Les 24 Heures de Spa à travers les yeux de Victoria

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Ce samedi 27 juillet, à 16h30, démarre la plus grande course de GT au monde. Avec plus de 70 inscrits, les 24h de Spa-Francorchamps promettent un spectacle à nul autre pareil. Arrivés deux heures avant le départ, nous sommes surpris par la pluie qui n’oublie pas de se montrer. Pour combler cette attente, nous faisons un petit passage par les stands et la pit-lane. Nous découvrons les jolies calandres illuminées des Bentley et nous avons même l’occasion d’entendre de l’italien au stand AF Corse.

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Lors de mon premier passage aux 24 heures, nous avions fait un petit bout du tour du circuit à pied. Cette année, curieuse et passionnée, je demande à en faire le tour complet. La pluie finit par se calmer mais la course commence tout de même sous safety-car pendant quatre tours. Nous démarrons notre balade, dans le sens inverse des voitures. Je découvre alors le circuit, sidérée par la hauteur des grillages. J’ai la chance d’avoir les commentaires d’un habitué des lieux qui m’explique les changements au fil du temps.

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Notre promenade est rythmée par des anecdotes et des rencontres. Nous nous reposons sur les différentes tribunes et observons l’effervescence des stands. De retour dans les paddocks, nous admirons toutes les voitures exposées, principalement des supercars. Nous finissons notre tour dans une brasserie avec une très jolie vue avant de retourner à bord d’une MINI John Cooper Works dont l’essai paraîtra prochainement, restez connectés!

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Après un moteur cassé, de nombreuses embrassades de rails, plusieurs tête-à-queue, quelques abandons somme toute assez classiques dans de pareils défis et une course interrompue pendant plus de six heures en raison de fortes pluies, la Porsche 911 GT3 n°20 de Kevin Estre, Michael Christensen et Richard Lietz s’est imposée devant une autre Porsche, la n°998, menée par Fred Makowiecki, Patrick Pilet et Nick Tandy. Porsche réalise un doublé, la dernière victoire de Porsche remontant à 2010, les porschistes ont dû se régaler ! Pour finir ce podium en beauté, la Mercedes n°4 de l’équipage Maro Engel, Yelmer Buurmen et Luca Stolz termine troisième.

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Dans les autres classes, la Lamborghini des britanniques, Pull, Witt et Michell se hisse à la première place en Silver cup. L’Aston Martin de Yoluc, Al Harthy, Eastwood et Thiim s’impose en Pro-Am alors que la Ferrari pilotée par de jeunes pousses l’emporte en Am Cup avec, à son volant, les Allemands Hook, Mattschull, Lauck et Still.

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Autres faits notables, le premier pilote belge, Frederic Vervisch, passe la ligne au quatrième rang, à bord d’une Audi R8 tandis que la Honda de Bertrand Baguette, Renger van der Zande et Mario Farnbacher termine sixième, laissant une très bonne surprise. Juliet, la Porsche n°50 déguisée en Choupette, constituée d’une équipe 100 % belge, a rendu un bel hommage aux 50 ans du film « Un amour de Coccinelle ». (Texte: Victoria Lays)

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BRC: Spa Rally: Qui pour contrer Princen?

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Vainqueur au ralye de Hesbaye, Kris Princen tentera de poursuivre son beau début de saison en ajoutant le Spa Rally à son palmarès.

Dès ce jeudi après-midi, le paddock du circuit de Spa-Francorchamps va s’animer puisque les concurrents du Spa Rally 2019 vont y installer leurs structures. Le Shakedown est programmé le vendredi après-midi du côté de Ster avant d’entamer un week-end riche de deux fois douze spéciales.

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Guillaume de Mévius sera, une nouvelle fois, très surveillé…

Alors que la météo annoncée devrait nous offrir un rallye bien gras et délicat, Kris Princen tentera de faire honneur à son étiquette de favori. Vainqueur du Rallye de Hesbaye, le pilote de la nouvelle Volkswagen Polo R5 BMA sera présent pour réussir la passe de deux, mais on sait que le rendez-vous spadois ne lui a pas toujours souri par le passé. D’autant qu’il pourra sentir le souffle de ses adversaires directs et déclarés, à commencer par Adrian Fernémont (Skoda Fabia R5), le vainqueur en titre, et Guillaume de Mévius (Citroën C3 R5), qui tentera de trouver enfin la vitesse sans passer par la case débosselage.

