Lorsqu’Abarth sauve le Salon de Genève par Dimitri Urbain

IMG_6560_edited

Les mauvaises langues diront qu’il fallait bien « meubler » suite à l’absence de plusieurs constructeurs. Mais ne boudons pas notre plaisir, l’exposition célébrant les 70 ans d’Abarth vaut réellement le détour et d’aucuns diront que c’est là que se trouvent les plus belles voitures du salon! Retour en images sur quelques œuvres d’art et le retour du style néo-rétro.

1

Après la guerre, Carlo Abarth collabore au projet Cisitalia. Lors de son arrêt, en 1949 , il se retrouve avec 5 voitures de course. L’une de ces monoplaces est recarrossée en berlinette chez Vignale et c’est un véritable chef d’œuvre. L’Abarth 204A devient 205 en 1951 et demeure l’une des plus belles voitures de cette époque. Et si les 82 ch de son moteur paraissent aujourd’hui bien modestes, il en allait tout autrement à l’époque.

2

Produit entre 1957 et 1958, cet élégant spider 750 reçoit une carrosserie signée Zagato. Au début, Abarth n’est pas satisfait du résultat, trouvant les proportions déséquilibrées entre l’avant et l’arrière. Il se tourne vers Allemano et Michelotti pour revoir la copie. Destinée au marché américain, la voiture est malheureusement très chère et ses ventes limitées.

3

Parmi les dérivés de la Fiat 500, l’Abarth 500 GT Zagato de 1958- 59 est l’une des plus réussies, même si ce type de carrosserie convient mieux à un véhicule plus long.

4

Cette jolie Abarth 595 SS  de 1970 est véritablement LE modèle emblématique du sorcier turinois. Ses 130 km/h permettront à plus d’un pilote amateur de briller en compétition. C’est bien évidemment le modèle le plus célèbre de la marque au scorpion qu’elle porte fièrement sur son capot avant.

5

Dérivée de la Fiat 600, l’Abarth 1000 Gr.V date de 1968. Elle est équipée d’une culasse spécifique avec chambre de combustion hémisphériques et de conduits d’admission et d’échappement séparés qui permettent de disposer de 95 ch sous le pied droit. La carrosserie se pare d’un imposant pare-chocs/spoiler avant et le capot moteur reste ouvert à l’horizontale pour assurer le refroidissement. Toute une époque!

6

Cette 1000 Bialbero (double arbre à cames en tête) de 1960 est l’évolution ultime de ce petit coupé carrossé par Zagato né en 1958. Il peut être également monté avec des moteurs 700 et 850 cm3.

7

La 1300 GT de 1962 est réalisée en collaboration avec SIMCA, constructeur très proche de FIAT. Son moteur est dérivé de celui de la SIMCA 1000 et reçoit une culasse double arbre à cames en tête avec deux carburateurs double corps. Les 125 ch n’ont aucun mal à propulser les 630 kg de l’engin à 230 km/h! Elle est vendue plus de trois fois le prix d’une 1000 de base!

8

La barquette Abarth 1000 SP date de 1966. Elle est équipée d’un moteur 4 cylindres double arbre dérivé de celui de la Fiat 600 contemporaine. Alimenté par deux Weber 40 DCOE, il développe 105 ch et propulse l’engin de 480 kg à 220 km/h.

9

Réalisée intégralement chez Abarth en 1960, la 700 était conçue pour prendre part aux 24 Heures du Mans. Légère, 410 kg, ses 75 ch étaient suffisants pour l’amener à un bon 200 km/h et espérer damer le pion aux DB Panhard 750. Finalement, elle ne passera pas le cap des vérifications techniques pour une sombre histoire de position du réservoir.

10

La barquette 2000 SE010 date de 1968 et dispose de pas moins de 250 ch. Elle s’illustre sur différents circuits à partir de la saison 1969, une fois les 25 exemplaires imposés par les règlements de l’époque ayant été produits.

11

Chant du cygne de la marque en catégorie Sport Prototype, la SE 020 est équipée d’un moteur central 2 litres de 260 ch.

12

Une Fiat 500 de record s’adjuge six records mondiaux de vitesse sur la piste de Monza entre le 13 et le 20 février 1958, tournant à une moyenne de 108,252 km/h. Abarth présente alors une 500 de record à châssis tubulaire et carrosserie aérodynamique qui signe à son tour 17 records début octobre 1958 et atteint 165 km/h.

13

Dérivée de la FIAT 600 en 1956, cette monoplace reçoit une carrosserie aérodynamique signée Franco Scaglione et fabriquée chez Bertone. D’abord rouge, elle s’adjuge le record des 24 H en catégorie H les 17 et 18 juin 1956 avec 3.743, 642 km couverts à une moyenne de 155,985 km/h. Quelques jours plus tard, repeinte en gris métal, elle est remotorisée en 500 et puis en 800 cm3, toujours dérivés du moteur de la FIAT 600, et s’adjuge d’autres records dans les classes G et I.

14

L’OT 2000 Coupé de 1966 est bien évidemment dérivée de la FIAT 850 coupé. Elle est équipée d’une version 2 litres de 185 ch du moteur qui équipe la Simca Abarth 2000 GT. La roue de secours faisant office de partie centrale du pare-chocs avant s’est imposée parce qu’il fallait bien caser les radiateurs de liquide de refroidissement et d’huile quelque part! Elle atteint 240 km/h en pointe.

15

Certainement l’une des plus belles Abarth… le coupé 2400 est dessiné par Giovanni Michelotti et carrossé chez Allemano. Datant du début des années 60, il représente alors une incursion de la marque dans le grand tourisme.

16

Les lignes inimitables de la Lancia Stratos ont été réactualisées. Signée Bertone, l’originale a remporté le titre mondial des rallyes en 1974, 75 et 76. La version contemporaine est motorisée par un V8 Ferrari (celui de la 430), seuls 25 exemplaires verront le jour. Elle est assemblée à Turin par la société MAT.

