Mille Miglia 2018: un grand cru! (texte et photos: Dimitri Urbain)

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Depuis 1927, cette course de ville à ville soulève l’enthousiasme des foules et… des participants du monde entier. Pour cette nouvelle édition du Revival, le plateau était encore une fois de haute qualité.

Dès les débuts de l’automobile, les courses de ville à ville, comme Paris- Bordeaux, remportent un grand succès. Certes, les routes n’en ont souvent que le nom, les conditions sont épouvantables et le nombre de victimes, souvent mortelles, fort élevé. Rapidement, le développement de circuits va en faire décroître le nombre. Cependant, en Italie, les Mille Miglia, continuent dans cette tradition, à partir de 1927. Sa création est due à Franco Mazzotti; Aymo Maggi; Renzo Castagneto et Giovanni Canestrini. Cette course relie Brescia à Rome et retour, traversant de magnifiques régions. C’est une vitrine qui ne manque pas d’attirer des constructeurs comme O.M. (établi à Brescia) et Alfa- Romeo. Dans les années 30, le régime fasciste y voit également l’occasion de mettre en avant l’orgueil national. Aux côtés des grands pilotes et des équipes d’usine, une multitude d’amateurs s’y aligne sur des engins de série modifiés, adaptés voire des exemplaires uniques carrossés par les plus grands couturiers automobiles italiens (Zagato, Stabilimenti Farina, Touring…) ou d’autres moins connus. (Motto, Casaro, Colli…) Après la seconde guerre mondiale, c’est le règne des artisans comme Siata, Stanguellini, Cisitalia ou encore Osca.

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L’aventure des Mille Miglia, ce sont 450 voitures historiques dans leur habitat naturel, une chance unique de les voir en action et plus confinées dans un musée. L’engouement est tel que pas loin de 700 demandes d’inscription sont enregistrées chaque année, en provenance du monde entier, malgré un montant supérieur à 9.000 € par équipage!

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Les organisateurs n’ont donc que l’embarras du choix. Cette année a vu la création du Registro Mille Miglia qui authentifie les voitures ayant pris part aux éditions historique de la course. Ce sont donc d’abord ces voitures qui sont éligibles puis viennent celles d’un type et modèle identiques à ceux de voitures ayant participé entre 1927 et 1957 puis… celles qui auraient pu y prendre part. Cette façon d’agir permet évidemment d’obtenir un certain renouvellement et de voir des voitures différentes tous les ans.

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Les Mille Miglia 2018 se sont déroulées du 16 au 19 mai dernier, en quatre étapes: la première de Brescia à Cervia Milano Maritima, sur la côte Adriatique; de cette ville à Rome le lendemain puis de Rome à Parme et enfin de Parme à Brescia. Ce qui, au volant de certains engins, relève de l’exploit… Pour la première fois cette année, la caravane de la course est même passée au centre de Milan, à l’ombre du Duomo, pour le plus grand plaisir des badauds et autres promeneurs et… en hommage à la ville où l’idée de la créer a vu le jour.

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Au-delà de l’aspect sportif de l’évènement, c’est toute une culture automobile et un art de vivre à l’italienne qui permet aux amateurs de se replonger dans une ambiance tout à fait unique, faite de bruits, d’odeurs, d’images fortes et… de yeux émerveillés. Tout au long du parcours, des milliers de spectateurs, grands et petits, agitent le petit drapeau magique de la freccia rossa pour encourager les équipages. Ici plus qu’ailleurs, c’est l’ivresse qui compte plus que le flacon. Cette année voit la victoire d’un équipage argentin (Tonconogy-Ruffini) sur Alfa- Roméo 6C 1500 GS de 1933. Les quatre places suivantes sont trustées par des Alfa Roméo 6 C 1500 SS; 1750 SS Zagato et des Lancia Lambda aux mains d’équipages Italiens.

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Les futurs vainqueurs, Toncognoni- Ruffini sur Alfa Roméo 6C 1500 Grand Sport Testa Fissa.