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Vainqueur en 2018, Adrian Fernémont aimerait logiquement renouveler l’expérience…

La dernière inconnue concernait la monture privilégiée par Cédric Cherain, médaillé d’argent à Landen, et bien décidé à engranger de nouveaux gros points à Spa. Le pilote liégeois s’est rabattu sur une Skoda Fabia R5 en provenance des ateliers de SXM Competition de Jourdan Serderidis. Objectifs clairement avoués de Cherain: mettre la pression sur Princen et viser – au moins – un nouveau podium.

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Ghislain de Mévius fera virevolter sa Skoda Fabia R5 sur les jolies routes ardennaises.

Dans le sillage des favoris logiques, le peloton de chasse sera sans doute emmené par Ghislain de Mévius (Skoda Fabia R5), Cédric De Cecco (Skoda Fabia R5) et Patrick Snijers (Volkswagen Polo R5), la liste des bolides de la catégorie R5 étant complétée par les Ford Fiesta de Pieter-Jan Michiel et Philip Cracco, la Peugeot 208 T16 de Joachim Wagemans et la DS3 d’Armand Fumal.

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Après son retrait sur sortie, très tôt à Landen, Patrick Snijers aura à coeur de signer un résultat dans la cité thermale.

Le public mélomane pourra profiter de l’affrontement royal qui s’annonce entre les dompteurs de Porsche 911 GT3 que sont John Wartique, Francis Lejeune, le revenant Pascal Gaban, Romain Delhez et Fred Bouvy. Pas de doute, la bande son sera elle aussi de qualité. Dans les rangs des outsiders, on retrouve Stephan Hermann (Fiat Punto S1600), Steve Vanbellingen (Mitsubishi Lancer Evo10), Pierre Hubin (Mitsubishi Lancer Evo9), Jean-Pierre Destrument (Mitsubishi Lancer Evo9) et consorts.

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Grégoire Munster s’est imposé en Hesbaye. A Spa, la concurrence sera renforcée.

Initialement engagé avec une Skoda Fabia R5 qu’il n’a finalement pas trouvée, Amaury Molle se rabat sur une Peugeot 208 R2 qui vient encore renforcer l’affiche de la catégorie Junior BRC, où il sera opposé au champion en titre Grégoire Munster (Opel Adam R2), au véloce Hollandais Timo van der Marel (Opel Adam R2), à Tobias Brüls (Peugeot 208 R2) et à Thibaud Mazuin (Peugeot 208 R2). Chaud patate!

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Gino, le Tonton flingueur de chronos, espère retrouver de la fiabilité du côté de sa belle Escort.

En Historique, c’est à un conflit de générations qu’on risque fort d’assister, avec les Youngtimers de Guino Kenis (BMW M3 E30) et Dirk Deveux (Ford Sierra Cosworth) face aux Oldtimers de Gino Bux (Ford Escort MK1), Johnny Delhez (Ford Escort MK2), Stefaan Prinzie (Opel Ascona 400), Patrick Deblauwe (Ford Escort MK2), Arthur Kerkhove (Ford Escort MK2), Jean-Michel Gerome (Ford Escort MK2), avec en guise de cerise sur le gâteau l’inattendue… Lotus Elan du local Grégoire Destexhe, qui brille généralement dans les montées historiques.

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Toujours généreux dans l’effort, Guino Kenis devrait nous enchanter à bord de sa jolie BMW M3.

Avec quelque 170 équipages au départ, les spectateurs du Spa Rally 2019 s’apprêtent à passer du bon temps entre les spéciales et QG de l’épreuve au cœur de Spa. Voilà qui promet!