17

Gio Ponti est l’un des plus grands architectes italiens du 20ème siècle. Outre des bâtiments, du mobilier et différents objets, il s’est également essayé à l’automobile. Son prototype « Linea Diamante », dessiné en 1953, a vu le jour récemment. Moderne pour son époque, les surfaces vitrées latérales présentent une grande surface. Le traitement des volumes n’est pas sans rappeler la… Wendax allemande de la fin des années 40 et les Renault 4, 6 et 16.

18

Enfin une voiture électrique qui est cool? La Nobe a vu le jour en Estonie. Elle est disponible en deux versions qui se différencient par leur autonomie (210 ou 260 km) et leur vitesse de pointe (110 ou 130 km/h). Les prix varient de 37.000 à 47.000 €… pas donné mais très original! Esthétiquement, elle rappelle une Frisky Family Three anglaise de 1958 qui aurait croisé une Saab 93. (Texte: Dimitri Urbain – Photos: DU et BL)

IMG_6601

IMG_6562

IMG_6582

IMG_6589

IMG_6584

IMG_6583

IMG_6569

Publicités

BRC: Spa Rally: Qui pour contrer Princen?

bb67a599-76c4-419d-a33d-f7e2e024a8e2
Vainqueur au ralye de Hesbaye, Kris Princen tentera de poursuivre son beau début de saison en ajoutant le Spa Rally à son palmarès.

Dès ce jeudi après-midi, le paddock du circuit de Spa-Francorchamps va s’animer puisque les concurrents du Spa Rally 2019 vont y installer leurs structures. Le Shakedown est programmé le vendredi après-midi du côté de Ster avant d’entamer un week-end riche de deux fois douze spéciales.

IMG_0039
Guillaume de Mévius sera, une nouvelle fois, très surveillé…

Alors que la météo annoncée devrait nous offrir un rallye bien gras et délicat, Kris Princen tentera de faire honneur à son étiquette de favori. Vainqueur du Rallye de Hesbaye, le pilote de la nouvelle Volkswagen Polo R5 BMA sera présent pour réussir la passe de deux, mais on sait que le rendez-vous spadois ne lui a pas toujours souri par le passé. D’autant qu’il pourra sentir le souffle de ses adversaires directs et déclarés, à commencer par Adrian Fernémont (Skoda Fabia R5), le vainqueur en titre, et Guillaume de Mévius (Citroën C3 R5), qui tentera de trouver enfin la vitesse sans passer par la case débosselage.

Fern_montA_1902_Hasp__JHen__1
Vainqueur en 2018, Adrian Fernémont aimerait logiquement renouveler l’expérience…

La dernière inconnue concernait la monture privilégiée par Cédric Cherain, médaillé d’argent à Landen, et bien décidé à engranger de nouveaux gros points à Spa. Le pilote liégeois s’est rabattu sur une Skoda Fabia R5 en provenance des ateliers de SXM Competition de Jourdan Serderidis. Objectifs clairement avoués de Cherain: mettre la pression sur Princen et viser – au moins – un nouveau podium.

DeMeviusGh_1902_Hasp__JHen__5
Ghislain de Mévius fera virevolter sa Skoda Fabia R5 sur les jolies routes ardennaises.

Dans le sillage des favoris logiques, le peloton de chasse sera sans doute emmené par Ghislain de Mévius (Skoda Fabia R5), Cédric De Cecco (Skoda Fabia R5) et Patrick Snijers (Volkswagen Polo R5), la liste des bolides de la catégorie R5 étant complétée par les Ford Fiesta de Pieter-Jan Michiel et Philip Cracco, la Peugeot 208 T16 de Joachim Wagemans et la DS3 d’Armand Fumal.

2302_2019_0518297384030141903626
Après son retrait sur sortie, très tôt à Landen, Patrick Snijers aura à coeur de signer un résultat dans la cité thermale.

Le public mélomane pourra profiter de l’affrontement royal qui s’annonce entre les dompteurs de Porsche 911 GT3 que sont John Wartique, Francis Lejeune, le revenant Pascal Gaban, Romain Delhez et Fred Bouvy. Pas de doute, la bande son sera elle aussi de qualité. Dans les rangs des outsiders, on retrouve Stephan Hermann (Fiat Punto S1600), Steve Vanbellingen (Mitsubishi Lancer Evo10), Pierre Hubin (Mitsubishi Lancer Evo9), Jean-Pierre Destrument (Mitsubishi Lancer Evo9) et consorts.

Hasp19__KL_00056
Grégoire Munster s’est imposé en Hesbaye. A Spa, la concurrence sera renforcée.

Initialement engagé avec une Skoda Fabia R5 qu’il n’a finalement pas trouvée, Amaury Molle se rabat sur une Peugeot 208 R2 qui vient encore renforcer l’affiche de la catégorie Junior BRC, où il sera opposé au champion en titre Grégoire Munster (Opel Adam R2), au véloce Hollandais Timo van der Marel (Opel Adam R2), à Tobias Brüls (Peugeot 208 R2) et à Thibaud Mazuin (Peugeot 208 R2). Chaud patate!

3080c6b4-fc8d-4ff3-9a1b-0869d176c5f8
Gino, le Tonton flingueur de chronos, espère retrouver de la fiabilité du côté de sa belle Escort.

En Historique, c’est à un conflit de générations qu’on risque fort d’assister, avec les Youngtimers de Guino Kenis (BMW M3 E30) et Dirk Deveux (Ford Sierra Cosworth) face aux Oldtimers de Gino Bux (Ford Escort MK1), Johnny Delhez (Ford Escort MK2), Stefaan Prinzie (Opel Ascona 400), Patrick Deblauwe (Ford Escort MK2), Arthur Kerkhove (Ford Escort MK2), Jean-Michel Gerome (Ford Escort MK2), avec en guise de cerise sur le gâteau l’inattendue… Lotus Elan du local Grégoire Destexhe, qui brille généralement dans les montées historiques.

