par Panhard.

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6° Couleur très seventies pour ce coupé Scirocco en parfait état.

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7° Parmi les nombreuses Porsche présentes, ce Speedster venu tout droit de Californie avec une patine d’époque très craquante. Restaurer? Ou rouler comme ça, avec les traces d’une vie passée sur les freeways de Los Angeles?

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8° Cette Rover 2000 était très moderne pour son époque. Elle a remporté la première édition de la Voiture de l’année en 1964. Pour l’anecdote, certaines versions permettent d’installer la roue de secours à plat ou verticalement dans le coffre ou… sur le couvercle de malle!

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9° Dans les années 70, Alfa Romeo était un concurrent sérieux de BMW… ses berlines sportives séduisaient de nombreux pères de famille. Entre son moteur double arbre alimenté par deux double corps et sa transmission transaxle favorisant une répartition des masses idéale, l’Alfetta entretenait aussi la tradition maison en reprenant le patronyme de la F1 des années 50. Dommage que la rouille aie fait autant de victimes… mais cet exemplaire y a miraculeusement échappé!

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10° Dans les années 70, elle était la supercar des familles! La Lamborghini Espada dispose de places arrière pouvant accueillir de jeunes enfants… sur de courts trajets. Cette livrée orange met particulièrement en valeur ses lignes uniques.

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11° Il s’agit bien d’une Fiat Topolino mais… produite sous licence par NSU. Cette Weinsberg date de 1939 et était à vous pour la modique somme de 47.500 €. 

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12° En état d’origine, cette Coccinelle split de 1950 affiche un kilométrage réduit… et les fameuses « trappes à rhumatismes » uniques à ce millésime.

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13° Non ce n’est pas une italienne… mais bien une allemande, une Glas 1700 GT, dont le dessin est signé Frua. Produite à un peu plus de 5000 exemplaires par ce constructeur, il en sortira encore un bon millier sous la marque BMW après la reprise mais en motorisation 1600 cm3.

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14° Moteur Bugatti 55… l’art se trouvait aussi sous le capot des bolides de Molsheim.

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15° Pour amateurs de briques et autres blocs… ce coupé Volvo est signé Bertone mais reconnaissons que le maître italien a fait beaucoup mieux!

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16° Les plus anciens reconnaîtront ces engins de l’expo 58…

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17° La Série 3 E 30 est l’une des valeurs sûres du marché Youngtimer. Ce cabriolet à moteur quatre cylindres était en parfait état.

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18° La Simca Rallye 3 fête ses 40 ans! Chant du cygne de la 1000, cette bombinette disposait de 110 ch et a permis à de nombreux pilotes en herbe de s’amuser depuis les années 70. Revers de la médaille, en trouver une dans cet état relève de la quête du Graal…

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19° Formule d’avenir? Cette Méhari est équipée d’un… moteur électrique. Après Jaguar et Aston Martin, d’autres constructeurs vont-ils emboîter le pas et proposer des re-motorisations électriques (à défaut d’être… électrifiantes?) pour leurs modèles classiques?

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20° Une Maserati 3500 dans son jus… à utiliser telle quelle et sans modération!

Librairie: Hypercars Ferrari: des témoignages en abondance

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Le tifoso que je suis a toujours beaucoup de mal à découvrir de nouvelles choses à la lecture d’un livre consacré à la marque au cheval cabré. L’ouvrage de l’américain Winston Goodfellow dédié aux supercars de Ferrari est intéressant dans le sens où il retrace l’histoire de la marque mais en insistant sur les modèles les plus exclusifs et ce, dès les premières années d’existence. Cela donne un éclairage original à un récit maintes fois conté.

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Intelligement, l’auteur américain (photo ci-dessus) utilise énormément de témoignages issus de diverses publications. Cela donne un côté vivant à son texte et logiquement, ses références médiatiques proviennent inévitablement de magazines americano-anglo-saxons.

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Selon lui, les origines des supercars italiennes remonteraient à la très exclusive 340 America produite en 23 exemplaires seulement. L’auteur a le bon goût de mêler iconographie d’époque avec des photos plus récentes. On adore les clichés noir et blanc d’autant qu’ils sont parfaitement contre-balancés par des photos couleur qui évitent le côté esthétisant de ces bouquins américians où les voitures sont plus neuves qu’elles ne l’ont jamais été de leur vivant.

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Winston distille également quelques portraits, tout au long du livre, où les hommes qui ont compté dans l’histoire de Ferrari ont droit à leur moment de gloire. Le designer  Sergio Pininfarina mais aussi l’ingénieur Nicola Materazzi ou encore Franco Meiners qui poussera à nouveau Ferrari vers les courses d’endurance tout en étant l’initiateur de la mise en valeur du patrimoine. Ce qui est également intéressant dans ce livre conscré aux hypercars, c’est qu’on y retrouve des photos de toutes les concurrentes des Ferrari. Lamborghini Miura, Maserati Ghibli, Monteverdi 400 SS avant l’arrivée des Porsche 959 et autres Mc Laren F1.

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L’aspect compétition n’est pas absent des 240 pages de l’ouvrage puisqu’on y trouve de longs chapitres consacrés à la 288 GTO Evoluzione, à la F40 LM/GTE ou encore à la F50 GT, la plus rapide de toutes mais qui ne dépassera pas le stade de prototype. Enfin, l’épilogue est à mes yeux, l’un des meilleurs moments du livre parce que l’auteur y regrette la disparition d’un plaisir de pilotage apparu avec la F50. « Bientôt, ces supercars sans âme ne seront rien d’autre qu’un enième appareil, un moyen de transport rapide et non plus les pures bijoux qu’ils furent longtemps – hypnothiques, enthousiasmantes, inoubliables. »

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Toutes les photos de la nouvelle Audi TT