Horaire

Samedi 16 mars

ES1/6/11 Winanplanche     8h31 – 13h26 – 18h21

ES2/7/12 Theux                    8h50 – 13h45 – 18h40

ES3/8      Francorchamps   10h46 – 15h41

ES4/9      Wanne                   11h04 – 15h59

ES5/10    La Gleize               11h40 – 16h35

Dimanche 17 mars

ES13/17/21 Francorchamps 8h35 – 12h00 – 15h25

ES14/18/22 Herve                   9h13 – 12h38 – 16h03

ES15/19/23 Fays show           9h47 – 13h12 – 16h37

ES16/20/24 Spa                      10h11 – 13h36 – 17h01

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BRC: Bilan d’une saison 2018 disputée

Avec cinq vainqueurs différents, la saison 2018 du Championnat de Belgique des Rallyes n’a pas manqué d’intérêts, loin de là. Même si, avec ses quatre victoires, on pourrait croire que Kris Princen a largement dominé la compétition. Dans la bagarre qui l’opposait à l’autre Skoda Fabia R5 de Vincent Verschueren, le champion en titre, le Trudonnaire a profité d’un changement de monture de son adversaire, en septembre, lors du Tour des Flandres, pour asseoir son deuxième titre. Eh oui, à 44 ans, Kris décroche sa deuxième couronne 19 ans après la première!

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Cette année, la compétition belge peut être considérée comme un bon cru. Du côté des épreuves, on note une certaine progression du côté des kilomètres disputés contre le chrono ce qui est toujours appréciable pour les participants. C’est à Ypres que l’on a gagné le plus de kilomètres depuis l’an passé avec 18 km en plus mais l’épreuve chère à Alain Penasse conserve son titre de meilleur rapport prix/km parcourus (277,87 km chronométrés).

Stats parcours BRC 2018

A l’opposé, le Sezoens disputé, rappelons-le, sur certaines portions de terre aux alentours de Bocholt, est redevenu le rallye le plus court après avoir laissé ce titre au Haspengouw en 2017. Malgré ses 145 km contre le chrono, il conserve encore et toujours sa place dans le calendrier. Remarquons encore que le TAC Rally conserve, pour la troisième année d’affilée, ses 162,52 km, démontrant là la constance de l’organisation. Et l’économie de nouvelles notes pour les équipages habitués à ce rallye. Le Wallonie, Ypres et le Condroz demeurent les rallyes les plus longs même si l’épreuve namuroise voit son kilométrage diminuer d’année en année…

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Tous au départ, combien à l’arrivée ?

Au rayon des engagés, on peut dire que ce cru 2018 n’est pas trop mauvais par rapport aux saisons précédentes. Certes, on est en légère baisse sur le total de l’année mais à partir de l’Omloop, les participants sont en hausse. Comme en 2017, c’est le Haspengouw Rally qui affiche le plus petit nombre d’engagés (47) et cette année, il ne pouvait même pas se consoler en compagnie du Sezoens puisque ce dernier voyait son nombre d’inscrits en progression. On sait qu’il n’est pas facile d’ouvrir la saison mais même du côté du Criterium, les chiffres sont à la baisse du côté de Landen puisqu’on est passé de 30 à 24 inscrits cette année. Grosse diminution également du côté du Spa Rally qui a lourdement payé le fait de tracer ses spéciales chronométrées autour du circuit de Spa-Francorchamps. Si l’organisateur a rapidement changé son fusil d’épaule pour 2019, espérons que l’arrivée d’un Criterium n’anéantira pas ses efforts en termes d’inscrits.

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Avec 159 équipages engagés, le Rallye du Condroz demeure inexorablement la grosse machine du Championnat noir-jaune-rouge et avec 72% de voitures à l’arrivée, elle est la deuxième épreuve la moins meurtrière de Belgique contrairement à une réputation qui lui tient à la peau! Comme en 2015 et 2016, c’est à Namur que le taux d’arrivée est le plus faible. Beau temps et asphalte abrasif font souvent beau ménage pour pousser les mécaniques dans leur derniers retranchements ou échauffer les esprits de pilotes trop téméraires. Si Ypres était le meilleur élève de la classe des finisseurs en 2016 et 2017, il a cette fois laissé le titre à l’East Belgian Rally qui comptait 73,5% de ses équipages à l’arrivée le dernier week-end ensoleillé du mois de septembre.

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Princen se remotive

On l’a dit plus haut, grâce à ses quatre victoires au Haspengouw, au TAC, à l’Omloop puis à St Vith, Kris Le Prince s’est offert un beau titre à bord de la Skoda Fabia R5 parfaitement préparée chez BMA. Malheureusement, les évènements ayant frappés ses équipiers au Condroz l’ont contraint sportivement, à se retirer alors qu’il pouvait encore s’offrir un podium face aux 18 autres Fabia inscrites. Toujours est-il qu’en 114 ES disputées, le Trudonnaire a été en tête durant 66 chronos. Il a le taux de réussite le plus élevé des cadors du championnat si l’on excepte les participations des pilotes venus du WRC comme Neuville et Lefebvre.