KenisG_1902_Hasp__JHen__1
Toujours généreux dans l’effort, Guino Kenis devrait nous enchanter à bord de sa jolie BMW M3.

Avec quelque 170 équipages au départ, les spectateurs du Spa Rally 2019 s’apprêtent à passer du bon temps entre les spéciales et QG de l’épreuve au cœur de Spa. Voilà qui promet!

Horaire

Samedi 16 mars

ES1/6/11 Winanplanche     8h31 – 13h26 – 18h21

ES2/7/12 Theux                    8h50 – 13h45 – 18h40

ES3/8      Francorchamps   10h46 – 15h41

ES4/9      Wanne                   11h04 – 15h59

ES5/10    La Gleize               11h40 – 16h35

Dimanche 17 mars

ES13/17/21 Francorchamps 8h35 – 12h00 – 15h25

ES14/18/22 Herve                   9h13 – 12h38 – 16h03

ES15/19/23 Fays show           9h47 – 13h12 – 16h37

ES16/20/24 Spa                      10h11 – 13h36 – 17h01

HASP2019_DN__004

WRC: Rallye du Mexique: La chance au champion

2139448-3owdorc9db
Sébastien Ogier a vite effacé sa piètre prestation suédoise en signant au Mexique sa deuxième victoire de la saison.

A l’issue du troisième rendez-vous de la saison 2019 du Championnat du Monde des Rallyes, il est temps de tirer les premières conclusions même si les trois premières épreuves constituent à elles seules des exceptions étant donné leur revêtement. A la glace du Monte-Carlo a succédé la neige de Suède et la terre du Mexique. Sans oublier que ce dernier se dispute en altitude et limite de ce fait la puissance des moteurs.

AP-1YPBSR91W1W11_hires_jpeg_24bit_rgb
Succès de foule indubitable pour cette troisième manche de la saison qui n’est pourtant pas exempte de tout reproche.

Avec deux victoires et un abandon, le français Sébastien Ogier fait encore et toujours figure de candidat numéro un à sa propre succession. Au Mexique, il s’est à nouveau montré impérial en début d’épreuve alors qu’il ne bénéficiait pas d’une position idéale sur la route. Dès le premier passage dans la spéciale de El Chocolate, la deuxième du rallye, le Français signe un deuxième chrono alors que Tänak (Toyota Yaris WRC) perd 21″ tandis que Thierry Neuville crève et perd déjà 42″…

2139535-3b4eh78l70
Suite à un drapeau rouge dans l’ES10, Ogier reçoit un temps forfaitaire qui « efface » le temps perdu suite à une crevaison. La chance du champion!

Un à un, les autres opposants au pilote Citroën perdent pied à l’image des Hyundai de Sordo et Mikkelsen, retardés par des soucis techniques, et c’est l’étonnant Elfyn Evans qui s’installe sur la deuxième marche du podium provisoire à bord de sa Ford Fiesta WRC mais à 14″9 d’Ogier le vendredi soir. Troisième Kris Meeke est le meilleur représentant du clan Toyota, à 21″1 tandis que son équipier estonien compte 37″1. Thierry est sixième à une minute et n’a rien pu faire pour réduire l’écart.

AP-1YNS7CBWH1W11_hires_jpeg_24bit_rgb
Victime de soucis électriques à la fin de la première étape, Dani Sordo a perdu gros.

Le samedi, on assiste à un psychodrame dans l’ES10, la première de la journée, lorsque Sébastien Ogier crève à son tour, à l’avant gauche, et retombe juste devant Thierry au classement général, à moins de 20″. Mais comme la chance ne sourit qu’au champion, la sortie de son équipier Lappi entraîne le déploiement d’un drapeau jaune et donc l’établissement d’un temps forfaitaire qui permet au français de rester en tête. Un scénario digne du crashgate vécu en 2008 au GP Singapour quand la sortie de Piquet Jr avec la Renault avait permis à Alonso son équipier de remporter une victoire. Qui provoque une tempête sur les réseaux sociaux sans parler de certains pilotes comme Meeke ou Neuville qui n’hésitent pas à laisser sous-entendre que Lappi aurait appuyé sur le bouton rouge alors qu’il était hors de danger.

AP-1YPFZYXJH1W11_hires_jpeg_24bit_rgb
Ogier et Citroën ont déclenché une tempête dans un verre d’eau…

L’équipe Citroën sera blanchie puisque l’organisateur reconnaîtra que c’est lui qui a pris la décision alors que Lappi avait signalé que l’équipage était indemne. Une organisation mexicaine qui commettra de nombreuses bévues tout au long du week-end et qui ne mérite certainement pas de jouer en WRC. Jump dangereux dans la spéciale-show de jeudi soir, barrière fermée devant Mikkelsen le samedi, engin de chantier placé à l’extérieur d’une courbe rapide, les faits n’ont pas manqué pour remettre en question l’organisation de ce rallye coûteux.

WRC_2019_Rd3_088
Ott Tänak continue d’engranger les points après sa victoire suédoise, il termine second au Mexique et conserve la tête du championnat.

Mais revenons au déroulement de la course, limpide pour le premier, qui ne sera jamais inquiété, et qui a conquis sa cinquième victoire mexicaine grâce à une lucidité épatante en début de course et après avoir signé sept meilleurs temps faisant de lui le meilleur performer de l’épreuve devant l’Estonien Tänak (6 MT) et un étonnant Mikkelsen (3 MT). Derrière, Meeke, Latvala et Neuville en signent 2 chacun tandis que Sordo et Lappi n’en prennent qu’un seul à leur compte. Si les Hyundai ont fait illusion en début de rallye, c’est une nouvelle fois Toyota qui s’en sort le mieux à l’arrivée avec les 2e et 5e places de Tänak et Meeke ce qui rapporte de précieux points à la marque japonaise au championnat des marques.