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Habitué du circuit des concours d’élégance et à la tête d’une impressionnante collection, Corrado Lopresto est ici au volant de son Alfa Romeo 6C 1750 Gran Sport Aprile, un exemplaire unique datant de 1931.

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Une magnifique Cisitalia 202 SC venue de Hollande.

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Avant d’être une marque de luxe et de connaître un destin funeste, Lancia s’est également fait remarquer par ses voitures sportives, comme cette Lambda de 1928.

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Une des nombreuses spéciales des Mille Miglia, cette Ermini Siluro, carrossée par Motto, est propulsée par un moteur FIAT 1100 cm3 et date de 1950. Dans son sillage, une FIAT Topolino tente de la rattraper…

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Archétype de la berline sportive britannique, cette MG SA de 1938 n’est sans doute pas la plus maniable.

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En Italie, l’automobile, le sport et… l’église sont indissociables!

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L’une des voitures les plus récentes acceptées pour la course, cette Lotus Eleven est l’un des nombreux chefs- d’œuvres de Colin Chapman.

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Une autre Lancia Lambda, celle-ci est carrossée par Cassaro et date de 1929.

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Embouteillage à Brescia! Ces Jaguar, C-Type et XK 120 semblent avoir beaucoup de mal à contenir les Mercedes 300 SL prêtes à bondir.

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Surpris lors du contrôle technique, Walter Röhrl et Christian Geistdörfer étaient alignés par Porsche sur une 356 A 1500 GS Carrera de 1956. Jacky Ickx était également de la partie, sur un Spyder 550 A 1500 RS de 1957.

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De faux airs de Ferrari pour cette Gilco FIAT 1100 Sport. Les châssis Gilco ont été plébiscités par de nombreux pilotes des Mille Miglia tout au long des années 50.

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Une Ford A de 1931 n’est certainement pas ce qui vient d’abord à l’esprit pour participer aux Mille Miglia… c’est pourtant très original de s’y engager avec un engin de ce type qui aurait pu y participer à l’époque.

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Une Porsche 356 1500 Super de 1952, un engin idéal pour ce type de compétition.

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Malgré son gabarit imposant, cette Alfa Romeo 6C 2500 SS coupé à carrosserie Touring se joue des difficultés du parcours.

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Equivalente de nos supercars actuels, cette Alfa Roméo 8C 2300 Monza permettait aux amateurs fortunés de s’aligner en compétition au début des années 30. C’est toujours le cas aujourd’hui.

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Non, ce n’est pas une voiture de manège ! Cette FIAT SIATA 750 Sport Fenocchio date de 1948. Mieux vaut entretenir d’excellents rapports avec son passager…

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Mercedes est l’un des principaux sponsors des Mille Miglia. La marque est donc très présente dans la course, comme en témoigne cette 710 SSK de 1928.

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Autre spéciale aux lignes superbes, cette Ermini 1100 Berlinetta est signée Motto et date de 1950.

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Une O.M. 665 S MM Superba 2000 de 1927, c’était un peu la Ferrari de l’époque. Après avoir produit des utilitaires durant de nombreuses années, la marque existe toujours mais ne produit plus que… des chariots élévateurs.

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Toute l’ambiance des Mille Miglia et… une Bugatti 40 de 1929.

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Au hasard d’un arrêt, une Alfa Romeo 6C 1750 Grand Sport en compagnie d’autres modèles de la marque. Il n’y a guère qu’aux Mille Miglia qu’il est possible de voir rouler ces engins sur route ouverte.

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Alpine et les Mille Miles c’est une longue histoire. Jean Rédélé s’est aligné à Brescia sur 4 CV avant de devenir constructeur. En hommage à la course, il a baptisé cette A 106 Mille Miles… Elle date de 1957.

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Une autre Alfa Romeo mythique, une 6C 1750 Gran Sport Brianza de 1932. A ses côtés une Stanguellini 1100 Hard Top Ala D’Oro de 1947, deux époques, deux styles propres aux Mille Miglia.