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Face à lui, le champion 2017 a fait illusion jusqu’à la rentrée de septembre. Avec deux victoires au Wallonie et à Bocholt, Vincent Verschueren était bien placé pour défendre sa couronne et il avait même pris un avantage psychologique en terminant deuxième à Ypres juste devant Princen. Auparavant, les deux hommes s’étaient évités soigneusement au Spa Rally, où l’excellent Fernémont privait Kris d’une victoire en l’absence de son adversaire, alors qu’à contrario, Vincent remportait le Wallonie en l’absence du pilote BMA.

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Après Ypres, le pilote GoDrive consolidait sa première place provisoire au championnat mais la décision prise par l’équipe de Gaby Goudezeune d’engager une nouvelle Skoda Fabia R5 à partir de l’Omloop allait fortement contrarier le champion en titre. Habitué à gérer eux-mêmes la mécanique sans que l’on ne sache trop ce qui se trame au sein de leurs ateliers, ils devaient cette fois faire appel à un ingénieur tchèque contraint, par l’usine, de rester dans les clous. Bizarrement, ou pas, moins performante que l’ancienne la Skoda affublée du #46 perdait pied à Roulers mais surtout à St Vith où Princen en profitait pour ceindre la couronne.

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La relève est en route

Derrière ces deux ténors, l’opposition n’a pas démérité. Adrian Fernémont a démontré qu’il faudrait dorénavant compter avec lui, même s’il doit d’abord et avant tout décrocher des sponsors pour monter son programme. Impérial au Spa Rally où il s’est imposé à la surprise générale, il a étonné sur des terrains qui lui étaient à priori moins favorables comme Ypres (6e) et l’Omloop (3e). Deuxième à St Vith puis à Huy, il termine logiquement à cette place au championnat.

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Enfin, le quatuor idéal de ce championnat se complétait du jeune Sébastien Bedoret qui a vite appris. Auteur d’un podium au TAC puis d’une deuxième place au Sezoens, il signait son premier scratch à l’Omloop en pleine bagarre entre Princen et Verschueren.

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Mention également à trois jeunes gâchettes, j’ai nommé Grégoire Munster, joli 8e du scratch à Spa sur sa petite Opel Adam R2, Gilles Pyck et Tobias Brülls tous deux sur Peugeot 208 R2. Ils nous ont épatés par leurs passages très courageux et gageons que l’on en reparlera dans les prochaines années.

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N’oublions pas de saluer aussi les deux performances des pointures du WRC venues se mesurer aux stars belges. Thierry Neuville (Hyundai i20 R5) et Stéphane Lefèbvre (Citroën C3 R5) ont véritablement survolé Ypres et le Condroz, ne laissant que quelques miettes aux habitués du championnat. A Ypres, Thierry a pris 15 meilleurs temps à son compte tandis que le Français, moins gourmand, a inscrit sept meilleurs temps sur son ardoise hutoise. Et puis n’oublions pas Xavier Baugnet qui a réalisé un superbe Rallye du Condroz pour ce one shot sur une Citroën C3 R5!

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La déception va, une fois encore serait-on tenté de dire, à Cédric Cherain qui a encore brûlé pas mal de cartouches durant la saison. En changeant de montures à plusieurs reprises, il ne s’est pas facilité la vie. Auteur de deux gros cartons à Landen puis à Spa, il a poursuivi sa saison cahin-caha, signant une deuxième place au Wallonie, une étonnante 4e place à Ypres ou encore la 3e place au Condroz. Kevin Demaerschalk est l’autre déception à répétition. Mal en point au niveau budget, il ne bénéficie jamais de la meilleure auto et chez Citroën, cela se paie cash. Auteur de deux erreurs à Ypres et au Condroz, il terminait sa saison à Huy en ramenant laborieusement une septième place…

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Enfin n’oublions pas Guillaume de Mévius qui a plié plusieurs Peugeot 208 T16 R5 avant de disposer d’une Citroën C3 R5 avec laquelle il n’a jamais réellement brillé. Et ce n’est pas sa neuvième place finale au Var qui va nous faire changer d’avis. Son frère Ghislain fut l’auteur d’une bien meilleure saison lors de ses rares coups à bord de la Skoda Fabia R5 (voir tableau des Best Performers ci-dessous).