AV201903185
Très belle course d’Elfyn Evans qui a su profiter de sa position en début d’épreuve avant de laisser la deuxième place du podium à Tänak.

Troisième à l’arrivée, Evans sauve les meubles pour Ford après la sortie de Suninen dès l’ES2. C’est donc, une nouvelle fois, Hyundai qui réalise la moins bonne opération du week-end à la suite des abandons de Mikkelsen (touchette dans l’ES5) et Sordo, trahi par le système électrique de sa i20 WRC à la fin de la première étape.

AP-1YP3Q7GR11W11_hires_jpeg_24bit_rgb
La crevaison de Thierry Neuville dès l’ES2 lui a coûté cher. Il n’a jamais pu compter sur sa Hyundai pour remonter à la régulière. Sa 4e place finale est une belle consolation.

Au classement provisoire du championnat, Ott Tänak, le plus régulier, conserve la tête mais Ogier est revenu à 4 unités grâce à ses deux victoires tandis que Neuville pointe à 10 points de l’Estonien.

WRC_2019_Rd3_328
Kris Meeke a une nouvelle fois soufflé le chaud et le froid. Mais ce sont surtout ses mots très durs à l’encontre de Citroën qui marqueront les esprits. L’Anglais présentera finalement ses excuses.

Chez les constructeurs, Toyota est logiquement devant avec 86 points devant Citroën (78) et Hyundai (77).

AP-1YPC4TB391W11_hires_jpeg_24bit_rgb
Le prochain rallye se disputera à la fin du mois, en Corse, sur asphalte. Il faut absolument que Thierry s’y impose s’il ne veut pa voir filer ses espoirs de titre…

La prochain épreuve se disputera en Corse, sur asphalte, à la fin de ce mois et Ogier a déjà prévenu que celui qu’il craignait le plus s’appelait… Sébastien Loeb. Voilà qui va plaire à certains!

2138944-3nxgxstpib
Sébastien Ogier soigne son image auprès des petits supporters mexicains.

Patrimoine: Skoda 130 RS : la Porsche de l’Est! par Dimitri Urbain

170117 130RS Monte Carlo (2)

Sport automobile et pays de l’Est… dans les années 60 et 70 l’association semblait contre nature et faisait beaucoup rire certains! Certes, les voitures des pays communistes ont longtemps été la risée à l’ouest, victimes de blagues en tous genres. L’immense majorité n’était en tous cas pas nécessairement conçue ni adaptée à un usage en compétition.

1
En version « compétition client », prête à en découdre en spéciale ou sur circuit…

Néanmoins, un pays s’est toujours démarqué des autres du bloc de l’Est, par sa tradition industrielle: la Tchécoslovaquie. Avec Tatra et Skoda, les voitures produites dans ce pays n’avaient rien à voir avec des FIAT, au contraire de celles produites en URSS, en Pologne ou encore en Yougoslavie. De nombreuses compétitions, tant sur route que sur circuit (Brno) étaient organisées dans ce pays, grand amateur de sport automobile.

2
L’équipe d’usine lors du Monte Carlo 1977.

Une « Formule Skoda », pendant local de la Formule Ford ou Vee, y permettait même aux amateurs de se faire plaisir à peu de frais au volant d’une monoplace. La marque s’est également illustrée dans de nombreuses compétitions à l’Ouest, face à une concurrence bien relevée. Avec peu de moyens mais beaucoup d’ingéniosité, les ingénieurs de l’usine de Mlada Boleslav développent une arme redoutable au milieu des années 70: la 130 RS.

3
Un des pilotes Skoda les plus connus, John Haugland, a remporté de nombreuses victoires de classe au RAC Rally. Il est ici dans une position typique lors du rallye de Suède 1978.

Dérivée du coupé 110, équipé d’une carrosserie élargie faisant largement appel à l’aluminium (les ouvrants) et au polyester (ailes, spoilers…) elle n’accuse que 720 kg sur la balance. Equipée d’un moteur 1300 cm3 à culasse en fonte et bloc en aluminium, ses 140 ch autorisent un bon 220 km/h en pointe. De quoi damer le pion à pas mal de concurrentes en groupe 2! Et comme il s’agit d’une « tout à l’arrière », dans la même veine que la 911, le rapprochement est vite fait. Produite à une bonne quarantaine d’exemplaires du milieu des années 70 au début des années 80, elle s’adjuge de nombreuses victoires tant en rallye que sur circuit: victoires de classe aux rallyes de Monte Carlo, à l’Acropole ou au RAC Rally; championnat d’Europe des voitures de tourisme 1981, sans parler de multiples autres exploits en course de côte, excusez du peu!

08-skoda-130-rs
La carrosserie est allégée: capots et portes en aluminium tandis que les ailes sont en polyester. Les petites jantes en magnésium sont bien évidemment équipées de pneus locaux, des Barum! La décoration utilise les couleurs Skoda de l’époque, du bleu et du rouge sur fond blanc et cela sied va à ravir.

Aux exemplaires d’usine, se sont ajoutés au fil des ans de nombreuses répliques, souvent encore bien plus puissantes et plus légères. Encore aujourd’hui, ces voitures font le bonheur de nombreux amateurs. N’est-ce pas là le plus bel hommage à rendre à la 130 RS et à ses concepteurs? La Fabia du WRC en est également la digne descendante… (Dimitri Urbain)

5
Autre décoration, autres jantes et spoiler plus massif pour le circuit, la 130 RS est très polyvalente et aussi à l’aise sur la piste qu’en côte ou en spéciale.