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Une autre spéciale, à châssis Gilco, il s’agit ici d’une Giannini 750 Sport de 1950. La marque s’est ensuite illustrée dans la préparation des FIAT 500 et l’atelier existe toujours à Rome. Il réalise des transformations et adaptations pour les véhicules des forces de l’ordre sur bases du groupe FIAT.

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Rallye d’Ypres: qui pour taquiner Neuville?

Une fois encore, le sixième rendez-vous du Championnat de Belgique des Rallyes présentera une affiche de très grande qualité car les engagements s’accumulent chez l’organisateur. Vous le savez déjà, Thierry Neuville sera à nouveau de la partie pour viser la victoire, lui qui, en 2017, était sorti de la route le vendredi avant d’aligner les scratches par la suite. Une fois encore, le leader actuel du Championnat du Monde des Rallyes n’aura pas nécessairement la partie gagnée dans le Westhoek!

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Abbring avec la nouvelle Citroën C3 R5

Bien sûr, Thierry et Nicolas endosseront le costume de favoris mais étant donné qu’ils ne disposeront pas de leur WRC habituelle, mais bien de la version R5 de la Hyundai i20 R5, la victoire ne leur est pas nécessairement acquise.

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La présence d’une référence de ce niveau motive forcément d’autres ténors à relever le défi, à commencer par Kevin Abbring, vainqueur de la dernière édition. Le Néerlandais, de nouveau secondé par Pieter Tsjoen, le seul à avoir remporté Ypres en tant que pilote et copilote, disposera d’une Citroën C3 R5 pimpante neuve. Nous attendrons également une nouvelle Citroën C3 R5 pour Kevin Demaerschalk.

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Bouffier en Skoda

Indépendamment de ces deux C3 R5, il y a bien entendu l’armada Škoda, menée par Bryan Bouffier, à qui la victoire avait échappé l’an dernier pour 8 petites secondes. Le Français, qui a récemment remporté le Rallye d’Antibes, est certainement un sérieux candidat à la victoire, tout comme le Norvégien Ole-Christian Veiby, qui viendra parfaire son expérience de l’asphalte à Ypres. Pour un des premiers accessits, il faudra aussi penser à Hermen Kobus, habitué du Top 5 avec sa Škoda Fabia R5.

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Et puis il y a les ténors belges avec la rapide R5 tchèque, dont celle du Champion de Belgique en titre, Vincent Verschueren, et celles des Kris Princen, Sébastien Bedoret, excellent depuis ses débuts au volant de la voiture de l’importateur, Didier Duquesne, Davy Vanneste et quelques autres encore attendus, dont Cédric Cherain.

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Keith Cronin pour l’honneur britannique avec une Hyundai i20 R5

De nombreux pilotes d’outre-Manche, qui viennent de terminer la deuxième course du MSA British Rally Championship, optent pour une Ford Fiesta R5, comme Alex Laffey, Sam Moffett et Matt Edwards. Keith Cronin, qui l’an dernier a remporté le Tony Pond Award dédié au premier pilote britannique classé, défendra son titre avec une Hyundai i20 R5, tandis que d’autres choisissent une Škoda, tels Martin McCormack et Rhys Yates. Et chez Peugeot, l’année dernière à la fête avec Kevin Abbring, la confiance s’est accrue après la victoire de Guillaume de Mevius à Oostrozebeke.

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Avec les équipes qui doivent encore remplir quelques formalités, nous approchons ainsi la trentaine de R5, ce qui nous assure une belle affiche. D’autant que la bataille entre les juniors britanniques et belges sera également très intéressante à suivre en R2. Et puis, il y a le spectacle grandiose dont nous gratifient toujours les Porsche 997 GT3, a fortiori avec des pilotes de la trempe de Tim Van Parijs, Patrick Snijers, Gunther Monnens, Chris Van Woensel, Claudie Tanghe, Jochen Claerhout, Fredericq Delplace et Yves Bruneel, tous réputés pour avoir une vitesse de pointe qui n’est plus à prouver.

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C’est sûr, les moyennes seront à nouveau très élevées sur les 23 spéciales du Rallye d’Ypres, les 22 & 23 juin!

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