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Qu’attendre de 2019 ?

A l’heure où nous dressons ce bilan, les infos sont encore rares sur la future saison. Certes, les premières VW Polo R5 belges sont arrivées chez THX Racing et chez BMA mais l’on n’en sait encore rien sur leurs pilotes. Démotivé à la suite du départ de son fidèle copilote Peter Kaspers (revenu à ses côtés au Condroz), Kris Princen semble tenir la corde pour piloter l’une des deux Polo R5 BMA en 2019. Face à lui, les autres pilotes devraient rester fidèles à Skoda qui vient de présenter son modèle 2019 qui ne sera pas disponible avant la mi-saison.

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Vécu: à la découverte des 24 Heures 2CV en… C1

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Alors que certains se pavanent au Zoute GP, d’autres préfèrent se mesurer au plus beau circuit du monde dans des conditions météo souvent difficiles lors d’un rendez-vous incontournable: les 24 Heures 2CV. L’occasion pour le Team Kart48 de poursuivre sa saison afin de récolter 15.000 euros pour Cap48. Et de nous inviter à partager le volant de la jolie Citroën C1 #234 durant deux relais. Récit d’une découverte inattendue.

(Photos: Fred Guisset)

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Lorsque Maxime Berger (journaliste sportif à la RTBF) nous contacte au mois de septembre pour nous proposer de rouler deux heures sur la petite Citroën C1 qu’ils vont engager avec Lionel Vandercam (LVRacing) aux 24 Heures 2CV, nous n’hésitons pas une seconde! Sevré de course auto depuis notre participation aux double tour limbourgeois en Mazda MX-5, l’occasion est trop belle.

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Véritable produit d’appel pour tous ceux qui ont envie de goûter à la compétition sans se ruiner, la Citroën C1 a rejoint le peloton des 2CV depuis l’an dernier. Pour participer, il vous faut trouver une bonne occasion avant de monter le kit compétition fourni par l’organisateur; le moteur de 998cm³ se voit libéré par une ligne d’échappement en inox, une admission d’air spécifique et une reprogrammation du boîtier électronique qui est ensuite plombé. Pour donner une petite saveur de course au comportement, des suspensions réglables sont montées tandis que des disques de frein ventilés et perforés, des plaquettes et patins de course, une barre anti-rapprochement et des pneus semi-course sont également adoptés. En plus des équipements de sécurité aux normes FIA, l’intérieur se voit totalement vidé pour abaisser le poids au maximum. Siège baquet, volant de course et harnais 6 points viennent compléter l’attirail.

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Le travail réalisé par LVRacing sur la C1 #234 est propre. Pour permettre à Lionel et au jeune Christophe D’Elia, la voiture a été adaptée puisqu’un cerceau derrière le volant leur permet d’accélérer, une grosse poignée juste à côté actionne le freinage et c’est via le levier de la boîte manuelle robotisée qu’eux comme nous, changeons les rapports. Un interrupteur au tableau de bord permet de leurs commandes aux nôtres. Comme souvent pour Cap48, les jumeaux Jonathan et Kevin Borlée ont accepté de se joindre à eux. De quoi démontrer, dans la bonne humeur et sans stress, que des personnes à mobilité réduite peuvent parfaitement se faire plaisir au volant et ce, à moindre frais.

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Une fois le décor planté, venons-en à notre découverte de la petite C1. Annoncée pour 80 chevaux et 800 kilos, elle peut prêter à sourire pour ceux qui ne jurent que par grosses cylindrées et fortes puissances. Pourtant, au moment de m’élancer à la découverte de ce joli pot de yahourt comme l’a affectueusement renommé Lionel, je n’en mène pas large. Il est presque minuit sur le plus beau circuit du monde, je n’ai pas fait un mètre au volant lors des essais, mon planning étant particulièrement chargé ces derniers temps, et je n’ai jamais roulé de nuit à Francorchamps. Je succède aux deux athlètes et lorsque Jonathan succède à Kevin, je vais prendre des infos auprès de ce dernier pour savoir un peu ce qui m’attend. Les Anglais sont toujours aussi déjantés sur la piste et je sais déjà que je ferai tout pour ramener une auto intacte à l’issue de mon relais. Prévu au départ pour 45 minutes, il va finalement durer une heure et quart, l’un des pilotes préférant passer son tour. Tant mieux, je suis là pour rouler.