BRC: Bilan d’une saison 2018 disputée

Avec cinq vainqueurs différents, la saison 2018 du Championnat de Belgique des Rallyes n’a pas manqué d’intérêts, loin de là. Même si, avec ses quatre victoires, on pourrait croire que Kris Princen a largement dominé la compétition. Dans la bagarre qui l’opposait à l’autre Skoda Fabia R5 de Vincent Verschueren, le champion en titre, le Trudonnaire a profité d’un changement de monture de son adversaire, en septembre, lors du Tour des Flandres, pour asseoir son deuxième titre. Eh oui, à 44 ans, Kris décroche sa deuxième couronne 19 ans après la première!

PrincenK_1806_BYR__JHen__3

Cette année, la compétition belge peut être considérée comme un bon cru. Du côté des épreuves, on note une certaine progression du côté des kilomètres disputés contre le chrono ce qui est toujours appréciable pour les participants. C’est à Ypres que l’on a gagné le plus de kilomètres depuis l’an passé avec 18 km en plus mais l’épreuve chère à Alain Penasse conserve son titre de meilleur rapport prix/km parcourus (277,87 km chronométrés).

Stats parcours BRC 2018

A l’opposé, le Sezoens disputé, rappelons-le, sur certaines portions de terre aux alentours de Bocholt, est redevenu le rallye le plus court après avoir laissé ce titre au Haspengouw en 2017. Malgré ses 145 km contre le chrono, il conserve encore et toujours sa place dans le calendrier. Remarquons encore que le TAC Rally conserve, pour la troisième année d’affilée, ses 162,52 km, démontrant là la constance de l’organisation. Et l’économie de nouvelles notes pour les équipages habitués à ce rallye. Le Wallonie, Ypres et le Condroz demeurent les rallyes les plus longs même si l’épreuve namuroise voit son kilométrage diminuer d’année en année…

Sezoens2018__JdP_034

Tous au départ, combien à l’arrivée ?

Au rayon des engagés, on peut dire que ce cru 2018 n’est pas trop mauvais par rapport aux saisons précédentes. Certes, on est en légère baisse sur le total de l’année mais à partir de l’Omloop, les participants sont en hausse. Comme en 2017, c’est le Haspengouw Rally qui affiche le plus petit nombre d’engagés (47) et cette année, il ne pouvait même pas se consoler en compagnie du Sezoens puisque ce dernier voyait son nombre d’inscrits en progression. On sait qu’il n’est pas facile d’ouvrir la saison mais même du côté du Criterium, les chiffres sont à la baisse du côté de Landen puisqu’on est passé de 30 à 24 inscrits cette année. Grosse diminution également du côté du Spa Rally qui a lourdement payé le fait de tracer ses spéciales chronométrées autour du circuit de Spa-Francorchamps. Si l’organisateur a rapidement changé son fusil d’épaule pour 2019, espérons que l’arrivée d’un Criterium n’anéantira pas ses efforts en termes d’inscrits.

Engagés BRC 2018

Avec 159 équipages engagés, le Rallye du Condroz demeure inexorablement la grosse machine du Championnat noir-jaune-rouge et avec 72% de voitures à l’arrivée, elle est la deuxième épreuve la moins meurtrière de Belgique contrairement à une réputation qui lui tient à la peau! Comme en 2015 et 2016, c’est à Namur que le taux d’arrivée est le plus faible. Beau temps et asphalte abrasif font souvent beau ménage pour pousser les mécaniques dans leur derniers retranchements ou échauffer les esprits de pilotes trop téméraires. Si Ypres était le meilleur élève de la classe des finisseurs en 2016 et 2017, il a cette fois laissé le titre à l’East Belgian Rally qui comptait 73,5% de ses équipages à l’arrivée le dernier week-end ensoleillé du mois de septembre.

IMG_0697

Princen se remotive

On l’a dit plus haut, grâce à ses quatre victoires au Haspengouw, au TAC, à l’Omloop puis à St Vith, Kris Le Prince s’est offert un beau titre à bord de la Skoda Fabia R5 parfaitement préparée chez BMA. Malheureusement, les évènements ayant frappés ses équipiers au Condroz l’ont contraint sportivement, à se retirer alors qu’il pouvait encore s’offrir un podium face aux 18 autres Fabia inscrites. Toujours est-il qu’en 114 ES disputées, le Trudonnaire a été en tête durant 66 chronos. Il a le taux de réussite le plus élevé des cadors du championnat si l’on excepte les participations des pilotes venus du WRC comme Neuville et Lefebvre.

leaders BRC 2018

Face à lui, le champion 2017 a fait illusion jusqu’à la rentrée de septembre. Avec deux victoires au Wallonie et à Bocholt, Vincent Verschueren était bien placé pour défendre sa couronne et il avait même pris un avantage psychologique en terminant deuxième à Ypres juste devant Princen. Auparavant, les deux hommes s’étaient évités soigneusement au Spa Rally, où l’excellent Fernémont privait Kris d’une victoire en l’absence de son adversaire, alors qu’à contrario, Vincent remportait le Wallonie en l’absence du pilote BMA.

OML18__LL_00001

Après Ypres, le pilote GoDrive consolidait sa première place provisoire au championnat mais la décision prise par l’équipe de Gaby Goudezeune d’engager une nouvelle Skoda Fabia R5 à partir de l’Omloop allait fortement contrarier le champion en titre. Habitué à gérer eux-mêmes la mécanique sans que l’on ne sache trop ce qui se trame au sein de leurs ateliers, ils devaient cette fois faire appel à un ingénieur tchèque contraint, par l’usine, de rester dans les clous. Bizarrement, ou pas, moins performante que l’ancienne la Skoda affublée du #46 perdait pied à Roulers mais surtout à St Vith où Princen en profitait pour ceindre la couronne.

Wallonie18__KL_00040

La relève est en route

Derrière ces deux ténors, l’opposition n’a pas démérité. Adrian Fernémont a démontré qu’il faudrait dorénavant compter avec lui, même s’il doit d’abord et avant tout décrocher des sponsors pour monter son programme. Impérial au Spa Rally où il s’est imposé à la surprise générale, il a étonné sur des terrains qui lui étaient à priori moins favorables comme Ypres (6e) et l’Omloop (3e). Deuxième à St Vith puis à Huy, il termine logiquement à cette place au championnat.

Wallonie18__AR_00037

Enfin, le quatuor idéal de ce championnat se complétait du jeune Sébastien Bedoret qui a vite appris. Auteur d’un podium au TAC puis d’une deuxième place au Sezoens, il signait son premier scratch à l’Omloop en pleine bagarre entre Princen et Verschueren.

Wallonie18__DN_00017

Mention également à trois jeunes gâchettes, j’ai nommé Grégoire Munster, joli 8e du scratch à Spa sur sa petite Opel Adam R2, Gilles Pyck et Tobias Brülls tous deux sur Peugeot 208 R2. Ils nous ont épatés par leurs passages très courageux et gageons que l’on en reparlera dans les prochaines années.

NeuvilleT_1806_BYR__JHen__6

N’oublions pas de saluer aussi les deux performances des pointures du WRC venues se mesurer aux stars belges. Thierry Neuville (Hyundai i20 R5) et Stéphane Lefèbvre (Citroën C3 R5) ont véritablement survolé Ypres et le Condroz, ne laissant que quelques miettes aux habitués du championnat. A Ypres, Thierry a pris 15 meilleurs temps à son compte tandis que le Français, moins gourmand, a inscrit sept meilleurs temps sur son ardoise hutoise. Et puis n’oublions pas Xavier Baugnet qui a réalisé un superbe Rallye du Condroz pour ce one shot sur une Citroën C3 R5!

BaugnetX_1811_Cdz__JHen__3

La déception va, une fois encore serait-on tenté de dire, à Cédric Cherain qui a encore brûlé pas mal de cartouches durant la saison. En changeant de montures à plusieurs reprises, il ne s’est pas facilité la vie. Auteur de deux gros cartons à Landen puis à Spa, il a poursuivi sa saison cahin-caha, signant une deuxième place au Wallonie, une étonnante 4e place à Ypres ou encore la 3e place au Condroz. Kevin Demaerschalk est l’autre déception à répétition. Mal en point au niveau budget, il ne bénéficie jamais de la meilleure auto et chez Citroën, cela se paie cash. Auteur de deux erreurs à Ypres et au Condroz, il terminait sa saison à Huy en ramenant laborieusement une septième place…

DeMeviusG_1804_Walo__JHen__1

Enfin n’oublions pas Guillaume de Mévius qui a plié plusieurs Peugeot 208 T16 R5 avant de disposer d’une Citroën C3 R5 avec laquelle il n’a jamais réellement brillé. Et ce n’est pas sa neuvième place finale au Var qui va nous faire changer d’avis. Son frère Ghislain fut l’auteur d’une bien meilleure saison lors de ses rares coups à bord de la Skoda Fabia R5 (voir tableau des Best Performers ci-dessous).

BRC 2018

Qu’attendre de 2019 ?

A l’heure où nous dressons ce bilan, les infos sont encore rares sur la future saison. Certes, les premières VW Polo R5 belges sont arrivées chez THX Racing et chez BMA mais l’on n’en sait encore rien sur leurs pilotes. Démotivé à la suite du départ de son fidèle copilote Peter Kaspers (revenu à ses côtés au Condroz), Kris Princen semble tenir la corde pour piloter l’une des deux Polo R5 BMA en 2019. Face à lui, les autres pilotes devraient rester fidèles à Skoda qui vient de présenter son modèle 2019 qui ne sera pas disponible avant la mi-saison.

Poelmans_Sezoens18__LL_00022

La glisse au menu du Condroz 2018 !

PrincenK_1809_EBR__JHen__2

Après un été indien particulièrement clément, la météo est redevenue typiquement belge depuis quelques jours. De quoi recouvrir les routes du Rallye du Condroz d’une belle couche de boue histoire de rendre cette édition 2018 digne de son appellation. Du côté parcours, la journée du samedi comprend deux boucles de 5 tronçons chronométrées et débutera par Ben-Ahin, dans une configuration identique à 2017. Cap ensuite sur les 20 km de Perwez-Marchin, le premier gros morceau. Les rescapés devront alors affronter Strée-Yernée (12,44 km) avant de rentrer une première fois à Huy. La deuxième demi-boucle comporte deux spéciales: Wanze, inchangé par rapport à 2017 et Bodegnée-Amay, en sens inverse de l’an passé.

OML18__KL_00009
Dimanche, les équipages s’élanceront dès 7h20 pour deux boucles de 5 spéciales encore, soit autant de tronçons chronométrés que le samedi! Place d’abord à la Hesbaye avec les spéciales de Héron (12,56 km) et de Villers-le-Bouillet (11,34 km). Après un passage à Huy, cap sur le Condroz via la traditionnelle étape de Wanzoul (6,36 km), le retour d’Engis (9,59 km) et l’habituel tracé du côté de Ramelot (7,83 km).

Une fois le décor planté, concentrons-nous maintenant sur les acteurs avec une incroyable palette de voitures de pointe. Jugez plutôt: 25 « R5 » sont annoncées dont pas moins de 18 Skoda Fabia R5, c’est du jamais vu en terre hutoise et, parmi eux, dix pilotes au bas mot qui peuvent revendiquer la victoire. Parmi ces pilotes de Skoda, l’incontestable référence de la catégorie, l’anglais Kris Meeke fait figure de favori face aux meilleurs belges à savoir Kris Princen, Vincent Verschueren – copiloté pour l’occasion par le local hero Stéphane Prévot -, Adrian Fernémont ou encore Cédric Cherain.