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Je m’élance finalement au cœur de la nuit et je suis pris d’assaut immédiatement par des hordes de furieux qui me débordent dans tous les sens. Impossible d’avoir un tour clair pour prendre mes marques et comprendre les subtilités de la voiture. Je ne résiste guère même si, très vite, je comprends qu’on passe le Raidillon et Blanchimont à fond! Bon, on est alors en 3e, à 6.500 trs/min mais je vous assure qu’on s’y croit. Il est impossible de distinguer les 2CV proto des C1 qui ont également d’impressionnantes rampes de phares. La voiture est saine, elle se comporte bien et comme me l’a expliqué Lionel, je freine comme avec une voiture de série. Progressivement. Beaucoup de C1 me doublant sont chiffonnées. Elles se jettent dans les virages comme en rallye. La mienne est saine et prévenante. J’évite au maximum les vibreurs et j’avoue que le circuit est bien éclairé par les phares de tout le peloton. La nuit à Zolder m’avait paru plus compliquée en matière de points de freinage et de cordes.

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Pris par la bagarre en peloton, en évitant les 2CV classiques, toujours bien sur les côtés mais particulièrement lentes, en veillant à ne pas gêner la course des protos qui jouent la victoire, j’en finis avec mon premier relais avec le sentiment frustrant d’avoir roulé comme ma grand-mère. Des éclairs illuminent le ciel au-dessus de Stavelot mais c’est mon successeur qui aura droit au gros orage. Ouf…

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Le nuit est courte mais je me repose suffisamment avant d’entamer mon second relais, à 7h45. Cette fois, je succède à Maxime qui me confirme que les trajectoires sont sèches. On change les plaquettes avant de me renvoyer en piste. La lumière du jour naissant me rassure d’autant qu’elle s’installe rapidement. Je profite d’un tour et demi bien clair pour rôder les plaquettes à mon aise avant qu’une voiture de sécurité ne monte en piste. Son intervention s’éternise et je regarde ma montre en me disant que c’est du temps de course perdu. Après 20 minutes, on repart et je prends bien soin de laisser passer les furieux à la Source, en m’écartant très fort. Malgré cela, une 2CV classique sous-vire et vient me toucher. Le bruit est impressionnant mais les dégâts insignifiants.

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En revanche, cela modifie mon état d’esprit et à partir de ce moment-là, je bascule en mode Race. Je me bats avec deux C1 comme un Lion. Elles me passent mais ayant compris le jeu de l’aspiration, elles ne me lâcheront plus. Mieux, un peu approximatifs dans leurs trajectoires et leurs freinages, je finis par les repasser. Mon relais s’éternise à nouveau et comme je n’ai pas la radio dans mon casque je n’en connais pas la raison. J’imagine un moment qu’ils sont tous allés dormir. Mais comme je m’amuse avec les Britons, je profite à fond du moment. Jusqu’à mon demi tête-à-queue au Pif-Paf juste avant une nouvelle intervention de la voiture de sécurité. Pas de chance.

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Enfin, après un joli relais de près d’1h30, on me demande de rentrer. Je quitte mon baquet avec un sourire rayonnant. J’ai mieux compris l’auto, j’ai signé des chronos corrects (MT en 3.42.4), je me suis battu contre les furieux. Je n’oublierai jamais cette C1 collée à mes fesses, me faisant des appels de phare à l’entrée du double gauche que j’aborde vite avant de ne plus la voir dans mes rétros, son pilote ayant été visiter les dégagements. Réglée pour que tout le monde se sente bien à bord, la Citroën de LVRacing a rejoint vaillamment l’arrivée au  64e rang du général.

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Bravo à toute l’équipe, les pilotes bien sûr, mais aussi les mécanos et le staff (et surtout à Yves, le papa de Lio, qui n’a vraiment pas beaucoup dormi). Ce fut quelques heures de pure bonheur auprès de personnes attachantes pour partager une passion commune. N’est-ce pas là une belle définition de l’opération Cap48?

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