2018EBR_CQ_9

Mais il ne faut pas négliger le pilote officiel Sébastien Bedoret, en progrès constant, Xavier Bouche et Olivier Collard. Et puis, en embuscade, Steve Matterne, Bertrand Grooten, David Bonjean, Cédric De Cecco ou encore Melissa Debackere viseront les places d’honneur. Face à cette armada tchèque, Stéphane Lefebvre sera bien esseulé au volant de la Citroën C3 R5. Kevin Demaerschalk tentera de tirer son épingle du jeu, tandis que le local Xavier Baugnet découvrira la nouvelle arme de Citroën. La Ford Fiesta R5 devrait rester largement en retrait puisque seuls Busin et Litt ont choisi cette monture.

OML18__LL_00005

Face à cette armada de R5, une seule WRC de haut niveau, la Skoda Fabia WRC qui sera pilotée par le rapide Bastien Rouard tandis qu’Yves Matton officiera en voiture « 0 » à bord d’une DS3 WRC.

L’originalité et le spectacle seront assurés par la Mini Cooper S2000 de Guino Kenis, l’Abarth R4 Rallye de l’infatigable Jean-Pierre Vandewauwer ou encore la seule Porsche 997 GT3 de John Wartique.

OML18__VLan_00012

Belle bagarre en perspective en R2 avec Grégoire Munster (Opel Adam) et Thomas Brüls (Peugeot 208), voire Gilles Pyck (Peugeot) ou Nick Reynvoet (Ford Fiesta). D’autres petites tractions seront en vue comme la DS3 R3 de Manu Canal, la Fiat Punto S1600 de Stephan Hermann, la Renault Clio R3 de Florian Jupsin sans oublier l’Opel Astra Kitcar de Serge Verstaen.

brc6

Côté 4×4, il faudra surveiller les Mitsubishi de Marc Streel, Cédric Verhees,Yann Munhowen ou encore les Subaru de Alain Willems et Arnaud Neven.

Enfin, la catégorie historique sera bien représentée avec une bagarre entre Ford Escort: Mayaert, Bux, Deferm entre autres, les Opel de Prinzie et Cornet et l’originale Toyota GT2000 de Didier Vanwijnsberghe.

EBR18__LL4_00010

Horaire

Samedi 3 novembre 2018

ES 1-6 – Ben-Ahin (5,98 km) 9h03 – 14h51

ES 2-7 – Perwez-Marchin (20,19 km) 9h22 – 15h10

ES3-8 – Strée-Yernée (12,44 km) 10h05 – 15h53

ES4-9 – Wanze (9,99 km) 12h23 – 18h11

ES5-10 – Bodegnée – Amay (9,70 km) 12h51 – 18h39

Dimanche 4 novembre 2018

ES11-16 – Héron (12,56 km) 7h57 – 13h08

ES12-17 – Villers-le-Bouillet (11,34 km) 8h27 – 13h38

ES13-18 – Wanzoul (6,36 km) 10h13 – 15h24

ES14-19 – Engis (9,59 km) 10h48 – 15h59

ES15-20 Ramelot (7,83 km) 11h15 – 16h26

Mille Miglia 2018: un grand cru! (texte et photos: Dimitri Urbain)

1

Depuis 1927, cette course de ville à ville soulève l’enthousiasme des foules et… des participants du monde entier. Pour cette nouvelle édition du Revival, le plateau était encore une fois de haute qualité.

Dès les débuts de l’automobile, les courses de ville à ville, comme Paris- Bordeaux, remportent un grand succès. Certes, les routes n’en ont souvent que le nom, les conditions sont épouvantables et le nombre de victimes, souvent mortelles, fort élevé. Rapidement, le développement de circuits va en faire décroître le nombre. Cependant, en Italie, les Mille Miglia, continuent dans cette tradition, à partir de 1927. Sa création est due à Franco Mazzotti; Aymo Maggi; Renzo Castagneto et Giovanni Canestrini. Cette course relie Brescia à Rome et retour, traversant de magnifiques régions. C’est une vitrine qui ne manque pas d’attirer des constructeurs comme O.M. (établi à Brescia) et Alfa- Romeo. Dans les années 30, le régime fasciste y voit également l’occasion de mettre en avant l’orgueil national. Aux côtés des grands pilotes et des équipes d’usine, une multitude d’amateurs s’y aligne sur des engins de série modifiés, adaptés voire des exemplaires uniques carrossés par les plus grands couturiers automobiles italiens (Zagato, Stabilimenti Farina, Touring…) ou d’autres moins connus. (Motto, Casaro, Colli…) Après la seconde guerre mondiale, c’est le règne des artisans comme Siata, Stanguellini, Cisitalia ou encore Osca.

3

L’aventure des Mille Miglia, ce sont 450 voitures historiques dans leur habitat naturel, une chance unique de les voir en action et plus confinées dans un musée. L’engouement est tel que pas loin de 700 demandes d’inscription sont enregistrées chaque année, en provenance du monde entier, malgré un montant supérieur à 9.000 € par équipage!

2

Les organisateurs n’ont donc que l’embarras du choix. Cette année a vu la création du Registro Mille Miglia qui authentifie les voitures ayant pris part aux éditions historique de la course. Ce sont donc d’abord ces voitures qui sont éligibles puis viennent celles d’un type et modèle identiques à ceux de voitures ayant participé entre 1927 et 1957 puis… celles qui auraient pu y prendre part. Cette façon d’agir permet évidemment d’obtenir un certain renouvellement et de voir des voitures différentes tous les ans.

30

Les Mille Miglia 2018 se sont déroulées du 16 au 19 mai dernier, en quatre étapes: la première de Brescia à Cervia Milano Maritima, sur la côte Adriatique; de cette ville à Rome le lendemain puis de Rome à Parme et enfin de Parme à Brescia. Ce qui, au volant de certains engins, relève de l’exploit… Pour la première fois cette année, la caravane de la course est même passée au centre de Milan, à l’ombre du Duomo, pour le plus grand plaisir des badauds et autres promeneurs et… en hommage à la ville où l’idée de la créer a vu le jour.

29

Au-delà de l’aspect sportif de l’évènement, c’est toute une culture automobile et un art de vivre à l’italienne qui permet aux amateurs de se replonger dans une ambiance tout à fait unique, faite de bruits, d’odeurs, d’images fortes et… de yeux émerveillés. Tout au long du parcours, des milliers de spectateurs, grands et petits, agitent le petit drapeau magique de la freccia rossa pour encourager les équipages. Ici plus qu’ailleurs, c’est l’ivresse qui compte plus que le flacon. Cette année voit la victoire d’un équipage argentin (Tonconogy-Ruffini) sur Alfa- Roméo 6C 1500 GS de 1933. Les quatre places suivantes sont trustées par des Alfa Roméo 6 C 1500 SS; 1750 SS Zagato et des Lancia Lambda aux mains d’équipages Italiens.

4

Les futurs vainqueurs, Toncognoni- Ruffini sur Alfa Roméo 6C 1500 Grand Sport Testa Fissa.

5

Habitué du circuit des concours d’élégance et à la tête d’une impressionnante collection, Corrado Lopresto est ici au volant de son Alfa Romeo 6C 1750 Gran Sport Aprile, un exemplaire unique datant de 1931.

6

Une magnifique Cisitalia 202 SC venue de Hollande.

7

Avant d’être une marque de luxe et de connaître un destin funeste, Lancia s’est également fait remarquer par ses voitures sportives, comme cette Lambda de 1928.

8

Une des nombreuses spéciales des Mille Miglia, cette Ermini Siluro, carrossée par Motto, est propulsée par un moteur FIAT 1100 cm3 et date de 1950. Dans son sillage, une FIAT Topolino tente de la rattraper…

9

Archétype de la berline sportive britannique, cette MG SA de 1938 n’est sans doute pas la plus maniable.

10

En Italie, l’automobile, le sport et… l’église sont indissociables!

11

L’une des voitures les plus récentes acceptées pour la course, cette Lotus Eleven est l’un des nombreux chefs- d’œuvres de Colin Chapman.

12

Une autre Lancia Lambda, celle-ci est carrossée par Cassaro et date de 1929.

13

Embouteillage à Brescia! Ces Jaguar, C-Type et XK 120 semblent avoir beaucoup de mal à contenir les Mercedes 300 SL prêtes à bondir.

14

Surpris lors du contrôle technique, Walter Röhrl et Christian Geistdörfer étaient alignés par Porsche sur une 356 A 1500 GS Carrera de 1956. Jacky Ickx était également de la partie, sur un Spyder 550 A 1500 RS de 1957.

15

De faux airs de Ferrari pour cette Gilco FIAT 1100 Sport. Les châssis Gilco ont été plébiscités par de nombreux pilotes des Mille Miglia tout au long des années 50.

16

Une Ford A de 1931 n’est certainement pas ce qui vient d’abord à l’esprit pour participer aux Mille Miglia… c’est pourtant très original de s’y engager avec un engin de ce type qui aurait pu y participer à l’époque.

17

Une Porsche 356 1500 Super de 1952, un engin idéal pour ce type de compétition.

18

Malgré son gabarit imposant, cette Alfa Romeo 6C 2500 SS coupé à carrosserie Touring se joue des difficultés du parcours.

19

Equivalente de nos supercars actuels, cette Alfa Roméo 8C 2300 Monza permettait aux amateurs fortunés de s’aligner en compétition au début des années 30. C’est toujours le cas aujourd’hui.

20

Non, ce n’est pas une voiture de manège ! Cette FIAT SIATA 750 Sport Fenocchio date de 1948. Mieux vaut entretenir d’excellents rapports avec son passager…

21

Mercedes est l’un des principaux sponsors des Mille Miglia. La marque est donc très présente dans la course, comme en témoigne cette 710 SSK de 1928.

22

Autre spéciale aux lignes superbes, cette Ermini 1100 Berlinetta est signée Motto et date de 1950.

23

Une O.M. 665 S MM Superba 2000 de 1927, c’était un peu la Ferrari de l’époque. Après avoir produit des utilitaires durant de nombreuses années, la marque existe toujours mais ne produit plus que… des chariots élévateurs.

24

Toute l’ambiance des Mille Miglia et… une Bugatti 40 de 1929.

25

Au hasard d’un arrêt, une Alfa Romeo 6C 1750 Grand Sport en compagnie d’autres modèles de la marque. Il n’y a guère qu’aux Mille Miglia qu’il est possible de voir rouler ces engins sur route ouverte.

26

Alpine et les Mille Miles c’est une longue histoire. Jean Rédélé s’est aligné à Brescia sur 4 CV avant de devenir constructeur. En hommage à la course, il a baptisé cette A 106 Mille Miles… Elle date de 1957.

27

Une autre Alfa Romeo mythique, une 6C 1750 Gran Sport Brianza de 1932. A ses côtés une Stanguellini 1100 Hard Top Ala D’Oro de 1947, deux époques, deux styles propres aux Mille Miglia.

28

Une autre spéciale, à châssis Gilco, il s’agit ici d’une Giannini 750 Sport de 1950. La marque s’est ensuite illustrée dans la préparation des FIAT 500 et l’atelier existe toujours à Rome. Il réalise des transformations et adaptations pour les véhicules des forces de l’ordre sur bases du groupe FIAT.